MAMADOU GOUDIABY (SYNDICALISTE) – ’Il faut qu’on respecte la mission exclusive de transport public de DDD’’

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Arrêter l’utilisation politicienne des bus de Dakar dem dikk pour se concentrer sur le transport public. Voilà ce qu’exige Mamadou Goudiaby, leader syndical de la société. Il s’exprimait hier en marge d’une conférence de presse dédiée à sa nouvelle centrale.

Le directeur général de la société national de transport public Dakar dem dik (DDD) a créé la polémique en mobilisant les bus de la compagnie pour un meeting politique. Me Moussa Diop a pris 100 bus pour un montant de 4 millions. Ce qui n’est pas une première. Le syndicaliste de la maison Mamadou Goudiaby s’inquiète de cette pratique qui a tendance à se généraliser. ‘’Le problème, c’est qu’il faut qu’on respecte la mission exclusive de transport public de DDD. La politisation à outrance va causer des manquements à DDD’’, prévient-il. Il a été interpellé suite à une conférence de presse visant à rendre publique la nouvelle centrale mise sur pied, l’Organisation générale des travailleurs du Sénégal (OGTS).

Si l’on en croit Goudiaby, les responsables syndicaux ont interpellé le DG qui a présenté une convention ‘’entre lui-même et lui-même’’ tout en assurant que sa porte reste ouverte. De ce fait, lui et ses camarades ne comptent pas s’en arrêter là. ‘’Nous allons demander les pièces à conviction comme quoi il a payé. Quel que soit l’individu qui utilise notre bien, il faut qu’il paye correctement le service qui a été commandité’’, dit-il.

S’agissant des montants, le DG dit avoir payé 4 millions pour 100 bus. Ce qui veut dire qu’il a décaissé 40 000 F Cfa pour chaque véhicule. Interpellé sur cette somme, Goudiaby explique : ‘’Il y a une fourchette commerciale de location de bus. S’il s’agit de l’exploitation, les recettes journalières se situent entre 75 000 et 80 000 F Cfa par bus. Son argumentaire consiste à dire qu’il a pris pour un ou deux départs. Donc il ne paie pas au même titre qu’un bus qui a fait huit (8) voyages’’.

Mais au-delà même du paiement, ce qui préoccupe M. Goudiaby, ce sont surtout les conséquences sur la société. Selon lui, c’est le personnel qui devait être au service de la population qui a été confisqué pour le meeting. Ce qui fait qu’à la place des 15 mn d’attente d’un bus, les usagers poireautaient pendant 45 mn. ‘’C’est un manque à gagner par rapport à la confiance et à la fidélisation de la clientèle’’, se désole-t-il. D’après lui, lorsqu’on a abusé dans l’utilisation politicienne des bus de la Sotrac, celle-ci est allée en faillite. Ainsi, il demande à l’Etat de prendre ses responsabilités, tout en promettant que le syndicat prendra les siennes.

Les raisons du silence

En outre, le syndicaliste s’est exprimé sur son long silence. Selon lui, cela est dû au fait que le président l’avait reçu et avait pris des engagements. Même si le délai a été dépassé, il reconnaît toutefois qu’il a respecté sa parole. Des centaines de bus ont été acquis et 15 conteneurs de pièces détachées arrivent. Sur le plan financier, l’Etat devait 25 milliards à la société qui a son tour devait 18 milliards à ses fournisseurs. Une convention de croisement des dettes a été signée et l’Etat s’engage à verser 6 milliards à la société. Autant d’actes posés qui ont convaincu Goudiaby à garder le silence. Même si les appétits au sujet des 6 milliards commencent déjà à opposer le syndicat à la direction. Cette dernière veut tout investir dans la boite. Alors que les travailleurs exigent que leurs arriérés leur soient payés.

BABACAR WILLANE

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