Quel est l’impact des aliments ultra-transformés sur notre santé ?

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Des employés supervisent des nuggets dans une entreprise française. @ ALAIN JOCARD / AFP

Dans un ouvrage, Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et holistique met en garde contre les effets sur la santé des aliments ultra-transformés.

D’après une étude réalisée par l’Insee en 2012, chaque Français consacre près de deux heures et demie par jour à manger. Biscuits, boissons gazeuses, yaourts sucrés, plats congelés prêts à être consommés… Parmi les aliments absorbés, beaucoup peuvent être qualifiés “d’ultra-transformés”. Peu coûteuses et faciles à préparer, ces denrées peuplant les grandes surfaces sont souvent agréables au goût, d’où leur popularité. 

Dans Halte aux aliments ultra-transformés ! Mangeons vrai, ouvrage sortant aujourd’hui en librairie, le docteur Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive et holistique, explique comment l’alimentation industrielle induit des maladies chroniques à l’instar du diabète sur le long terme. Il détaille pour Europe1.fr les conséquences d’une alimentation ultra-transformée sur la santé. 

Des aliments dont la matrice est déstructurée. Selon Anthony Fardet, les aliments ultra-transformés (AUT) sont des “aliments dont la matrice a été déstructurée”. D’après lui, “bien que ces denrées soient riches en calories, elles sont souvent peu rassasiantes et pauvres en micro-nutriments protecteurs telles que les fibres ou les vitamines”. 

Pour le spécialiste, il est impératif d’attirer l’attention sur les AUT. “Il faut réaliser que l’explosion des maladies chroniques dans les pays occidentaux a été concomitante avec l’arrivée massive des AUT dans les grandes surfaces depuis les années 1980” explique-t-il. Le scientifique souligne également que les AUT représentent “jusqu’à 80 % des produits vendus en grandes surfaces”. 

Dans son ouvrage, le chercheur explique ainsi que les AUT sont des cocktails négatifs pouvant créer un terrain favorable aux maladies chroniques lorsqu’ils sont consommés en grande quantité. En effet, ils peuvent notamment provoquer un diabète de type 2 en perturbant les taux de glycémie dans le sang. 

Des denrées à l’apparence séduisante. Comment reconnaître les AUT ? “Ce sont justement des denrées dont on n’arrive plus à identifier l’origine naturelle” réplique Anthony Fardet. “Dans la nature, vous ne trouverez pas de cultivateurs de barres chocolatées, par exemple !” rappelle-t-il. 

Il existe plusieurs degrés de transformation lorsque l’on analyse les aliments les plus consommés. Comme l’explique le docteur, “il faut différencier les produits peu transformés, les produits normalement transformés et les produits ultra-transformés. Le poisson grillé, par exemple, est un produit peu transformé. Les sardines en boîte, pour leur part, sont un produit normalement transformé. Enfin, les nuggets de poisson, se présentant avec de la panure, sont des produits ultra-transformés. “

Les AUT sont aussi identifiables à leur aspect visuel et à leur emballage, souvent coloré. En effet, selon le chercheur, le but est notamment de séduire les enfants avec une apparence alléchante. Pour lui, “les industries cherchent à redonner aux AUT un goût et une couleur perdus lors du processus de déstructuration. Cela explique en partie qu’ils soient bourrés d’additifs. “

La nécessité de sortir de la logique nutritive habituelle. Selon Anthony Fardet, il est donc nécessaire de communiquer davantage sur le danger représenté par les AUT. Pour ce dernier, “il faut arrêter de blâmer les nutriments tels que le sucre et le sel de manière isolée”. Il détaille : “nous sommes actuellement dans une logique séparatrice, dont il faut sortir. Je suis persuadée qu’il faut considérer l’aliment de manière holistique, c’est-à-dire comme un tout.” 

De manière plus concrète, Anthony Fardet conseille de ne pas consommer plus de deux portions d’AUT par jour. “Je ne suis pas farouchement opposé aux AUT. Simplement, je pense qu’il faut prendre conscience qu’il ne faut surtout pas en abuser au risque d’être victime de divers maux chroniques” conclut-il.

Auteur: Par Anouk Helft – Europe1.fr

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