De Sciences Po à l’Olympia, Anne Roumanoff fête 30 ans de succès

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Trente ans après, Anne Roumanoff n’a aucun regret : la diplômée de Sciences Po préfère toujours briguer les fans plutôt que les suffrages. Commenter la politique plutôt que l’exercer, comble de celle qui a été élue plusieurs fois humoriste préférée des Français.

“Très tôt, j’ai été consciente de la précarité dans le spectacle. Etre diplômée de Sciences Po m’assurait de gagner ma vie, mais faire de la politique ne m’a jamais intéressée. Aucun regret! Au pire, je me serais reconvertie dans le journalisme”, confie à l’AFP l’humoriste, 52 ans, qui fête trois décennies de succès, samedi à l’Olympia, avant une tournée et la parution de l’intégrale de ses sketchs au Cherche-Midi.

Anne Roumanoff doit à Sylvie Joly sa révélation pour la scène et l’humour dès l’âge de 12 ans : “Je l’imitais dans le sketch de +La Coiffeuse+. Mes proches m’ont encouragée et je me suis inscrite la même année au Cours Simon pour enfants”, raconte-t-elle.

A 17 ans, bac en poche, la future reine du rire est reçue au concours d’entrée de Sciences Po. Ses camarades de promo sont Jean-François Copé, Laurence Parisot, David Pujadas et Frédéric Beigbeder.

En 1986, son diplôme en poche et ses arrières assurées, Anne Roumanoff tente le Conservatoire et la Rue Blanche. Recalée à chaque fois. Direction le Club Med tout l’été comme GO où elle connaîtra ses premières scènes.

De retour à Paris, l’humoriste fait le tour des cabarets avec des sketchs sur la vie quotidienne. Un premier parrain se penche sur ses débuts: sur casting, Guy Lux l’engage pour “La Classe”, tremplin d’humoristes diffusé sur France 3.

“Enfin, on voulait de moi et j’étais payée en plus!”, raconte Anne Roumanoff qui se retrouve dans la foulée propulsée à 22 ans sur la scène des Blancs Manteaux, café-théâtre parisien. Le succès ne se démentira plus.

– “La société va mal, les gens ont besoin de rire” –

A l’époque, la politique ne l’inspire guère. Son fonds de commerce ? Les petits travers de tout un chacun : “Je pratique un humour empathique, avec de l’ironie mais sur fond d’amour pour la nature humaine, même les pires gens. Je dis tout haut ce que les gens pensent tous bas”.

Les années Sarkozy changent la donne : Anne Roumanoff inaugure son célèbre “Radio Bistrot” chez Michel Drucker, chaque dimanche, avec l’oeil avisé de la politologue repentie.

“Je ne vilipende pas les politiques : je les critique mais je suis admirative. Ils ont une vie de fous. Ce n’est pas évident de se prendre des coups de poignard. C’est toujours complexe de faire rire sur la politique. Il faut être subtile, ne pas s’acharner. Le public est versatile”, souligne-t-elle.

Après avoir sacré François Hollande “Guimauve le Conquérant”, Anne Roumanoff s’amuse sur scène désormais du “côté tueur” d’Emmanuel Macron.

“Cela ne se voit pas car il sourit… Il est charmant, mais il tue! Je parle aussi de Brigitte car elle nous donne de l’espoir, à nous les femmes de 50 ans!”, s’amuse l’humoriste aux commandes aussi d’une émission sur Europe 1 chaque samedi.

“La société va mal, donc les gens ont besoin de rire : il y a une prolifération d’humoristes. Ce n’est pas gênant : c’est stimulant!”, estime Anne Roumanoff qui réalisera l’an prochain son premier long métrage, devant et derrière la caméra, sur les joies et vicissitudes des quinquagénaires.

Pour ses trente ans de carrière, l’humoriste en rouge reste fidèle à sa couleur fétiche : “Au début, j’ai choisi le rouge par hasard, ensuite un peu par superstition. Dans la vie je suis souvent en noir et en bleu. Le rouge est mon bleu de travail!”

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