ZIGUINCHOR / Mot d’ordre du SAES et des étudiants : « Pas de rentrée universitaire à l’Université Assane Seck »

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L’année universitaire démarre mal à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ). En effet, à peine les examens de rattrapage terminés que les professeurs affiliés au Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) et l’Inter-amicale des étudiants sont montés au créneau pour déplorer leurs mauvaises conditions de travail et d’études avant de décider de « ne pas reprendre le chemin des amphithéâtres » tant que leurs doléances ne seront pas résolues. Le Recteur Courfia Diawara ne s’est pas laissé faire. Au contraire.

Les plaignants ont tour à tour pris la parole pour égrener des griefs majoritairement portés contre l’administration rectorale de cet établissement. Si l’on en croit, par exemple, le Dr Ndiémé Sow chargée de la communication de la section SAES de l’UASZ, « le personnel enseignant travaille dans des conditions difficiles d’enseignement et de recherche ». Parlant de la question des salles de cours, Mme Sow a « dénoncé leur nombre insuffisant car il arrive que l’enseignant et les étudiants soient disposés à faire cours mais que celui-ci ne se tienne pas, faute de salle de classe ».

La chargée de communication et des publications du SAES/UASZ a ajouté que les « quelques rares salles qui ont des tables-bancs, en ont en nombre insuffisant et ce sont des tables-bancs des écoles élémentaires ; et l’amphithéâtre, qui est opérationnel, a un plafond menaçant de s’écrouler ».

Mme Sow a aussi déploré le manque de bureaux pour les enseignants dont la majorité est réduite à l’errance y compris lorsqu’ils reçoivent leurs étudiants. Elle a également fait cas de l’insalubrité dans laquelle les étudiants et les enseignants baignent. « Nous pensons que cette université gagnerait à faire du ‘’benchmarking’’ auprès des autres universités publiques nationales pour voir ce qui s’y fait en termes d’exigence de conditions de travail et d’étude des étudiants et du personnel enseignant ».

La conséquence de ces « mauvaises conditions » de travail est que « ce sont des saignées très fortes que nous notons avec des départs récurrents vers les autres universités publiques ».

Son collègue le Dr Alpha Oumar Ba a, lui, mis l’accent sur « la maison de l’Université ». Selon lui,  «la gestion de cette maison est la meilleure illustration de la gabegie et de l’amateurisme de nos autorités en matière de gestion administrative ». En effet, « il est prévu d’utiliser cette maison pour les étudiants du département tourisme qui devraient en assurer la gestion », ce qui n’est pas le cas. A l’en croire, « c’est l’actuel recteur qui a changé l’orientation de la maison de l’université car au lieu de trouver les mécanismes de financement de la construction d’une maison d’hôtes, il s’est entêté de recourir à la location avec des insuffisances dans la gestion et un personnel pléthorique et inexpérimenté ».

Ces syndicalistes ont déploré aussi la coupure d’Internet sur le campus pédagogique qui, selon eux, « déteint sur les enseignements et la recherche notamment à la bibliothèque universitaire ; laquelle ne compte que 150 places assises sur 5000 étudiants ».

Vu toutes ces difficultés, les enseignants et les étudiants ont « décidé de ne pas démarrer la nouvelle année universitaire 2017-2018 sans la résolution complète et définitive des problèmes soulevés ».

Interrogé pour donner sa version des faits, le recteur de l’université Assane Seck de Ziguinchor a plutôt mis l’accent sur les travaux en cours, les réalisations et les progrès notés depuis son arrivée à la tête de l’institution.

« Cette institution est en train de monter en puissance. Elle vient d’avoir une maison de l’université couplée à la cité des enseignants, mais il n’appartient pas à des enseignants de gérer une maison de l’université dans une institution telle que la nôtre » a-t-il déclaré.

A propos de l’Internet, Courfia Diawara a informé que c’est une panne survenue sur le réseau interne qui a occasionné la détérioration d’une bonne partie des ‘’switches’’, par conséquent, l’interruption de la connectivité. Mais l’établissement qu’il dirige « a vite réagi en achetant d’urgence 19 modems et 10 téléphones ».

Sur les tables-bancs, Courfia Diawara a annoncé « l’achat de plus de 600 tables-bancs de la dernière génération devant être livrés dans les jours à venir ».

Parlant des bureaux qui manqueraient, M. Diawara a « rappelé que l’Université est en chantier et nous allons bientôt réceptionner un complexe d’amphithéâtre avec un bloc pédagogique doté d’une douzaine de salles de cours et d’une dizaine de bureaux ».

Le recteur Diawara a également déclaré que lorsqu’il venait diriger cette institution, « il y avait zéro kilomètre de routes ici alors que des routes en pavé y sont actuellement en construction, le taux de réussite est passé de 52 à 72%, celui d’échec et de redoublement des étudiants a chuté de 30 à 15%, la Banque Mondiale vient de nous féliciter dans le cadre du Contrat De Performance ».

Le recteur Diawara de lancer : « je demande simplement à ces enseignants d’arrêter de promouvoir cette culture d’auto-flagellation en promouvant ce que nous avons et ce que nous faisons de bon ».

Il a, pour finir, demandé aux enseignants de poser leurs problèmes dans les organes et instances universitaires prévus par la loi pour gérer le quotidien de l’établissement.

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