Des parents d’élèves font de la construction des collèges leur affaire

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Un ras-le-bol. C’est bien ce sentiment qui a encouragé certains villages du Sénégal à s’organiser pour offrir à leurs collégiens des écoles plus proches. Dans sa série sur l‘éducation en Afrique, Le Monde Afrique fait un focus sur les villages de Mbellongouth, Khondiogne ou Nakhama.
Chaque matin, les élèves de ces trois villages situés aux confins de la région de Fatick prennent la route de leur collège, à Ndiosmone. Pour ce faire, ils doivent parcourir entre 4 et 7 km, de trajet.

Ce semi-marathon quotidien n’a guère l’avantage de leur faciliter les conditions d‘études. En fin de journée, ils sont si fatigués qu’ils renoncent à étudier. Pour les moins résistants, ils préfèrent tout simplement abandonner leurs études. Et c’est sans compter avec les risques d’insécurité, notamment pour les adolescentes, exposées à des prédateurs sexuels.

Face à ce tableau pathétique, les parents d‘élèves de ces villages ont trouvé une ébauche de solution : organiser une collecte pour faire construire un collège à leurs enfants. Le projet a débuté en janvier 2016, avec pour acquis un terrain de 3,2 hectares concédé par la municipalité. Mais après la construction de deux salles achevée en juin 2017, le projet s’essouffle faute de moyens financiers.

Pour Birame Mbaye, le principal du collège de Ndiosmone, il aurait été plus facile pour les parents d‘élèves d’acheter des bus scolaires que de se faire construire une école “parce qu’après la construction, se posera le problème des enseignants à faire venir. Or, il y a un déficit à ce niveau-là au Sénégal”, assure-t-il.

Mais difficile de faire renoncer Mbellongouth, Khondiogne ou Nakhama, encore qu‘à une vingtaine de kilomètres d’eux, un autre village a réussi l’exploit : Mbettite. Depuis l‘été 2017, les villageois se sont offert un collège flambant neuf dans lequel les cours sont dispensés depuis décembre de la même année. Certes, il reste beaucoup à faire, notamment au niveau des infrastructures, mais les villageois ont pu offrir à leurs enfants une salle de 6e et de 5e et une troisième classe en cours de finition.

À l’instar du monde rural sénégalais, plusieurs villages africains sont soumis aux mêmes conditions, favorisant à la fois un fort taux d’analphabétisme et d’exode vers les zones urbaines. Au Sénégal, début février, les présidents français Emmanuel Macron et sénégalais Macky Sall ont co-présidé la troisième conférence du “Partenariat mondial pour l’éducation” dont l’objectif est de récolter 3,1 milliards de dollars pour l‘éducation sur la période 2018-2020, pour les pays à faible revenu.

Auteur: africanews – Webnews

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