Dr Assane Diop, président du syndicat des pharmaciens privés du Sénégal : «Keur Serigne Bi reste une place forte du trafic des médicaments de la rue»

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Le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal a soutenu que le phénomène des médicaments de la rue n’est pas en passe de disparaître dans notre pays. Pire, la cité religieuse de Touba et Keur Serigne Bi, dans la capitale, restent des hauts lieux de ce trafic illicite qui met en péril la santé des populations.

Le phénomène des médicaments de la rue continue de hanter l’esprit des autorités sanitaires du Sénégal. Alors qu’on croyait  la pratique circonscrite avec le démantèlement de Keur Serigne Bi et les opérations coup de poing menées dans la cité religieuse de Touba, les trafiquants semblent reprendre du poil de la bête. Du moins, tel est le sentiment exprimé par les professionnels du secteur de la distribution des médicaments réunis, vendredi dernier, dans la capitale du Saloum. Venu prêter mains fortes à ses camarades de Kaolack, le Dr Assane Diop, président du Syndicat national des pharmaciens privés du Sénégal, est plutôt sceptique. «  Le trafic des médicaments de la rue demeure plus que jamais préoccupant et pose un sérieux problème de santé publique. Des études ont montré qu’à Touba, la majorité des cas de consultation sont notés en néphrologie et le lien serait établi avec l’usage de médicaments  de la rue qui foisonnent dans cette cité religieuse ainsi qu’à Keur Serigne Bi, à Dakar », a-t-il fustigé, en marge d’une conférence publique initiée par la section régionale du Syndicat unique des travailleurs de la santé du Sénégal (Sutsas). Dans la foulée, le technicien a pointé du doigt certains hauts lieux de ce trafic. « A Touba , on compte près de 300 dépôts contre une quarantaine d’officines. Des pharmaciens, qui avaient ouvert leur officine, ont été obligés de les fermer et se retrouvent au chômage  à cause  de la prolifération des médicaments de la rue. A Keur Serigne Bi, après la descente des services de sécurité, il y a eu une courte période d’accalmie. Mais, par la suite, le trafic a fonctionné en plein régime. Seul le modus operandi a changé. Ces deux pôles concentrent  l’essentiel de ce trafic illicite de médicaments pour lequel on a l’impression que l’Etat s’est résigné  »,  a poursuivi le Dr Dop.
Pour rappel, cette conférence publique fait partie intégrante du plan d’actions du Sutsas dans la région de Kaolack.

Elimane FALL  

 

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