Trump accuse l’Allemagne d’être “totalement contrôlée” par la Russie

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FILE PHOTO: Germany's Chancellor Angela Merkel talks with U.S. President Donald Trump during a family photo at the G7 Summit in Charlevoix, Quebec, Canada, June 8, 2018. REUTERS/Leah Millis/File Photo

L’Allemagne, que les Etats-Unis défendent au prix de milliards de dollars, est “prisonnière” de la Russie, a-t-il affirmé au cours d’une rencontre bilatérale avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, à l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles, avant même le début d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement alliés qui s’annonçait déjà tendu.

“L’Allemagne enrichit la Russie”
“L’Allemagne enrichit la Russie. Elle est prisonnière de la Russie parce qu’elle tire une grande partie de son énergie de la Russie. Ils paient des milliards de dollars à la Russie et nous devons les défendre contre la Russie (…) Comment expliquer cela? Ce n’est pas juste”, a-t-il affirmé lors d’une brève retransmission de ce petit déjeuner, subitement interrompue.

Gazoduc Nord Stream
M. Trump a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique et exige son abandon. Ce projet divise les Européens. Les pays de l’UE importent deux tiers (66%) de leurs besoins de consommation. En 2017, ceci a représenté 360 milliards de m³ de gaz, dont 55 milliards de m³ de GNL, pour une facture de 75 milliards d’euros, selon les statistiques européennes. A ce jour la moitié du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance.

Stratégie américaine
Les Etats-Unis sont engagés dans une stratégie de conquête de marchés pour leur gaz naturel. Ils ont exporté 17,2 milliards de m³ en 2017, dont 2,2% par méthaniers vers les terminaux de l’Union européenne. De fait, les Européens appréhendaient un sommet de l’Otan acrimonieux et difficile.

Humeur belliqueuse
Le président des Etats-Unis avait quitté Washington d’humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Helsinki pourrait être “plus facile” que le sommet de l’Otan. Ce comportement exaspère sur le Vieux continent.

Critiques déplaisantes
Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l’a interpelé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l’a invité à “mieux considérer” ses alliés “car l’Amérique n’en a pas tant que ça”. Il lui a également rappelé que l’Europe avait été “la première à réagir” après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain.

L’Otan appréhende le sommet
Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, est embarrassé par cette tension et n’a pas caché son appréhension sur le déroulement du sommet. “Je ne serais pas surpris qu’il y ait des discussions vigoureuses, notamment sur les dépenses de défense”, a-t-il reconnu mardi.

2% du PIB pour la défense
Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie la Belgique et l’Espagne sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère M. Trump.

“Les Etats-Unis doivent payer MOINS”
“Les pays de l’Otan doivent payer PLUS, les Etats-Unis doivent payer MOINS. Très injuste! “, a-t-il tweeté avant son départ pour Bruxelles. “Ce n’est pas juste pour le contribuable américain”. Sa charge contre l’Allemagne mercredi matin s’est inscrite dans cette logique. “L’Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème”, a-t-il affirmé.

Stoltenberg dépassé
M. Stoltenberg est apparu dépassé par la violence de la diatribe du président américain dont l’humeur va peser sur la réunion. Il a tenté de répliquer en soulignant que tous les pays de l’Otan devaient être capables de coopérer en dépit de leurs différences.

Le président américain Donald Trump a vigoureusement accusé mercredi l’Allemagne d’être “totalement contrôlée par la Russie” à la suite de l’accord donné par Berlin au gazoduc Nord Stream 2 promu par Moscou pour acheminer du gaz vers l’Europe de l’ouest.

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