Pourquoi l’Europe est incapable de lutter contre le blanchiment d’argent sale

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Le patron de la plus grande banque danoise a démissionné hier suite à une affaire de blanchiment d’argent à grande échelle. Ce nouveau scandale met en évidence les failles béantes du dispositif européen de lutte contre le blanchiment.

L’affaire de la Danske Bank est effarante. 200 milliards d’euros de provenance suspecte ont transité par sa filiale estonienne et la banque n’est toujours pas en mesure d’identifier la part d’argent sale. Probablement venant de Russie. Mais ce n’est pas un cas isolé. En début d’année, la banque lettone ABLV accusée par les Etats-Unis d’avoir facilité des transactions avec la Corée du Nord est acculé à la faillite, elle sera sauvée par la BCE et sommée de faire le ménage dans son personnel et sa clientèle, là aussi essentiellement étrangère. Enfin, la banque néerlandaise ING vient d’écoper d’une amende record au Pays-Bas pour des faits de blanchiment. Tous ces dossiers ont émergé après des plaintes en provenance des Etats-Unis.

L’Europe, trop timide pour lutter contre l’évasion fiscale

L’Europe dispose d’une législation stricte. Une directive qui a déjà été réécrite cinq fois, mais on s’aperçoit que certains pays n’ont toujours pas appliqué la version quatre. Et puis il y a effectivement une faille : il n’y a pas de gendarme européen. Chaque pays ayant sa propre autorité de contrôle. Avec des moyens en général très limités. La France avec Tracfin est l’un des rares pays à pouvoir s’enorgueillir d’avoir une équipe de 150 personnes. Tracfin qui a été créé d’abord pour identifier le financement du terrorisme. Ces autorités sous-dotées sont aussi peu enclines à communiquer, à travailler entre elles. Dans l’affaire de la Danske bank, les Estoniens considéraient que c’était une affaire danoise et vice versa.

Quels sont les pays où le blanchiment est le plus répandu ?

Les pays qui ont cherché à attirer de l’argent étranger pour faire tourner leurs banques sont de fait les plus laxistes sur l’origine des fonds. Un peu comme a pu l’être la Suisse. On retrouve dans ce club l’Estonie et la Lettonie qui attirent l’argent des milliardaires et des mafieux russes, Chypre qui s’intéresse à la même clientèle, et enfin Malte. Ceux qui ont de l’argent à recycler savent qu’ils vont trouver en Europe des pays très ouverts, mais aussi un faible risque d’être découvert. En raison du manque de coordination, de moyens, de communication, seulement, 5% des faits suspects portés à la connaissance des organes européens de contrôle font l’objet d’une enquête.

Vers un gendarme européen dédié à la lutte contre le blanchiment

La Banque centrale européenne (BCE) l’appelle de ses vœux. L’exécutif européen a bien conscience de sa nécessité, c’est ce qui ressort d’un rapport sur la question qui sera présenté au Parlement. Cette tâche pourrait être confiée à l’EBA, l’Autorité bancaire européenne qui va bientôt quitter Londres pour s’installer à Paris. Une fois que les Vingt-Sept se seront mis d’accord sur la création de cette nouvelle instance supranationale, il faudra lui donner les moyens humains de travailler et surtout des pouvoirs étendus. Pour contrôler les autorités nationales, pour communiquer avec ses homologues des pays tiers, et pour punir les fautifs, car sans bâton, difficile d’exercer le métier de gendarme.

EN BREF

Amazon dans le collimateur de Bruxelles. La Commission lance une enquête pour abus de position dominante contre le géant américain de la vente en ligne. La question porte sur les données collectées par l’intermédiaire des petits détaillants présents sur sa plateforme. L’exploitation de ses informations permettrait à Amazon d’identifier les attentes des clients.

Le chinois Alibaba remet en cause la création d’un million d’emplois aux Etats-Unis. Jack Ma, qui est encore patron du site de commerce en ligne pour quelques mois a clairement indiqué qu’il ne pourrait pas tenir cet engagement en raison des tensions commerciales grandissantes entre son pays et les Etats-Unis.

L’Argentine s’enfonce dans la récession. Son économie s’est contractée de 4,2 % au deuxième trimestre. A cause de la chute du peso qui fait grimper l’inflation. La hausse des prix devrait atteindre 45 % cette année. La politique d’austérité mise en place en échange du soutien du FMI va sans doute dans un premier temps aggraver la récession.

Au Liberia, le président Georges Weah a promulgué hier une loi très attendue sur la propriété des terres. Dorénavant, l’Etat ne peut plus s’arroger la propriété des terres dépourvues de titre privé. Les communautés locales pourront faire valoir leurs droits en avançant d’autres types de preuves. La terre a longtemps été de fait confisquée et octroyée à des concessions privées au mépris des populations qui en vivent.

Auteur: Rfi – Webnews

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