Affaire Skripal: le second suspect, médecin du renseignement militaire russe selon Bellingcat

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Le second suspect de la tentative d’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en mars à Salisbury (Angleterre) est un médecin du service de renseignement militaire russe (GRU), a annoncé lundi le site d’investigation bellingcat.com.

“Nous avons identifié ‘Alexandre Petrov’ comme étant Alexandre Yevgenïevich Michkin, un médecin militaire employé par le GRU”, précise le site Bellingcat, basé à Leicester (centre de l’Angleterre).

Le site explique s’être appuyé sur “de multiples sources”, dont des “témoignages de personnes familières” avec l’individu, ainsi que des copies de documents d’identité, notamment une copie de son passeport, dont il présente une photo.

Le ministère britannique des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire sur cette annonce.

Selon Bellingcat, Alexandre Yevgenïevich Michkin est né le 13 juillet 1979 à Loyga, en Russie. Il a étudié la médecine dans une académie militaire, avant de suivre un entrainement de médecin au sein de la marine russe.

Recruté durant ses études par le GRU, il a ensuite pu disposer d’une carte d’identité et d’un passeport sous le nom d’Alexandre Petrov.

Entre 2011 et 2018, il a “beaucoup voyagé” avec sa nouvelle identité, se rendant à de nombreuses reprises en Ukraine lors du mouvement de soulèvement du Maïdan, et en Transnistrie, un territoire séparatiste moldave pro-russe qui a fait sécession de la Moldavie au début des années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique.

Début septembre, la police britannique avait présenté les noms de deux hommes russes, Alexandre Petrov et Ruslan Boshirov, suspectés d’avoir perpétré la tentative d’empoisonnement au Novitchok, un puissant agent innervant, de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, survenu le 4 mars à Salisbury.

La première ministre britannique Theresa May avait alors accusé les services de renseignement militaire russes d’être derrière cette attaque. La police avait lancé un mandat d’arrêt européen, en soulignant que les noms utilisés étaient sans doute des alias.

– Un “traître” et un “salaud” –

Le 26 septembre, le site Bellingcat avait déjà révélé l’identité de l’autre suspect, Ruslan Boshirov. “Le suspect est en fait le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU décoré de hautes distinctions”, avait affirmé Bellingcat.

Ces informations avaient été rejetées par Moscou. “Beaucoup de gens se ressemblent”, avait simplement répondu le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Le 12 septembre, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré savoir qui étaient les deux hommes mis en cause par Londres, mais il avait assuré qu’ils étaient des “civils” n’ayant rien fait de “criminel”.

Les deux hommes avaient ensuite été interviewés par la télévision publique russe RT, affirmant s’être rendus en touristes à Salisbury. Ils avaient démenti être des agents du GRU.

Selon Scotland Yard, les deux hommes avaient effectué un séjour de 48 heures en Angleterre, entre le 2 et le 4 mars. Ils séjournaient à Londres, et s’étaient rendus à deux reprises à Salisbury: il avaient effectué un “voyage de reconnaissance” le 3 mars, avant de contaminer “la porte d’entrée (de Sergueï Skripal) avec le Novitchok” le lendemain, et de reprendre un vol vers Moscou.

Cette affaire avait provoqué une crise diplomatique majeure, conduisant à l’expulsion de plus de 300 diplomates russes ou occidentaux.

Sergueï Skripal, ancien officier du GRU, avait été condamné en 2006 pour “haute trahison” avant de bénéficier d’un échange d’espions organisés entre Moscou, Londres et Washington. Il s’était alors installé à Salisbury.

“Ce Skripal n’est qu’un traître”, avait affirmé Vladimir Poutine le 3 octobre, lors d’un forum consacré à l’énergie à Moscou. “Ce n’est qu’un espion, un traître à la patrie (…) Ce n’est qu’un salaud, purement et simplement”.

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