Lutte contre le cancer : ‘’Nous nous sentons impuissants devant des cas de malades’’

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Le sort des malades souffrants du cancer demeure de plus en plus préoccupant pour les familles des victimes. Mais, elle est encore plus pour les personnels de santé en charge de ces sujets malades du cancer. Cela est ressorti des propos de Ndéye Khary Cissé, technicienne supérieure de santé exerçant à l’Hôpital Aristide Le Dantec (Hald). Cette dernière a mis à profit la visite des membres de l’Association du cancer du sein au Sénégal (Asc2) aux malades du cancer, ce lundi 8 octobre 2018, pour relever la nécessité pour les autorités étatiques de revoir la politique sanitaire surtout concernant la prise en charge des cancéreux.
‘’On doit vraiment revoir la politique sanitaire surtout concernant les malades atteints de cancer. Il y a aussi les palliatifs. Cela est un problème crucial pour les malades et pour nous autres personnels de santé. Les malades qui sont en phase terminale, on doit normalement, leur trouver des locaux adéquats dans lesquels ils pourront finir leurs jours. Ce type de cadre n’existe pas encore au Sénégal. Il n’y a que les médecins qui se débrouillent et qui les mettent quelques part de temps en temps. Mais, vraiment, cela aussi est une équation qu’il faut résoudre’’, a-t-elle confié à Dakaractu.

Intervenant dans le traitement du cancer depuis 1985, Mme Cissé est aujourd’hui, la responsable de la mammographie. Elle dit être peinée de voir des malades décéder. ‘’Des fois, nous nous sentons impuissants devant des cas de malades. Ce qui est grave concernant la prise en charge de cette pathologie, c’est que les malades sont des gens avec qui nous avons cheminé ensemble pendant très longtemps. Au finish, il se tisse une familiarité qui fait que le jour où on les perd, c’est comme si c’était proche parent qu’on a perdu.  C’est très dur. On est après tout des humains’’.

‘’A chaque fois que j’avais un malade qui mourait, j’en souffrais pendant des jours’’

Pour une meilleure prise en charge médicale des cancéreux, elle plaide en faveur de la baisse du coût des médicaments et de la construction de cadres plus adéquats pour les malades en phase terminale. ‘’Par rapport au traitement des personnes vivant avec un cancer, une gratuité des soins serait mieux. Surtout au niveau de la chimiothérapie. Parce que quoiqu’on dise, la chimiothérapie coûte extrêmement cher au Sénégal  bien que l’Etat ait fait des efforts. Mais, il reste beaucoup à faire. Les malades sont très fatigués !’’, dit-elle.

‘’J’étais en cancérologie où j’ai inauguré la machine de radiothérapie en 1987.  Et j’y ai travaillé jusqu’en 2010. Depuis lors ici au niveau de la maternité dans le cadre de la sénologie (Spécialité médicale qui étudie les affections du sein). Parce que les autorités ont ouvert une Unité de sinologie. Et là, je gère la mammographie’’, dit-elle. ‘’Je peux dire que plusieurs cas m’ont marqué, au cours de ma carrière, parce qu’en un moment donné, les malades atteints de cancer faisaient partie intégrante de ma famille. Et à chaque fois que j’avais un malade qui mourait, moi j’en souffrais pendant des jours. C’était très dur. Il n’y a que depuis 2010 que j’ai commencé à vivre un peu avec ma famille correctement et vivre moi-même. Parce que c’est cette année-là que j’ai quitté la cancérologie où c’était plus dur. Et là je suis dans cette unité où au moins je vois des femmes à la maternité qui viennent pour autre chose’’.

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