Flux instinctif libre : mais comment font les femmes qui choisissent de vivre leurs règles sans protection hygiénique ?

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Elles ont décidé de dire “stop” aux protections hygiéniques. Sur les forums, en vidéo ou sur leur blog, de nombreuses femmes affirment pratiquer le flux instinctif libre, une technique qui permet de contrôler son flux menstruel afin de se passer de tampons, serviettes, cups, etc. Une liberté qu’elles ne sont pas prêtes de sacrifier.

A cette évocation, vous repensez peut-être avec une pointe de dégoût à cette sportive qui avait couru en 2015 le marathon de Londres avec un legging taché de son sang menstruel – elle voulait ainsi briser un “tabou” -. En réalité, il ne s’agit pas du tout de laisser libre cours à ses règles, mais au contraire de les contrôler instinctivement et, in fine, ne plus avoir besoin de porter de protection.

Sur la Toile, de nombreuses femmes font ainsi part de leurs expériences sur des blogs ou au travers de vidéos. “Je n’osais pas vraiment me lancer parce que j’avais peur que ne pas y arriver ou que ce soit les chutes du Niagara version gore”, se souvient Claire, qui tient un site et une chaîne YouTube consacrés au bien-être.

Aujourd’hui pourtant, cette jeune femme pratique cette méthode depuis plus de huit mois. Après quelques ratés, elle dit avoir appris à prendre conscience de ce qu’il se passe en elle afin que tout se déroule au mieux. “J’ai juste à écouter mon corps et quand il me dit ‘va aux toilettes’, je vais aux toilettes et il n’y a pas de souci”.

A force de pratiquer, les passages aux toilettes seraient de moins en moins fréquents puisque beaucoup d’entre eux seraient en fait dus à la peur de manquer le coche. “Plusieurs cycles sont quand même nécessaires pour bien interpréter les signaux de ton corps. La première fois, j’allais aux toilettes toutes les cinq minutes parce que j’avais l’impression que ça coulait toutes les cinq minutes. Alors que non, pas du tout”, explique Claire.

Il est tout de même important de préciser que cette adepte du flux instinctif travaille chez elle, ce qui permet de se rendre aux toilettes à l’envie, sans devoir affronter le regard perplexe des collègues devant des allers-retours récurrents. “Quand je sais que je vais m’absenter plus d’une heure et que je n’aurai pas forcément accès aux toilettes, je ressors ma cup menstruelle ou une petite serviette lavable. Parce que je sais qu’au bout d’une heure il y aura potentiellement des fuites“, précise-t-elle.

Un contrôle grâce au périnée 

Au-delà de cette conscience de leur corps que peuvent acquérir ces femmes, tout est aussi question, selon elles, de périnée. Lætitia, une autre youtubeuse, explique ainsi avoir la sensation de s’être habituée à retenir son flux menstruel. “Au début je devais faire un petit effort pour retenir mon sang et maintenant mon périnée arrive à le contenir tout seul jusqu’à ce que j’aille aux toilettes“, se satisfait-elle.

Des capacités similaires sont décrites par la blogueuse Natasha. “Quand je ne peux pas aller aux toilettes dans la minute où j’en ressens le besoin, je peux simplement retenir le sang, de la même manière qu’on peut retenir son urine. Cela me permet de tenir quelques minutes supplémentaires, voire bien plus. Il m’est arrivé d’avoir besoin d’aller aux toilettes alors que j’étais en train de faire des courses par exemple et j’ai alors pu me retenir plus d’une demi-heure sans difficulté”, raconte-t-elle, en précisant cependant que le but du free flow n’est absolument pas “de retenir son sang le plus longtemps possible”.

Une pratique accessible à toutes ? 

Si la pratique du flux instinctif libre donne à réfléchir sur notre dépendance aux protections périodiques classiques, accusées d’être toxique pour l’organisme en plus d’être polluantes, et que beaucoup de ses adeptes affirment que cela a changé leur vie, elle n’est cependant pas accessible à toutes.

Les premiers essais demandent tout d’abord du temps et nécessitent de rester chez soi pour éviter les petits (ou gros) accidents de débutante. Ensuite, même si certaines femmes parviennent à se “retenir” quelques minutes, la technique semble peu adaptée aux déplacements en transports en commun ou encore aux femmes qui n’ont pas la possibilité de se rendre aussi souvent qu’elles le souhaitent aux toilettes sur leur lieu de travail.

afriquefemme.com

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