Piscine olympique : Un complexe devenu une toilette à ciel ouvert pour mendiants

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Le complexe sportif de la piscine olympique nationale situé dans le quartier résidentiel du Point E, est devenu une toilette publique à ciel ouvert. Mendiants et surtout enfants de la rue viennent y déféquer. L’intérieur de complexe est sale jonché de nombreux débris. Les riverains trouvés sur place sont dans le désarroi et ne savent à qui se plaindre. L’imam Kanté Amadou Makhtar Kanté, qui officie dans la grande mosquée située à quelques mètres de l’édifice, qualifie ce décor de honteux pour une ville comme Dakar censée être la vitrine du pays. Mais qui ne semble pas réussir à entretenir une infrastructure d’une telle envergure, unique dans tout le Sénégal.

A l’entrée principale de la piscine, rien d’anormal, la devanture est propre et les poubelles vides. En face le poste de police des agents de la ville de Dakar est imposant.  Ces derniers surveillent les entrées et les sorties des personnes désirant visiter le complexe sportifs.

Quand on  franchi le seuil de l’édifice, tout est toujours normal. Mais lorsqu’on avance vers le terrain de foot, en empruntant les allées, c’est la déception: des habits sales abandonnés à même le sol, des tables cassées, des restes du parc d’attraction détruits, des poubelles remplies de déchets sont les éléments du décor.  A cela, s’ajoutent des sachets plastique sur les allées à côté flottant au gré du vent près des bancs publics. Les installations de l’ancien parc d’attraction pour enfants sont à terre au bord du mur à l’entrée.

De l’autre côté des deux terrains de football, encore des sachets d’eau sont jetés par terre. Le tout agrémenté est d’odeurs nauséabondes du côté de la clôture nord qui rendent l’air irrespirable.

Ce tableau tristement peint ne fait pas la fierté de ceux qui fréquentent le complexe. «Le site est dans un état pitoyable. Je viens souvent pour réviser mes cours ou pour lire quelques bouquins. La gestion des ordures devrait être une priorité pour les gérants de ceCela cadre d’épanouissement», estime Dominique Sarr, étudiant en troisième année en Science physique à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), un habitué  du complexe.

Venu pour une promenade, ce jeune couple habitant le quartier du point E se désole du piteux état dans lequel se trouve l’infrastructure sportive. «Cela aurait été moi le propriétaire, je ferais en sorte que chaque jour le véhicule de ramassage d’ordures passe par là et récupéré tous les ordures ainsi que les feuilles mortes », dit le jeune marié sous couvert d’anonymat, et comme pour faire la leçon à la maire de Dakar.

Portable à la main avec un léger sourire, Pape Thiam étudiant à l’UCAD considère la piscine olympique comme un lieu de décompression.  Il y vient pour se rafraîchir la mémoire et repartir de bon pied.  «Je trouve que c’est un  bon endroit, mais l’état actuel du complexe ne me plaît pas du tout »,  indique Pape Thiam, non sans rappeler aux autorités leurs obligations. «Je pense que la mairie de la commune du point E devrait à son niveau prendre des mesures strictes ou alerter les hautes autorités de ce pays pour ce problème qui gangrène l’environnement de cette magnifique œuvre».  Vraisemblablement,  le jeune homme ignore que le complexe est géré par la mairie de Dakar.

Quelques mètres plus loin sur l’autre terrain de football, des enfants d’une école privée, vêtus de tenue de sport aux couleurs bleu et noir, accompagnés de leur professeur reçoivent des cours d’éducation physique sportive. M. Diagne, l’enseignant de ces élèves est lui aussi amer face à ce manque d’entretien de cette infrastructure. «L’environnement autour de ce terrain est malsain. En plus, les gens qui y viennent, ne prennent même pas la peine de faire l’entretien après usage. D’une part, je me dis que c’est la faute aux Sénégalais qui ne respectent pas l’environnement ; alors que c’est un bijou que nous devons préserver pour le bien de tous », s’indigne le professeur de sport. « Pour finir, je demande à l’Etat du Sénégal de dégager un budget qui sera consacré à l’entretien de ce joyau », plaide Diagne,

Tout autour de la clôture du complexe, de vieilles personnes pratiquant la mendicité y ont élu domicile en passant leur « journée de travail». Cela aussi n’est pas admissible pour certains Sénégalais et il urge de redonner à cette infrastructure toute sa respectabilité. «La ville de Dakar doit trouver un lieu pour ces gens qui sont autour du mur pour demander l’aumône »,  recommande Babacar Samb,  vendeur d’articles d’art à côté de la mosquée.

S’il y a une personne  qui doit être plus sensible à cette situation, c’est bien Ahmadou Makhtar Kanté, imam de la mosquée du Point E.

Environnementaliste et spécialisé de l’hygiène publique, il en appelle au sens civique de tous les habitants  du quartier. «Chaque personne habitant dans un quartier devrait s’intéresser aux  activités qui s’y déroulent pour essayer d’apporter des changements. Pour dire vrai, je n’apprécie pas l’état de ce complexe qui fait pourtant de grosses rentrées d’argent à travers la piscine bien sûr ». D’ailleurs la piscine olympique n’est pas  la seule infrastructure victime de cette dégradation. C’est pourquoi l’imam Kanté invite la commune de Dakar à prendre en charge toutes les infrastructures qui reçoivent beaucoup de monde et qui sont sous sa responsabilité pour les rendre propres.

L’environnementaliste parle aussi du stade de l’Amitié qui a aussi fait l’objet de reportage de SeneNews. « Moi qui vous parle, j’effectue le sport là-bas dans ce complexe mais des odeurs  nauséabondes, les mendiants sont tout autour de la clôture, les sachets d’eau sont visibles aux alentours du terrain de foot et j’en passe. Je dis que c’est un milieu qui fait fuir les touristes qui s’y rendaient souventEt ce n’est pas seulement la piscine olympique qui a ce souci, non…», s’offusque l’imam Kanté, rappelant au président de la République quelque chose d’important. «Le chef de l’Etat devrait d’abord assainir la ville de Dakar avant même qu’il n’allât recevoir le drapeau olympique concernant les Jeux olympiques de la Jeunesse en 2022 récemment».

Un bon règlement intérieur doit être établi selon lui pour les gens qui occupent les espaces de jeux en vue de veiller à la propreté du site. Revenant à la piscine olympique, l’environnementaliste estime que le chef de  l’Etat en est le principal responsable et doit mettre les moyens pour embellir ce cadre qui est au cœur de Dakar et plus précisément, dans la commune du point E.

La mairesse de Dakar nouvellement élue qui a affiché sa volonté de s’attaquer l’assainissement de la ville de Dakar, a du pain sur la planche. Mme Soham El Wardini  a une belle occasion de montrer sa capacité  à tenir ses engagements.

Construite au cours des dernières années du régime socialiste, la piscine olympique a été inaugurée le 17 mai 2002 par le président Abdoulaye Wade après 5 ans de travaux. D’un coût de  5 milliards  de francs CFA, elle fut la première de la sous-région.

Le complexe comporte différentes infrastructures, notamment un centre d’hébergement comprenant 20 chambres, une cafétéria, un point banque, un cybercafé, sans oublier un espace omnisports avec deux terrains de football, un de basket-ball, un de volley-ball, deux courts de tennis, une aire de jeux pour enfants une aire pour la pétanque.  On trouve aussi des locaux hébergeant les bureaux de la Fédération et ceux du gestionnaire.

Piscine olympique : Un complexe devenu une toilette à ciel ouvert pour mendiants


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