Chimiothérapie : après trois décès, les familles des victimes choisissent de porter plainte

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Des familles de victimes ont décidé de porter plainte contre X, estimant que les pouvoirs publics devraient rendre systématique le dépistage en cas de chimiothérapie 5-FU, potentiellement toxique.

En France, selon les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa), 80 000 personnes souffrant d’un cancer sont soignées à l’aide d’une chimiothérapie 5-FU. Ce traitement est, en particulier, recommandé en cas de cancer du sein, de cancer digestif ou encore de cancer ORL.

Or, le 5-FU (pour 5-fluorouracile ou capécitabine) est une molécule qui peut s’avérer toxique chez certains patients qui souffrent d’un déficit total ou partiel en enzyme DPD. Il existe deux tests permettant de dépister ce déficit, ce qui permet ensuite d’adapter les doses de 5-FU pour en limiter la toxicité. Problème : tous les hôpitaux ne pratiquent pas systématiquement ce dépistage.

Ce jeudi 3 décembre 2019, les familles de 3 patients décédés après avoir suivi une chimiothérapie 5-FU toxique ont annoncé vouloir porter plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Paris. « La cure qui devait les soigner les a envoyés au cimetière » a réagi Me Vincent Julé-Parade, l’avocat et porte-parole des plaignants.

Une chimiothérapie toxique, voire mortelle

« L’idée, ça n’est pas de mettre en cause le 5-FU, qui a fait ses preuves, mais d’interpeller : pourquoi, alors que l’on savait depuis plusieurs années qu’il y avait cette contre-indication en cas de déficit [de l’enzyme DPD] et qu’il y a des tests qui existent, aucune autorité sanitaire ni aucun responsable public n’a pris comme mesure de recommander ce test avant février 2018 ? » a-t-il ajouté.

En effet, le 8 février 2018, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait souligné l’intérêt d’un dépistage systématique, estimant toutefois qu’il n’y avait « aucun consensus […] sur les modalités » de ce test. De leur côté, l’INCa et la Haute autorité de santé (HAS) ont recommandé la réalisation systématique d’une méthode de dépistage pour prévenir « certaines toxicités sévères » des chimiothérapies, le 18 décembre 2018. Affaire à suivre !

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