Épisiotomie : les gynécologues et obstétriciens émettent de nouvelles recommandations

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Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français a émis de nouvelles recommandations quant à l’épisiotomie, un acte médical qui concerne encore 1 accouchement sur 5.

Selon l’enquête nationale périnatale publiée en 2016, une épisiotomie est réalisée dans le cadre de 2 accouchements sur 10 (20 % des cas). L’épisiotomie, kézako ? Ce geste médical, pratiqué en cas d’accouchement par voie basse, consiste à inciser une partie des muscles du périnée afin de faciliter le passage du bébé et de réduire le risque de déchirures obstétricales.

Oui, mais voilà : l’épisiotomie n’est pas un acte médical anodin. Outre les risques d’hémorragie post-partum et les éventuelles douleurs périnéales, une étude américaine parue en avril 2017 avait montré que les femmes qui subissaient une épisiotomie avaient aussi plus de risques que les autres de développer des troubles psychologiques après leur accouchement.

À l’occasion de son congrès annuel (survenu ce 6 décembre 2018) le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a émis de nouvelles recommandations vis-à-vis de la pratique de l’épisiotomie.

« Pas de bénéfice reconnu en cas d’accouchement normal ou de grossesse gémellaire »

« Il n’y a pas de bénéfice reconnu à la pratique de l’épisiotomie dans l’accouchement normal : il n’existe pas de preuve pour indiquer une épisiotomie en cas de présentation du siège (ou) de grossesse gémellaire » précisent d’abord les spécialistes. Qui ajoutent, à l’intention de leurs confrères : « il est recommandé (…) de recueillir l’accord de la femme avant de pratiquer une épisiotomie ».

En revanche, en cas d’accouchement difficile, une épisiotomie restera recommandée : « l’extraction instrumentale, surtout avec un forceps, est associée à un risque de déchirure grave pouvant s’étendre jusqu’au sphincter anal. Or les études suggèrent, avec toutefois un niveau de preuve faible, que l’épisiotomie pourrait avoir une action préventive », explique le Pr Xavier Fritel, l’un des auteurs des recommandations.

« Dans certaines circonstances, l’accoucheur pourra être en faveur d’une épisiotomie parce qu’il fait prendre des risques à la femme en utilisant des instruments d’extraction » résume le spécialiste. Bon à savoir !

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