Le Canada rejette les menaces chinoises s’il bannit la 5G de Huawei

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Le gouvernement canadien a rejeté vendredi les menaces chinoises de “répercussions” à son encontre au cas où Ottawa déciderait d’interdire le déploiement au Canada de la technologie de réseau 5G du géant chinois des télécoms Huawei.

“Nous avons été extrêmement clairs sur le fait que nous ne compromettrons pas la sécurité nationale. Nous allons mener l’analyse appropriée et prendre la décision que nous jugerons la meilleure pour les intérêts du Canada”, a déclaré à la presse le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale.

Le gouvernement de Justin Trudeau, dont les relations sont très tendues avec Pékin depuis l’arrestation à Vancouver d’une haute dirigeante de Huawei, “ne sera pas dissuadé” d’agir comme il l’entend malgré les menaces de la Chine, a souligné M. Goodale.

L’ambassadeur de Chine au Canada Lu Shaye a mis en garde jeudi contre de possibles “répercussions” si Ottawa interdisait le déploiement au Canada de la technologie de réseau 5G de Huawei, indispensable à l’essor des voitures autonomes et autres objets connectés.

L’étude de cette technologie est “en cours”, a relevé le ministre canadien.

“Nous examinons les problèmes de sécurité ainsi que les enjeux techniques avec beaucoup de précautions”, a-t-il fait valoir.

Géant mondial des équipements télécoms, Huawei est soupçonné de poser un problème de sécurité nationale dans plusieurs pays dont les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon, qui lui ont interdit de bâtir un réseau d’internet ultrarapide 5G.

Selon la presse américaine, Washington a lancé une vaste campagne auprès de pays alliés pour dissuader leurs entreprises de téléphonie mobile et d’accès à internet d’utiliser les équipements du chinois.

La semaine dernière, l’un des directeurs de Huawei en Pologne a été arrêté par les services de sécurité polonais pour des soupçons d’espionnage.

Ren Zhengfei, fondateur du groupe et ancien ingénieur de l’armée chinoise, a démenti farouchement tout espionnage, dans un rare entretien publié mardi.

Sa fille Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, est au centre d’une querelle diplomatique impliquant Chine, Canada et Etats-Unis.

A la grande fureur de Pékin, elle a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre, sur demande de la justice américaine qui la soupçonne de complicité de fraude pour contourner les sanctions contre l’Iran.

L’agence canadienne de renseignement (SCRS) a exhorté en octobre les universités canadiennes de faire preuve de prudence dans leurs partenariats de recherche avec Huawei.

La prestigieuse université britannique d’Oxford a suspendu cette semaine tout financement en provenance du groupe chinois.

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