Financement : Les leviers de Sonko

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La fiscalité, les ressources naturelles et la réduction du train de vie de l’Etat sont les trois leviers de financement sur lesquels Ousmane Sonko compte s’appuyer pour financer l’économie du Sénégal, s’il est élu au soir du 24 février.

Le programme de développement du candidat Ousmane Sonko repose sur ‘’l’impératif d’industrialisation’’. Et pour cela, il faut d’abord de la matière première pour les usines. C’est ainsi que dans l’agriculture, au-delà de revaloriser les vallées fossiles, Sonko promet des réformes foncières et agraires hardies, afin de permettre aux paysans de disposer de titres de propriétaire leur permettant de lever des fonds. Il prévoit  également de généraliser le système de prévoyance sociale à tous les travailleurs, sans oublier son ‘’programme ambitieux pour l’école publique qui a formé 4 présidents et qu’on a saboté actuellement’’ ainsi que la pêche et l’élevage.

Mais pour la locomotive de Sonko-Président, l’heure n’est plus à un chapelet de promesses sans précision sur la faisabilité. A son avis, le peuple est devenu exigeant et ne peut plus se suffire d’engagements non argumentés. De ce fait, lui qui se veut le candidat de la rupture, a décliné ses leviers de financement. ‘’Certains leaders sous-estiment le peuple, ils pensent que vous n’êtes pas intelligents, c’est pourquoi ils refusent de faire des propositions techniques. Mais nous, nous allons le faire, parce que nous ne vous sous-estimons pas’’, a-t-il lancé.

Renégocier les contrats ou même renationaliser

Après une tentative d’expliquer le budget dans un langage accessible, en prenant exemple sur la famille, Ousmane Sonko a abordé la fiscalité, principale mamelle de l’Etat. Sur ce point, il a fait une annonce qui devrait plaire aux employés et au patronat. ‘’Nous allons baisser les impôts. L’impôt sur les sociétés, qui est de 30 % actuellement, sera réduit à 23 %. Pour les particuliers, celui qui n’a pas un revenu de 250 000 F Cfa ne payera pas un franc’’, promet-il. A l’inverse, il ira à l’assaut des niches oubliées par le régime fiscal actuel et surtout les exonérations accordées aux multinationales.

Le deuxième levier de Sonko tourne autour des ressources naturelles. Face aux étudiants, à l’Ucad, il a promis que la part du Sénégal sur ces ressources, actuellement à 10 %, se situera au-delà de 50 % sur les 5 ans. Lors du meeting, il est allé plus loin, promettant que si les négociations peinent à aboutir, il passera à la nationalisation.

En 5 ans, multiplier par 5 le budget du Sénégal

Le troisième levier est la réduction du train de vie de l’Etat. Selon lui, rien que ces trois sources de financement font des milliers de milliards, particulièrement les taxes à payer sur le pétrole. ‘’On peut multiplier par 5 le budget du Sénégal sur 5 ans’’, assure-t-il. Si l’on en croit le leader du Pastef, chaque ministre a 3 véhicules 4X4, 2 berlines, au point que même le chien est transporté à bord d’une voiture chez le vétérinaire. A titre d’exemple, il a demandé aux Sénégalais de voir le nombre de voitures immatriculées Ad abandonnées dans la rue, parfois pour défaut d’une seule pièce. ‘’Vous ne pouvez pas savoir le niveau de gaspillage dans l’Administration. Je sais de quoi je vous parle, j’ai été haut fonctionnaire’’, a-t-il ajouté.

Si l’on en croit le candidat, tout ce gaspillage est le fruit de surfacturation qui est la source de magouilles et de détournements des deniers publics. D’après lui, une étude a montré que la surfacturation s’élève à 11 % dans les pays développés. ‘’Cela veut dire que dans nos pays, nous ne sommes pas à moins de 30 %’’, dixit Sonko. Et même si on se limite aux 11 %, renchérit-il, si on le rapporte au dernier volume de marchés publics, cela fait plus de 300 milliards sortis des caisses de l’Etat par le biais de la surfacturation.

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