Cette crème lavante protège… d’une contamination nucléaire

0
164
Appelée Calixarène et commercialisée par le laboratoire Cevidra, cette crème lavante contient une molécule qui permet d’empêcher les éléments radioactifs de pénétrer dans le sang par la peau, en cas de risque de contamination.

Une crème lavante pour se protéger du risque de contamination nucléaire, ce n’est désormais plus un mythe. Comme le rapporteFrance Info, le produit Cevidra® Calixarene est issu des travaux de 10 ans de recherches menées par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Cette nanoémulsion se présente comme un tube de pommade classique. Mais elle contient en fait une molécule, le calixarène, qui bloque les radioéléments comme l’uranium ou le plutonium, et réduit leur passage dans le sang.

Selon les chercheurs, la crème lavante Cevidra® Calixarene serait à95 % efficace. Elle est pour le moment utilisée par les travailleurs des centrales nucléaires françaises, en cas d’exposition à la radioactivité. Car malgré leurs protections, telles que leur combinaison, leurs gants ou leur masque, le risque de contamination pour ces professionnels est loin d’être nul. « Il peut y avoir des situations où il y a rupture de confinement et donc exposition, à travers un gant qui s’arrache par exemple à travers un outil coupant ou tranchant », illustre ainsi à France Info Guillaume Phan, chercheur à l’IRSN.

UNE DÉCONTAMINATION IMMÉDIATE ET RAPIDE

« Actuellement, la prise en charge d’urgence consiste à déshabiller la personne exposée, lui demander de se moucher puis de nettoyer sa peau et ses cheveux sommairement, le plus rapidement possible », explique quant à lui Denis Josse, conseiller technique dans le domaine des risques nucléaires, biologiques ou chimiques, dans le magazine Repères n°39 de l’IRSN. Or selon les scientifiques, ce lavage simple avec des produits d’hygiène de tous les jours peut empirer la situation. Il favoriserait en fait le passage des contaminants sous la peau. « La valeur ajoutée [du Cevidra® Calixarene] vient du fait qu’il permet d’initier la décontamination sans attendre de prendre une douche sur place », indique ainsi Denis Josse.

À long terme, cette crème lavande pourrait être accessible au plus grand nombre en cas d’accident nucléaire ou d’acte de malveillance, rapporte France Info. Les ouvriers des futurs démantèlements de centrales ou les employés des hôpitaux pratiquant la médecine nucléaires pourraient eux-aussi en avoir l’usage. Les chercheurs tentent désormais d’aller plus loin que la solution d’urgence, et cherchent un moyen de « capter dans les organes les radionucléides contaminants », une fois que la radioactivité est déjà entrée dans l’organisme.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here