“ET LES MÉDIAS AVAIENT TORT SUR IDY…” PAR ALIOUNE BADARA GUEYE

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Il ruse beaucoup mais il ne ment jamais – Il est nuancé et très précis dans ses démarches et objectifs, mais malheureusement la plupart des gens ne sont pas très attentifs aux signes de la vie de cet homme

« Idy est un homme nuancé et rusé mais c’est aussi un homme précis et juste !»

Depuis quelques années, le cadrage de l’information, dans le paysage médiatique au Sénégal, contribue à façonner l’image d’hommes et de femmes dont les discours participent à la structuration de l’espace politique. C’est sûrement pour cette raison que le sociologue de la communication, Éric Maigret, assure que « les médias de masse constituent le fait communicationnel le plus original et le plus déterminant dans les sociétés qui se définissent désormais par la démocratie ». Assurément, les médias offrent un espace informationnel permettant à des entrepreneurs moraux de montrer leur indignation en tenant des discours qui font le portrait-robot d’acteurs politiques tortueux participant à la construction de la perception des citoyens sur ces derniers.

Dans le cas d’Idrissa Seck, nous pouvons aller plus dans notre analyse en s’arc-boutant sur « l’effet d’amorçage » qui explique les « critères de jugement » utilisés par le public pour se faire une opinion sur les partis et les candidats, notamment en période électorale. Cette opinion est souvent le fruit d’agissements souterrains de certains acteurs politiques afin créer et d’entretenir l’idée selon laquelle un homme politique comme Idrissa Seck n’est animé que par le désir d’être président du Sénégal. Pourtant, l’ancien édile de la ville de Thiès est bien conscient que la victoire appartient au divin. Dans l’émission « En toute liberté » tourné en 2001 sur la RTS, il affirmait déjà qu’ils est « convaincu, sans aucune partielle de doute, que la victoire procède du secours d’Allah », invoquant, comme à son habitude, un verset du coran : « Idâ jâ-a nasroul-lahi wal fat’h : quand viendront le secours divin et la victoire ».

Malgré cela, une partie importante des sénégalais semble avoir une perception négative du candidat Idrissa Seck. Perception qui, politiquement et électoralement, compte mais qui est, le plus souvent, très loin de la réalité. Seulement, le président du conseil départemental de Thiès considère que les phénomènes politiques comme les phénomènes sociologiques ou autres se développent toujours sans que nous sachions en identifier les origines. Ce qui laisse libre cours à des spéculations interminables que l’acteur politique doit maîtriser en y mettant un terme. Dans son cas, il s’agira d’abréger certaines déclarations sur sa volonté irréfragable d’exercer le pouvoir. Des allégations qui poussent certains détracteurs à le considérer comme un profiteur, ivrogne du pouvoir à l’ambition démesurée. Mais, pour Idy, ces réflexions abjectes ne sont qu’une épreuve divine pour laquelle il se doit d’être endurant d’une belle endurance ; car comme cité dans l’un des versets du coran, « Innallaha ma’as sabireen : Dieu est avec les endurants ».

Néanmoins, les déclarations fallacieuses autour de sa personne et de sa candidature peuvent lui être fatale étant donné qu’il existe sociologiquement des effets persuasifs de l’information médiatique. Formellement, les informations peuvent contribuer à influencer les récepteurs (électeurs) en mettant en évidence tel aspect d’un candidat plutôt que tel autre.

D’ailleurs, la théorie de « l’agenda-setting » proposée par Maxwell McCombs et Donald Shaw en 1972 nous renseigne suffisamment sur les dangers que risque une personnalité publique comme Idrissa Seck en ne mettant pas une limite sur la façon dont il est dépeint dans les médias. En effet, la stratégie du silence adopté par Idy peut renfermer des contre-coups et renforcer l’opinion négative des citoyens dont la réception des messages est socialement située.

En fait, malgré ses qualités irrécusables d’homme d’État, capable de faire fi des allégations portées à son encontre dont le seul but est de projeter un portrait diabolique de sa personne en le considérant comme le clone du diable, il devrait apporter plus de précisions lorsqu’on le charge sur certains points au risque d’alimenter la polémique et de se laisser abattre tout seul. De fait, même si au niveau de l’émetteur la communication médiatique est marquée par un processus de « clôture du sens », théorisé de manière stimulante par Stuart Hall, ce sont les critères sociaux et culturels qui régissent l’interprétation des messages diffusés. Chaque individu possédant, si l’on se réfère à Elihu Katz, un capital culturel (de codes, de valeurs, de savoirs, d’attentes) variable selon les groupes auxquels il appartient ; ce qui détermine la capacité d’interprétation et de discernement des uns et des autres. En réalité, c’est cette différence originelle dans l’aptitude d’interprétation de chaque individu qui doit obliger Monsieur Seck à inscrire socialement son discours pour expliciter ses propos lorsqu’ils sont attaqués ou caricaturés.

Néanmoins, depuis quelques temps, Idy et son et son équipe intègrent cette donnée politique en apportant plus d’éclairages sur certains points qu’ils ignoraient ou sur lesquels ils prêtaient peu d’attentions. Cette démarche nouvelle n’est pas sans conséquences. En effet, dans la perspective des l’élection présidentielle de ce 24 février, Idrissa Seck, qui profite de « l’élimination » de certains ténors, est l’homme politique qui enregistre le plus de ralliement dans sa coalition alors qu’il était considéré par certains analystes et observateurs comme le bois mort de la politique sénégalaise. D’ailleurs, du fait de son endurance et de sa persistance, une victoire dans ces élections est quelque chose de probable. Outre ces qualités intellectuelles qui lui procurent un statut de candidat sérieux dans la course à la présidentielle, il a un programme et une vision qui peuvent faire de lui un bon président pour le Sénégal, malgré sa nuance génétique.

Assurément, Idy est un homme nuancé et rusé mais c’est aussi un homme précis et juste (propos qu’il avait lui-même tenus à l’endroit du président Wade en 2001 dans l’émission En toute liberté). Il ruse beaucoup mais il ne ment jamais. Il est très nuancé et très précis dans ses démarches et dans ses objectifs mais malheureusement la plupart des gens ne sont pas très attentifs aux signes de la vie de cet homme. Certains considérant même que son plus grand défaut est qu’il demeure foncièrement nuancé. Toutefois l’homme considère, que cette nuance n’exclut, en aucun moment, la transparence qu’il doit au sénégalais. Au contraire ! D’ailleurs, ne confondrions-nous pas la nuance, qualité en politique, à la tortuosité alors que dans les différentes langues, la synonymie exacte n’existe presque pas. Chaque mot possédant, en lui, une charge particulière qu’il porte. La nuance d’Idy résiderait dans sa capacité à être particulièrement soigneux dans le choix des mots qu’il utilise dans chacun de ses discours. Faut-il rappeler que depuis son départ du PDS, Idrissa Seck a toujours eu l’œil rivé sur son objectif présidentiel mais c’est le recrutement de différents outils ainsi que son discours, du moins dans son cadrage qui peuvent laisser le sentiment à l’observateur inattentif qu’il dévie mais son chemin est parfaitement droit, il n’y a aucune tortuosité. L’objectif pour lui est clair, c’est servir le Sénégal ; et les outils pour le faire c’est d’engager et de poursuivre la bataille avec les sénégalais, donc au rythme des sénégalais pour un Sénégal gagnant.

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