“Gully Boy”: une fable bollywoodiennne contre les tabous de la société indienne

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Deux stars du “Bollywood” ont présenté samedi le film “Gully Boy” à la Berlinale, une super-production mise en scène une fois n’est pas coutume par une femme qui s’attaque aux tabous de la société indienne.

Ranveer Singh and Alia Bhatt, deux géants du célèbre cinéma musical indien, portent de toute leur notoriété ce film aux accents de conte de fée racontant l’histoire d’un couple de jeunes qui aspirent à sortir de leur ghetto de Bombay et à rompre avec leurs familles musulmanes traditionnelles pour réaliser leurs rêves.

“Il y un aspect sur les divisions sociales, un aspect sur les choix que font les jeunes, s’ils veulent rester dans quelque chose qui ne leur apporte aucun épanouissement ou bien veulent poursuivre leur passion”, explique Ranver Singh, dont le personnage Murad connaît une carrière fulgurante après avoir posté la vidéo de son premier rap sur le net.

Le personnage d’Alia Bhatt, Safeena, porte le foulard musulman traditionnel mais résiste aux tentatives de sa famille d’arranger son mariage et veut devenir chirurgienne.

Murad et Safeena s’aiment depuis leur enfance mais ont tenu leur relation secrète.

“Il est difficile de savoir qui peut se sentir offensé par le film ou pas”, estime la jeune femme à propos des thèmes sensibles qu’il aborde.

“Concernant mon personnage Safeena, je ne pense pas que porter son hijab lui pose problème et je ne pense pas qu’elle a un problème avec sa culture”, poursuit-elle. Mais “son problème est qu’elle n’est pas en mesure d’être honnête avec ses parents”.

M. Singh, qui rappe dans le film inspiré en partie par les stars du hip hop de Bombay Divine et Naezy, explique qu’il lui a fallu neuf mois de préparation avant de se sentir prêt à se produire devant une caméra.

“J’aime le rap et le hip-hop depuis que je suis gamin”, raconte-t-il.

“J’ai commencé à écouter MC Hammer, Vanilla Ice et Will Smith, puis je suis passé à un rap gangster un peu plus dur avec Tupac, le Wu-tang Clan, NWA puis Eminem”.

– “Gully Rap” –

Dans le film, Murad cherche à s’évader des tensions dans sa famille par la poésie, quand un rappeur local le convainc d’essayer le hip-hop.

Mais la situation se dégrade et son père, un personnage violent, le met à la porte de même que sa mère, car il a pris une épouse plus jeune.

“Pour moi, le fait qu’il se marie une deuxième fois n’est pas aussi insupportable que le fait que sa première femme ne peut pas se permettre de partir”, commente pour l’AFP la metteuse en scène Zoya Akhtar.

“Parce qu’elle n’a pas les moyens financiers de partir et n’a nulle part où aller. Pour moi c’est le plus gros problème”, dit-elle. “Cela ne devrait pas être des tabous car cela existe et cela se passe”, dans notre société.

Pour Zoya Akhtar, le hip-hop est une incroyable source de libération et se devait d’accompagner son film. “J’ai réalisé qu’il y avait tout un mouvement appelé +Gully Rap+ -gully voulant dire rue. Cette jeunesse urbaine n’est pas du tout représentée dans le mainstream et pourtant elle a des choses à dire.”

Le point fort du film est un concours entre rappeurs à Bombay en première partie d’un concert du rappeur américain Nas.

Mme Akhtar fait partie d’une génération montante de metteuses en scène, à laquelle appartient aussi sa cousine Farah Khan. Elles ont salué l’arrivée progressive du mouvement #MeToo contre le harcèlement sexuel des femmes, tout comme les stars de “Gully Boy”.

“Maintenant nous vivons dans une société qui a évoluée (…). Les hommes mettent en question leurs actes et leur façon de regarder les femmes”, estime M. Singh.

Sa partenaire Alia Bhatt approuve mais craint des répercussions négatives. “J’espère maintenant que les gens ne vont pas commencer à prendre tout cela comme une excuse pour ne pas travailler avec une femme ou pour ne pas donner un travail à une femme”, dit-elle.

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