Remodelage institutionnel : le HCCT et le CESE en sursis ?

0
186
Le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), dirigé par Ousmane Tanor Dieng et le Conseil économique, social et environnemental (Cese) avec à sa tête Aminata Tall sont en sursis. Ces deux institutions semblent vivre leurs derniers instants.
En tout cas, des proches du président de la République et non des moindres, militent en faveur de leur dissolution. Dans ses «douze propositions de réformes dans la corbeille», entrant dans le cadre de la modernisation de la vie publique dans ce qu’il appelle un «dialogue ouvert et constructif», Moustapha Diakhaté, ministre chef de Cabinet du président de la République et ancien président du groupe parlementaire de la coalition Benno Bokk Yakaar, propose sa suppression et le transfert de ses compétences au Sénat. Moustapha Diakhaté préconise ainsi la restauration du bicaméralisme avec élection de tous les sénateurs.

Pour ce qui est du Cese dirigé par Aminata Tall, il propose qu’il soit destiné aux seuls acteurs économiques, sociaux et environnementaux pour des mandats de 6 ans non renouvelables.

Enseignant en droit constitutionnel à l’Université de Thiès et conseiller juridique du Premier ministre sortant, Mounirou Sy, invité, hier, du “Grand Jury” de la Rfm, propose également la suppression de l’institution dirigée par le secrétaire général du Ps. A l’instar de Moustapha Diakhaté, il propose lui aussi et le plus rapidement possible, un parlement bicaméral avec le retour du Sénat et la suppression du Hcct. Et contrairement au Hcct où la grande majorité des membres sont nommés par le président de la République, le spécialiste du droit constitutionnel réclame la fin des quotas présidentiels et l’élection de tous ses membres au suffrage universel. Cela permettra, selon lui, de le rendre crédible et de faire de son président, la deuxième personnalité du pays qui devra assurer la vacance du pouvoir en cas d’empêchement du président de la République.

Le Hcct et le Cese sont décriés par de nombreux observateurs et même par certains acteurs de la société civile. Ils sont considérés comme budgétivores, inutiles et ne servant qu’à caser une clientèle politique, des retraités, en particulier. Pour l’exercice 2019, le budget de la structure dirigée par Ousmane Tanor Dieng a été arrêté à 8 640 000 000 milliards de francs Cfa. Quant au Cese, son budget, pour la même période, a été arrêté à 6 227 590 000 de francs Cfa. C

es deux institutions, malgré leur budget énorme, ne donnent que des avis que les présidents de la République ignorent souvent. Habib Sy, le dernier directeur de Cabinet du président Abdoulaye Wade, a déclaré que ce dernier n’a jamais jeté un coup d’œil sur les rapports produits par le Craes, ancêtre du Cese et par le Cese, lui-même. Ces institutions sont contrôlées par des alliés du président de la République. Les opposants pourraient mettre leur dissolution sur la table du dialogue que le Président réélu a appelé de ses vœux. Une manière pour eux de mettre en mal Macky Sall avec ses alliés.

walfquotidien

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here