Scandale à l’Oif : L’argent de la drogue circulait dans une voiture diplomatique

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L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est éclaboussée par une sombre affaire de blanchiment à Paris : un des chauffeurs se pensait intouchable et sillonnait la capitale française et sa banlieue pour collecter de l’argent liquide pour le compte de banquiers occultes.
Les policiers n’étaient pas forcément lancés dans une partie de pêche au gros. En janvier 2018, ils démantèlent un gang de voleurs qui voulaient s’en prendre à un homme employé comme chauffeur au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Paris.

Mais ces professionnels n’ont pas choisi leur cible au hasard. Et l’homme qu’ils voulaient « rançonner » était un peu plus qu’un simple chauffeur. Il était le rouage essentiel d’un vaste réseau de collecteurs d’argent et de blanchiment lié au trafic de drogue. Plusieurs centaines de milliers d’euros d’argent sale sont ainsi passées de mains en mains. Il y a quelques semaines, après plus d’un an d’investigation, les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) ont fini par interpeller ce fameux chauffeur, véritable cheville ouvrière du trafic. Au moment de son arrestation, il s’apprêtait à remettre près de 100 000 euros en liquide à un particulier, interpellé en même temps que lui. Une vraie surprise pour celui qui se pensait « intouchable ».

« Il roulait tous les jours au volant d’un véhicule immatriculé en corps diplomatique et croyait aussi bénéficier de cette immunité, confie un policier.
Mais après vérification, il s’est avéré que seule la voiture qu’il conduisait bénéficiait de cette protection. » Placé en garde à vue après son arrestation devant son lieu de travail, situé dans le VIIe arrondissement de la capitale. Mostafa C., 50 ans, a livré sa version des faits. Ce père de trois enfants, employé depuis 1998 par l’OIF, a soutenu s’être livré à la collecte et à la remise d’argent pour « arrondir ses fins de mois ».

Des collectes et livraisons opérées pour le compte de deux donneurs d’ordre, dont un certain Abderrahim domicilié à Casa- blanca au Maroc.
Présenté à un juge de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, Mostafa C., également connu sous le surnom El Haj de Paris, a été mis en examen avant d’être placé en détention provisoire. Deux de ses complices ont
également été mis en examen.
Le premier a été incarcéré tandis que le second a été placé sous contrôle judiciaire. Les donneurs d’ordre, des banquiers occultes, également baptisés « sarafs », n’ont, eux, pas pu être interpellés.

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