Changer de régime alimentaire pour sauver la planète !

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Une nouvelle commission internationale a été mise en place pour travailler sur une vision transversale de l’alimentation incluant la santé mais aussi le futur de la planète. Pouvez-vous nous présenter cette commission et son travail ?

Cette commission internationale a été mise en place par le journal scientifique Le Lancet et EAT, une Organisation Non Gouvernementale Suédoise qui travaille sur la transformation des systèmes alimentaires. Cette commission s’appelle “The EAT – Lancet Commission on Food, Planet and Health” qui se traduit en français par la commission sur l’alimentation, la planète et la santé. Ce titre n’est pas anodin, il montre la volonté de cette commission de travailler sur les systèmes alimentaires pour parvenir à un consensus scientifique définissant un régime alimentaire sain et durable.

Les chercheurs qui composent cette commission ont réalisé le premier examen scientifique complet afin de proposer une alimentation saine à partir d’un système alimentaire durable et d’actions qui peuvent accélérer la transformation du système alimentaire. Ceci ayant au final pour but d’améliorer la santé de la population mondiale tout en respectant au mieux l’environnement et plus largement la planète.

 

Quels sont les principaux résultats publiés par cette commission ?

Tout d’abord, c’est un constat global important. En 2050, 10 milliards de personnes vivront sur terre. Avec cette croissance de la population, si l’on souhaite limiter l’impact environnemental de notre modèle alimentaire et donc le réchauffement climatique, mais aussi si l’on veut sauver plus de 11 millions de personnes par an de décès dus aux différentes formes de malnutrition (sous nutrition et obésité), il va falloir adopter des régimes alimentaires plus durables. Ils devront absolument prendre en compte le rôle majeur de l’agriculture extensive, en particulier de l’élevage du bétail, dans le changement climatique, la destruction de la faune et la pollution des rivières et des océans.

Et ensuite un constat plus spécifiquement lié aux régimes alimentaires : il apparaît très clairement qu’à l’échelle mondiale, il faudrait diminuer par deux la consommation de viande rouge et de sucres et dans le même temps doubler la consommation de fruits, de légumes, de légumineuses et de noix. Cet enjeu est encore plus important dans les pays industrialisés. En effet, par exemple, les Nord-Américains devraient consommer 84% de viande rouge en moins tout en parallèle en consommant six fois plus de légumes et de légumineuses.

 

Quel régime alimentaire proposent-ils pour atteindre ces objectifs ?

Le modèle alimentaire qui est proposé est un modèle raisonnable en calories avec en moyenne 2 500 calories par jour. Il est aussi basé en grande partie sur la consommation de fruits, de légumes et de légumineuses. Mais attention ce n’est pas un régime végétarien car il y a encore la consommation de viande rouge ramenée à une portion par semaine et aussi de poissons dont la consommation est ramenée à deux portions par semaine. Il contient aussi un verre de lait par jour, un ou deux œufs par semaine ainsi que du fromage et du beurre en quantité raisonnable.

La partie centrale de ce régime est composée de fruits et légumes. En effet, ce régime recommande que les légumes et les fruits représentent la moitié de chaque plat et qu’un tiers des plats doivent être constitués de céréales complètes. Il est important de noter que la majorité des protéines de ce régime doivent provenir des légumineuses comme les lentilles ou encore les pois chiches.

Toutes ces recommandations permettent de mettre en place un régime alimentaire sain mais aussi qui soit flexible varié et agréable.

 

Pourquoi les légumineuses sont-elles une place aussi importante dans ce régime alimentaire ?

Car, comme le rappelle régulièrement l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, les légumineuses sont une excellente source de protéines pour remplacer les protéines de la viande si l’on diminue la part de la viande dans son régime alimentaire. En plus, la production des légumineuses est meilleure pour préserver notre environnement. En effet, l’empreinte carbone de la production de légumineuses est beaucoup plus faible que celle de la viande. Mais aussi, nous ne devons pas oublier qu’il faut, en moyenne, 13 000 litres d’eau pour produire 1 kg de bœuf contre 50 litres d’eau seulement pour 1 Kg de légumineuses.

Par: RFI

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