Pape Mahawa Diouf: « Le fil du dialogue n’a jamais été rompu »

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Démissionnaire du Pds en 2007 pour soutien affiché à Macky Sall, alors en disgrâce, Mahawa Diouf est bien un fidèle de la première heure. L’ancien conseiller technique d’Abdou Latif Coulibaly au ministère de la Bonne gouvernance n’est pas un tonneau vide. Brillant intellectuel, cet ancien pensionnaire de l’Université Charles De Gaulle de Lille 3 est nanti de nombreux parchemins. Titulaire d’un master en communication sociale spécialisé en changement et cycles de l’innovation, il a décroché sa maîtrise à Marseille avant de retourner au Sénégal en 2010, pour occuper la direction du marketing de Marie Stopes International. Coordonnateur de la cellule de Communication de la coalition Benno Bokk Yakaar depuis 2017, il fut conseiller en relations publiques du DG de l’Aibd en charge du transfert de l’aéroport de Yoff à Diass, avant d’occuper le poste de secrétaire général de LAS en charge de la gestion de l’aéroport international Blaise Diagne. Coordonnateur de la cellule de communication de la coalition Benno Bokk Yakaar, il tient bien au poste et résiste aux coups de boutoir de camarades du camp présidentiel, qui lorgnent son fauteuil de communicant de la majorité présidentielle. Mahawa Diouf passe ici en revue avec “Kritik” quelques questions d’actualité.

Fast Track
L’importance du Fast Track s’explique par la nécessité d’une conduite rapide et efficace des programmes publics dans un contexte particulier, de second mandat, où le chef de l’Etat s’engage à satisfaire des promesses et à respecter certains engagements. Vous savez que du fait de notre signature internationale, le pays a levé 7700 milliards F Cfa lors du dernier groupe consultatif de Paris et nous avons un temps réduit dans le chronogramme pour consommer ces montants. Avec les programmes bien ficelés, planifiés en fonction des priorités et urgences, nous pouvons y arriver en un temps record, comme ce fut le cas à Diamniadio. C’est cette obligation de résultats qui justifie cette trouvaille, qui en somme, est même un pragmatisme réel pour étouffer les goulots d’étranglement.

Suppression poste PM

Vous savez, le président de la République a une légitimité issue du suffrage universel et c’est sa responsabilité qui est engagée au premier plan, dans la conduite des affaires de l’Etat. C’est une évidence que c’est pour aller vite, faire face aux grands chantiers du quinquennat qui ne sont pas de minces affaires. Deux millions d’emplois, vingt mille logements par an, la poursuite des programmes entamés, l’amélioration et la dynamisation du service public, donc si cela permet de raccourcir les délais sur la chaîne de décision, c’est productif. Aller droit au bout d’autant plus que la réforme est purement administrative et que le Pm est là pour aider le pilote qui est le président, à bien tenir la barque.

De volonté hégémoniste du président, il n’en est pas question, le poste de Pm est subsidiaire car il n’existe que par le décret. Il n’y a aucun nouveau pouvoir pour le chef de l’Etat bien au contraire, cette réforme est une nette amélioration surtout dans les relations entre pouvoir législatif et Exécutif. Certainement, ce sont les mécanismes de conduite qui changent avec à la clé, un dispositif institutionnel qui libère la charge du pouvoir au détenteur légitime qu’est le chef de l’Etat.

Dialogue politique

Quel que soit l’angle, c’est toujours salutaire. Il faut juste rappeler que le dialogue est permanent et cela ne date pas d’aujourd’hui. En 1998, en 2000, et même pour les dernières élections, le fil du dialogue n’a jamais été rompu et l’initiative émane toujours du président Sall.

Pour ce cas-ci, c’est même une exigence républicaine pour poser sur la table les questions essentielles pour les Sénégalais. L’éducation, la santé, l’enseignement supérieur, les faits récurrents de violence urbaine, la posture du Sénégal sur l’international, il y a énormément de sujets que nous ne pouvons pas passer sous silence. Il n’y aura pas de sujet tabou et tous les secteurs actifs de la nation doivent prendre part à ces conclaves pour éviter que ce soit juste un dialogue électoral.

Rappelons juste que Macky Sall a institué le dialogue comme mode de gouvernance et même pour les grands chantiers du premier mandat, des concertations ont été organisées aussi bien pour l’amorce de l’acte 3 de la décentralisation que pour toutes les étapes de gouvernance. Aujourd’hui, il n’y à aucune raison de casser cette dynamique et je crois qu’il faut même l’instituer. Il faut le dire aussi, notre pays a besoin d’un climat apaisé aussi bien pour les affaires que pour l’image démocratique qu’il véhicule.

Avec les fortes prévisions budgétaires nous sommes, aujourd’hui, à la croisée des chemins et les projections d’ici 2024, avec un taux de croissance de 9,5%, exigent une mobilisation exceptionnelle des forces vives de la nation. Il faut optimiser le pouvoir d’achat des Sénégalais et tendre vers une émergence inclusive qui ne laissera aucun Sénégalais en rade. Et pour cela, je crois, le pays à besoin de stabilité et d’une conscience émergente qui transcende les intérêts de clans. Le défi majeur à ce niveau, c’est de trouver la bonne alchimie pour impliquer les Sénégalais dans la dynamique imprimée par le Chef de l’Etat.

Insécurité, série de meurtres

Je ne suis pas d’avis que le Président Macky Sall s’est dérobé en programmant le conseil présidentiel en Août. L’Etat, c’est de la planification, et le Président a engagé aujourd’hui son gouvernement dans plusieurs chantiers et il ne sert à rien de prendre des décisions à la va-vite. C’est une question d’importance pour laquelle il faut apporter des réponses plausibles et pour avoir des mesures qui impactent réellement, il faut du temps et une bonne maîtrise des enjeux pour avoir des solutions viables.

Je voudrais, si vous le permettez, présenter mes condoléances aux familles des victimes et m’arrêter, sur un cas singulier, pour le déplorer et m’en émouvoir. C’est le cas de feue Bineta Camara. Je suis consterné et révolté contre ce crime crapuleux et je félicite au passage la police nationale, qui fait des résultats au quotidien mais dont le travail n’est visible, appréciable, que pour des cas médiatisés à outrance comme ce fut à Tambacounda. Et pourtant, c’est au quotidien que la police abat un travail inestimable et ces héros méritent respect et considération de la part de toute la nation.

Affaire Thione Seck

Excusez-moi, je ne peux pas dire beaucoup de choses sur ce dossier car c’est dans ma nature de ne pas commenter les décisions de justice. Il y a l’autorité de la chose jugée et pour moi, c’est un principe fondamental que je ne veux transgresser en aucun cas.

Avenir Benno Bokk Yakaar

Avec cette coalition qui est la plus large, la plus vieille de l’histoire politique de notre pays, on a réalisé beaucoup de choses et des pas importants ont été franchis grâce au dynamisme de la coalition. Si on maintient le cap, et je pense que cela va être le cas, avec de nouveaux acteurs, nous pouvons engager les grands chantiers dans la production nationale, les réformes, l’industrialisation et le développement.

Le leadership avéré du président Sall nous a permis d’avoir une direction claire et un crédit international jamais égalé. Tous les voyants sont au vert et nos alliés ont une réelle expertise à faire valoir. Soit ils ont exercé le pouvoir à de hautes fonctions soit ils ont une expérience avérée de l’opposition, mais ils ont tous une expérience à faire valoir au service du pays. Et en son sein, le moment venu, Benno saura trouver les ressources nécessaires pour maintenir le cap, car derrière ces célèbres leaders qui ont tout donné pour le pays, poireautent de jeunes loups qui sauront relever les défis.

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