Idrissa Seck: le prophete de la politique sénégalaise par Cherif Ben Amar Ndiaye

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Que l’on ne se méprenne pas sur le titre choisi.Il ne s’agit nullement de considérer Idrissa Seck comme un envoyé de Dieu.En tant que musulmans nous croyons fermement que MOHAMET(psl)est selon la vérité coranique le dernier des envoyés d’ALLAH.Il s’agit simplement de le situer dans son rôle éminemment prépondérant dans la vie politique sénégalaise.Sa stature et sa hauteur d’esprit dans ses prises de position et ses actes politiques sont empreintes d’une inspiration »divine »,par le fait que l’homme donne assez souvent la connaissance d’évènements à venir et les annonce en les pointant du doigt avec une précision redoutable dans l’analyse prospective. Ses « prophéties »sont souvent plus des mises en garde assorties de l’annonce de dangers que des prédictions inconditionnelles répondant généralement à une angoisse collective ou à un sentiment d’impuissance populaire.Mais hélas, »Nul n’est prophète dans son propre pays » cette expression biblique traduit parfaitement son isolement et son incompréhension dans le landerneau politique sénégalais.Pourtant ce « prophète »incompris a très souvent raison.
Il fut l’un des premiers à dénoncer avec virulence et véhémence l’insidieuse monarchisation du pouvoir de Wade. »Le fils biologique à la place du fils d’emprunt » :Cette vision juste avait fait rire beaucoup d’observateurs politiques qui n’y voyaient là que le cri de désespoir d’un impatient et assoiffé de pouvoir,aidés en cela par la grosse propagande médiatique du système-Wade,jusqu’à l’avortement du funeste projet de réforme contitutionnel du 23 juin 2011.Les sénégalais venaient d’être édifiés à l’idée que le Vieux président voulait chauffer son fauteuil pour son fils.Aujourd’hui, avec l’actualité judiciaire des biens mal acquis,on comprends pourquoi et encore mieux le lapsus révélateur de Serigne Macké Ndiaye »Si nous perdons le pouvoir,nous risquons tous d’aller en prison ».
Il fut également l’un des premiers sinon le premier à dénoncer avec obstination la candidature illégale et anti-constitutionnelle du président Wade.En face du président et en direct à la vue télévisuelle du peuple sénégalais,il le déclarait haut et fort,provocant ainsi un débat national sur la question.Même si le conseil constitutionnel lui opposa un déni de droit,le peuple encore édifié et éclairé a dit le droit et congédié le Vieux président.
Il fut encore et toujours fidèle à lui-même,le premier à sonner l’alerte sur les insuffisances et dérives du régime de Macky Sall.Il claque la porte du Benno Bok Yakaar qui resta ouverte pour permettre aujourd’hui la sortie de bien d’autres personnalités qui découvrirent sur le tard la supercherie de cette coalition qui n’avait plus sa raison d’être et qui n’était maintenu que pour museler les candidats non adeptes du « Yoonou Yokuté ».
Le temps finit souvent par lui donner raison sur le terrain de la stratégie politique.Les « Banquiers » de Macky Sall en ont fait les frais et l’inflexion amorcée sur la politique de recherche de financements extérieurs pour booster l’économie,compte tenu des marges budgétaires que permettait encore notre taux d’endettement,confirme ses réflexions critiques réaffirmées sur les ondes de RFM.
Trop souvent victime de faux procès organisés alors par des pourfendeurs à la solde de Wade et ses acolytes,les événements survenus confirment souvent sa vision.On se souvient de ses réticences à exécuter les fameux et fumeux projets de Wade.Non pas parce qu’ il était contre le fait d’être « le jardinier des rêves »de Wade mais plutôt parce que le souci de bonne gouvernance était son crédo.Il fut écarté et embastillé pour donner libre cours aux malversations et à la recherche effrénée de gains sur les surfacturations de presque tous les chantiers.Une politique érigée en système de gouvernance illustré par la main- mise du fils Karim sur des pans entiers de l’économie nationale.Rappellons que la philosophie politique de Wade est soutendue par l’idée qu’il faut «posséder l’Etat,l’Armée et des Milliards pour gouverner pendant 50 ans ». Il fut incompris et Sali par une histoire rocambolesque des dits « chantiers de Thiés » que son machiavélique initiateur a fini par démentir devant la télévision.L’opinion à l’époque n’a retenu que le « retour trahison » de Idy auprès de Wade.Pourtant en allant au palais rencontrer Wade,il avait posé deux conditions :Être blanchi publiquement et poser parallèlement sa candidature au conseil constitutionnel.Retourné au PDS pour regagner ses « actions majoritaires »prises pendant tout le temps que Wade réfugié à Paris et songeant à abandonner la politique parce que ruiné,avait laissé le parti entre ses mains.Idy lui avait pourtant donner des gages de confiance en voulant se sacrifier comme un « mouton de tabasky » pour sauver son père adoptif et les siens.Les événements actuels ne manquent pas d’ironie.Macky Sall qui fut à l’époque le bras armé pour détruire Idy,se retrouve être le » bourreau » du fils de Wade qui jurait que »tout sauf Idy pour lui succéder ».Dieu maître du temps a envoyé son ange pour épargner Idy,en choisissant Macky pour se salir les mains à exécuter le sale mais nécessaire boulot qui consiste à punir les pilleurs de la république et à réparer le chaos social que lui-même avait aidé à installer.N’oublions pas qu’il avait été le directeur de campagne de Wade en 2007 et qu’il a battu le record de longévité en tant que son Premier ministre(Avril 2004-Juin 2007).
« Il faut laisser du temps au temps »Préconisait F.Miterrand.Il avait compris que le temps est meilleur juge.Le peuple français a attendu sa 3eme candidature pour lui faire confiance.Le temps s’est écoulé suffisamment pour ouvrir les yeux à Abdoulaye Wade et donner raison à Idy qui rêvait de forger un destin de « Mandela »à son père adoptif et voulait lui épargner les naufrages de l’âge et les mirages du pouvoir.Aujourd’hui encore une certaine opinion continue de déverser ses sarcasmes sur Idy sans apporter des preuves irréfutables de leurs dénégations.Macky et ses partisans usent des mêmes méthodes que Wade pour dépouiller Idy de ses collaborateurs.Ces méthodes qui ont creusé le tombeau de l’ancien régime.Les transhumants n’ont jamais permis de gagner à coup sûr les élections.Ils sont plus intéressés par des sinécures que « servir le Sénégal ».En France le cas d’école politique de Eric Besson est là pour servir de contre- exemple qui devrait inspirer les conseillers politiques de Macky théoriciens du « coup d’état rampant ».C’est pourquoi le spectre d’un mandat unique de Sarkozy pèse sur Macky.
Le rôle politique que joue Idy sur la scène politique sénégalaise est non d’être un porte- parole de Dieu bien qu’abusant de la rhétorique coranique,encore moins d’être un prédicateur,mais de prévenir dans le but de changer le présent.Il dénonce l’injustice,les abus et tout ce qui à ses yeux de Soufi(celui qui recherche l’agrément de Dieu) ne va dans le droit chemin.Il montre le chemin et les suffisants ne regardent que sa petite taille pour ne lui renvoyer que la médisance.C’est en cela qu’il irrite et suscite la méfiance et l’incompréhension chez les dirigeants politiques du pays.Il exerce un leaderchip à la fois politique et spirutuel qui une fois au pouvoir va bouleverser bien des privilèges mal acquis et un certain »ordre moral » sénégalais bien- pensant et qui reposent sur beaucoup d’injustice.Ce que nous avons perdu avec Mamadou Dia,nous pouvons peut-être le retrouver chez lui.Mais nul n’est prophète en son pays disions-nous et le temps est meilleur juge parce que c’est le domaine de Dieu.

CHERIF BEN AMAR NDIAYE kaadoubitimrew.com

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