Finale de la CAN 2019 : Algérie-Sénégal, le match de tous les espoirs

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Les Fennecs Algériens et le Lions du Sénégal se retrouvent ce vendredi 19 juillet au Caire pour disputer la finale de la 32ème Coupe d’Afrique des nations (CAN). Un moment à haut risque pour le pouvoir algérien désormais sans vraie base légale et toujours honni par la rue.

C’est ce vendredi, un soir entre tous à haute inflammabilité. Du Caire à Alger en passant par Paris et Marseille, des milliers de policiers et militaires (2500 pour Paris) mobilisés sous tous les uniformes, leur arsenal, canons à eau  panoplie défensive et offensive des grands jours d’émeute. Insurrection internationale ? Juste une finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN).

Motif de l’émoi : non tant la tension du résultat sportif – il y a tout de même un grand favori – pas davantage l’animosité entre les  finalistes – les deux pays et peuples sont en bons termes – mais bien le contexte algérien. Tout une population qui se verrait volontiers, la même année et un peu dans le même élan, cueillir la Coupe d’Afrique des nations et se débarrasser d’un régime politique gangrené.

Sport et politique, le cocktail algérien

C’est devenu un lieu commun : en Algérie, le football n’est jamais très loin de la politique. Avant même son indépendance, l’équipe du FLN – évidemment non reconnue par la FIFA – a joué de 1958 à 1962 un rôle militant et d’ambassade considérable, en près de 80 rencontres résonnant comme autant de défis à travers le monde.

En 1990, le pays en pleine renaissance démocratique remporte à domicile la  finale de la CAN. Rétrospectivement triste prélude, sans doute, à la décennie noire de la guerre civile, mais un souffle d’euphorie gravé dans les mémoires.

Dans un pays politiquement verrouillé, socialement et religieusement contenu, le stade joue le rôle de défouloir. Parfois vulgaire, souvent drôle, à l’occasion violent, un ferment contestataire, en tout cas, désagréable aux narines du régime. En Algérie, « les stades ont toujours été un lieu de contestation politique » et les « véritables pourvoyeurs des slogans anti-pouvoir et de la critique du pouvoir », souligne à l’AFP le sociologue algérois Noureddine Bekkis.

La double épopée

Vient 2019. La surréaliste cinquième candidature du fantôme Bouteflika, accompagné de son bien vivant clan prédateur. Le mouvement du 22 février, vague vite devenue insurrectionnelle qui, non contente de s’être débarrassée du vieillard, n’en finit pas, de vendredi en vendredi, d’ébranler les murailles d’un régime désormais sans base bien légale.

Et l’épopée des Fennecs, l’équipe nationale hissée en finale de la CAN en dépit (ou portée par lui ?) du désordre du pays. De nombreux chants entonnés dans les manifestations du Hirak sont nés dans les stades et à leur tour, « les supporters de l’équipe nationale chantent des chansons tirées du hirak », remarque Noureddine Bekkis.

Coïncidence, l’ultime rencontre a justement lieu ce 19 juillet, un vendredi. 22ème d’une contestation qui ne faiblit toujours pas. Et pourrait bien trouver, dans la victoire espérée des Algériens, un nouveau carburant. Dans une tentative de tourner l’élan en sa faveur, les autorités ont affrété in extremis 28 avions pour un pont aérien avec le Caire, destiné à transporter sur place 4800 supporteurs.

Ce qui est trop prédit n’est jamais sûr, mais le pouvoir cramponné à sa place a effectivement quelques raisons de redouter la victoire des Fennecs.

                                           

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