ACCES AUX DONNEES STATISTIQUES – L’Ucad reçoit les clés de son centre

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L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a reçu, hier, les clés de son Centre d’accès aux données statistiques installé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), dans les locaux de la Bibliothèque universitaire. Un projet qui a coûté environ 35 millions de francs Cfa, selon le directeur général de l’Ansd, Babacar Ndir.

Installé au sein de la Bibliothèque universitaire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le Centre d’accès aux données statistiques héberge un ensemble des données. Et plus spécifiquement celles détaillées issues des enquêtes que l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) mène ainsi que des recensements.

‘’C’est des bases de données ou des micro-données qui ont été entièrement anonymisées. Ces fichiers concernent l’ensemble des données collectées, sauf des informations susceptibles d’identifier les personnes qui ont répondu à cette enquête. C’est une cinquantaine d’enquêtes et de recensements qui ont été réalisés de 1963 à nos jours’’, explique le directeur général de l’Ansd.

Babacar Ndir s’exprimait hier, lors de la cérémonie d’ouverture de ce centre. D’après lui, il est prévu l’extension du projet dans les autres universités du pays. ‘’Nous sommes déjà entrés en contact avec l’université Gaston Berger de Saint-Louis, ainsi que l’université Assane Seck de Ziguinchor et nous allons, dans les prochains jours, commencer la phase de production, de mise en œuvre de ce centre. Le but, c’est d’avoir un réseau pour permettre à tous les autres chercheurs d’accéder le plus rapidement à l’information et à sa totalité. Et aussi de contribuer à la valorisation des données statistiques produites non seulement par l’Ansd, mais également par les autres acteurs du système de la statistique nationale. Le coût total est de 35 millions de francs Cfa’’, renchérit M. Ndir.

Au fait, conformément aux dispositions de la loi statistique en matière de protection des données, ce centre offre aux enseignants, chercheurs et doctorants la possibilité de consulter la liste des enquêtes, des recensements et des fichiers de l’Ansd. Mais aussi d’accéder gratuitement, dans un ‘’espace sécurisé’’, aux bases de micro-données. Ceci en découvrant, selon les responsables de l’Ansd, les métadonnées utilisées dans les opérations statistiques, à savoir les notes méthodologiques, questionnaires, manuels techniques, etc. Et de bénéficier de l’assistance de professionnels pour l’exploitation des données.

En réalité, le recteur de l’Ucad, Ibrahima Thioub, estime que l’idée de ce centre s’inscrit dans le cadre des orientations de la politique globale de l’université. Celle-ci accorde une ‘’importance capitale’’ à la collaboration, du partenariat et à l’ouverture de l’université sur son environnement. Il répond aux orientations de notre plan stratégique 2019-2023 qui a identifié 5 axes dont la 3e consiste à promouvoir une recherche de qualité répondant aux besoins de la société.

‘’L’ouverture de ce centre d’accès sera d’un appui inestimable à la communauté universitaire. En effet, la production de l’information statistique, sa conservation, sa diffusion auprès des différents utilisateurs, qu’ils soient nationaux ou internationaux, dans le but de répondre à leurs besoins à la fois multiples et croissants en données statistiques dans les différents domaines sociaux, économiques et environnementaux, n’est plus à démontrer’’, dit-il. Le recteur de l’Ucad souligne que l’accès aux données, à l’information et aux résultats des recherches constitue un ‘’important défi’’ pour toutes les missions de l’université, la recherche et l’enseignement en particulier. Il renouvelle l’équilibre et l’harmonie entre ces deux pôles et modernise le grand pari de l’université depuis sa fondation, celui de miser sur la complémentarité de l’enseignement et de la recherche. Celle-ci étant la clé de l’innovation.

Pour le Pr. Thioub, dans le processus de la mise en place d’une économie du savoir, la prise en compte de toutes les nouvelles activités et l’amélioration de notre couverture statistique est ‘’vivement souhaitée’’. Ceci pour assurer la disponibilité d’une information exhaustive sur l’ensemble du système productif. ‘’Il est aussi important d’œuvrer à l’enrichissement de l’information produite. Et dans le cadre des enquêtes effectuées par l’Ansd, d’importantes informations seront générées. La richesse de ces données peut être mise en valeur par les chercheurs afin de faire avancer le savoir scientifique’’, poursuit le recteur.

Donc, il pense que la mise en place d’un partenariat Ucad-Ansd est ‘’susceptible’’ de contribuer à l’amélioration des relations entre l’université et les services publics dans les secteurs stratégiques de l’Etat. ‘’L’approche de professionnalisation et de contractualisation est en vigueur dans nos formations. Cette philosophie à la source des bureaux de liaison université-entreprise soutient l’institutionnalisation des diplômes de Licence et de Master professionnels. Elle figure en bonne place dans les réformes en cours’’, fait savoir le recteur de l’Ucad.

L’université pleure Ameth Amar

Le secteur privé sénégalais n’est pas le seul à être frappé par le décès du patron de la Nouvelle minoterie africaine (Nma Sanders). Selon le recteur de l’Ucad, l’université perd aussi un grand mécène. ‘’Ameth Amar était un bienfaiteur de l’université. Il a exprimé un amour profond pour l’enseignement.

Il était membre du Conseil d’administration de la fondation Ucad. Il avait la malchance d’être un chef d’entreprise. Il répondait présent à toutes les réunions avec les enseignants. Nous enseignants, nous sommes très bavards et lui, il est plutôt silencieux. A chaque fois qu’il prenait la parole, c’était pour résoudre, en une ou deux minutes, les très sérieux problèmes de l’université. C’est une lourde perte pour nous’’, a témoigné Ibrahima Thioub, en marge de l’ouverture du Centre d’accès aux données statistiques de l’Ucad.

Selon le recteur, pour tout autre service, Ameth Amar était ‘’présent’’ à l’Ucad. Il l’aimait. ‘’Tout récemment, on avait un étudiant à évacuer pour des soins de santé. Il nous manquait 5 millions de francs Cfa et il nous a fait un chèque du même montant. Malheureusement, l’étudiant est décédé par la suite. La dernière fois qu’on a organisé une cérémonie à l’université, c’était avec la fondation Ucad, dans la Bibliothèque universitaire, pour recevoir le bus qu’il avait offert à l’Ucad. Il avait contribué à hauteur de 10 millions à l’achat de ce bus destiné exclusivement aux étudiants vivant avec un handicap physique. Il nous a mis en rapport avec beaucoup d’entreprises. Nous sommes aujourd’hui en pleurs parce que nous savons que nous avons perdu un homme irremplaçable’’, souligne-t-il.

Avant de présenter ses condoléances à sa famille, à l’équipe universitaire et à toute la nation, tout en priant pour qu’Allah l’accueille au paradis.

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