ZONE DE LIBRE-ECHANGE CONTINENTALE – Les Etats invités à porter leur attention sur les contraintes pesant sur l’offre

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Au-delà de la ratification de la Zone de libre-échange continentale (Zlec), les Etats devront porter leur attention sur les contraintes pesant sur l’offre. C’est ce qu’a soutenu, hier, l’économiste de la Commission économique pour l’Afrique (Cea), Souleymane Abdallah, lors d’un atelier à Dakar.

Signé par 54 Etats membres de l’Union africaine (Ua), l’accord sur la Zone de libre-échange continentale (Zlec) est entré en vigueur le 30 mai dernier. Mais des défis restent encore à relever pour sa mise en œuvre effective projetée en juillet 2020. ‘’Au-delà de la ratification, nous devons porter notre attention sur les contraintes pesant sur l’offre, qui ont constitué d’importantes barrières non tarifaires au commerce intra-africain. L’absence d’investissement dans l’infrastructure et la logistique qui faciliteront l’accès aux marchés, en sont un élément clé. Cela nous amène à l’impératif de la mobilisation des ressources pour financer les investissements sur le continent’’, indique l’économiste de la Commission économique pour l’Afrique (Cea), Souleymane Abdallah. Il prenait part, hier, à l’atelier de formulation de la stratégie nationale de mise en œuvre au Sénégal de l’accord instituant la Zlec.

En effet, M. Abdallah a souligné que l’Afrique a un déficit ‘’énorme et croissant’’ de financement, face aux besoins de développement du continent. Rien que dans le domaine des infrastructures, le déficit constitue, selon lui, un ‘’obstacle majeur’’ à l’amélioration des capacités de production. Il est estimé à environ 150 milliards de dollars par an dont l’Afrique mobilise seulement la moitié. ‘’A un niveau plus global, pour que l’Afrique puisse réaliser les Objectifs de développement durable (Odd) pour 2030, les besoins de financement supplémentaires se situent autour de 625 milliards de dollars par an. Tandis que les besoins de dépenses supplémentaires dans les pays à faible revenu et ceux à revenu intermédiaire s’élèvent à 1,2 milliard de dollars par an. Ce qui représente environ 11 % du produit intérieur brut (Pib) de ces pays. Ces défis, donc, nous demandent de tirer le meilleur de la Zlec’’, renchérit-il.

Pour l’économiste de la Cea, aujourd’hui, le grand défi est celui lié à la mise en œuvre de cet accord. Et il est extrêmement important que les Etats membres se préparent. ‘’Le commerce intra-africain est faible, comparé aux autres pays du monde. Il porte plus sur les produits à valeur ajoutée et manufacturiers. Et tout ce qui peut concourir à accroître ce commerce est plus porteur d’emplois, de création de richesses pour nos pays. Alors que notre commerce avec le reste du monde est uniquement basé sur les matières premières avec des prix que nous ne maitrisons pas’’, dit-il.

De ce fait, M. Abdallah a signalé qu’il suffit d’une ‘’mauvaise conjoncture’’ sur le marché pour que les Etats africains se trouvent en situation ‘’difficile’’, y compris sur le plan macroéconomique. Car la baisse du prix des matières premières affecte leurs finances publiques et leur capacité à faire face aux exigences d’investissement pour le développement. ‘’La Zlec est un chantier en construction. Après le dernier forum tenu à Dakar en juillet dernier, le Nigeria, qui était un des grands absents, a pu se joindre à la marche du continent. Il a signé l’accord de même que le Bénin. Nous sommes aujourd’hui à 54 pays qui ont signé cet accord et les ratifications sont déjà à moitié. Le seul pays sur le continent qui n’a pas encore signé est en train d’examiner les procédures pour se joindre à la marche’’, informe-t-il.

Choisi parmi les 10 pays pilotes pour la mise en œuvre de la Zlec, le Sénégal doit ainsi formuler une stratégie nationale. Et selon la ministre du Commerce et des Petites et moyennes entreprises (Pme), cette stratégie nationale vient à ‘’point nommé’’ avec le démarrage de la 2e phase du Plan Sénégal émergent (2019-2023).

‘’Le gouvernement ambitionne de renforcer l’attractivité économique à travers le développement et la consolidation de secteurs exportateurs à fort potentiel de création d’emplois et de richesses. Les conclusions de cette rencontre étant donc vivement attendues, j’exhorte toutes les parties prenantes à s’approprier davantage ce processus afin de permettre au Sénégal de tirer pleinement profit de la Zone de libre-échange continentale’’, dit Assome Aminata Diatta.

D’après la ministre, la stratégie prendra en compte l’ensemble des préoccupations liées à la mise en œuvre de cet accord. Il s’agit, notamment, de la détermination de l’offre exportable des produits ainsi que la réduction des entraves à leur encontre, du renforcement de la compétitivité des entreprises locales. Mais aussi de la facilitation au commerce, de l’ajustement de l’économie du pays en vue de faire face aux moins-values de recettes découlant du désarmement tarifaire. Et, enfin, la prise en compte des dimensions genre, jeunesse et des questions environnementales qui représentent, selon la ministre du Commerce, des ‘’défis de taille’’ sur le continent africain.

MARIAMA DIEME

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