RADIO – La Rfi se met au peulh et au mandingue

0
205

Radio France internationale s’installe en Afrique de l’Ouest. Elle a ses bureaux à Dakar où sont installés les membres de deux nouvelles rédactions consacrées à la production de contenus en peulh et en mandingue. Les activités de ces dernières sont lancées hier.

Le haoussa et le swahili, jusqu’ici, étaient les deux seules langues africaines qui disposaient de rédactions dont les bureaux sont basées en Afrique, précisément à Lagos et à Dar es Salam pour servir les millions d’auditeurs africains de Radio France internationale (Rfi). Ils ne sont désormais plus les seuls bénéficiaires de ce privilège. Le peulh et le mandingue, parlés au-delà même des frontières ouest-africaines, viennent renforcer la présence de la filiale de France Média Monde en terre africaine. Pour satisfaire cette demande consistante, deux demi-heures de programmes d’information en mandingue sont diffusées du lundi au vendredi, à 08 h 00 et 12 h 00, temps universel. Le week-end, un magazine de 30 minutes pour les jeunes sera présenté à 12 h 00 et 17 h 00 pour le mandingue, 13 h 00 et 17 h 30 pour le fulfulde. Pour ne rien rater de ces émissions, il faut savoir comment capter les ondes de la radio mondiale.

Frédéric Garat, Coordonnateur des rédactions en mandingue et en peulh de Rfi, revient sur les détails des nouvelles fréquences. ‘’Pour le cas spécifique du Sénégal, les émissions en mandingue et en peulh seront diffusées, de façon respective, à Tambacounda ainsi qu’à Bakel et à Richard-Toll, via les relais Fm, par des décrochages, les radios partenaires et sur Internet, ainsi que sur les applications mobiles’’. Il ajoute : ‘’Nous émettrons aussi, par exemple, à Bamako, Bobo Dioulasso, Labé et Garoua.’’

La directrice de la radio mondiale, Cécile Mégie, explique cette double option linguistique qui, selon elle, est tout sauf anodine : ‘’Le fulfulde et le mandekan représentent les deux langues les plus prisées en Afrique de l’Ouest. Elles transcendent même les limites de cette partie du continent. Donc, le choix porté sur celle-ci répond à une stratégie bien claire, à une demande qu’il fallait assouvir et cela se matérialise aujourd’hui par l’ouverture de ce bureau flambant neuf et entièrement équipé, à l’image de notre siège à Paris.’’

Elle est revenue sur leur cible. ‘’Les émissions en peulh et en mandingue visent, avant tout, à s’adresser à une jeunesse qui estime qu’elle n’a pas toujours droit à la parole sur les sujets de société. Elles agissent pour eux comme un porte-voix, comme une caisse de résonnance’’.

L’équipe de Rfi délocalisée à Dakar est composée de huit journalistes mandingues et de deux autres peulhs. Les correspondants, eux, sont au nombre de huit, également pour le mandingue et de quatre pour le fulfulde. Cinq membres du bureau sont par ailleurs sénégalais. L’un d’eux, Aïssatou Ly, ancienne journaliste au journal ‘’Le Quotidien’’, animatrice du magazine en peulh, perçoit la version fulfulde de Rfi comme un désir populaire, communautaire qui vient d’être assouvi. Elle résume ce sentiment de satisfaction en ces termes : ‘’Dès la première diffusion de l’émission en peulh, nous avons reçu plus de 1 100 appels, ce qui est révélateur du besoin de la communauté de s’exprimer. Dans un futur proche, la radio du monde souhaiterait tenter cette même expérience avec le wolof.’’

M. DIOP (STAGIAIRE)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here