Le Haut conseil du dialogue social compte booster le Pse

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Pour une bonne mise en œuvre de la phase II du Pse, le Haut conseil du dialogue social prône l’apaisement de l’espace social sénégalais. L’institution a débuté hier les travaux de sa 17e Assemblée plénière axés autour des orientations stratégiques du Plan Sénégal émergent.

A l’entame de la deuxième phase du Plan Sénégal émergent, le Haut conseil du dialogue social veut permettre une bonne appropriation de cet outil par les populations. Raison pour laquelle l’entité a choisi de procéder à une mise à niveau de ses membres quant audit programme, à l’occasion de sa 17e Assemblée plénière. Du 28 au 31 octobre, les travaux se dérouleront sous le thème ‘’Vers un cadre d’intervention stratégique arrimé au plan d’actions prioritaires 2019-2023 du Plan Sénégal émergent et orienté vers le budget programme’’. Suivra ensuite un plan d’actions triennales 2020-2023.

En effet, selon la présidente Innocence Ntap Ndiaye, l’enjeu, aujourd’hui, est de veiller à la cohésion sociale du Sénégal avant toute chose. ‘’Sans paix sociale, il serait illusoire d’atteindre des résultats économiques escomptés, de tous les acteurs clés de l’économie sénégalaise. Il faut absolument qu’il y ait une paix sociale, surtout dans un contexte marqué par l’exploitation des ressources naturelles. Cela passe par la formalisation de l’économie informelle, une de nos missions majeures. Avec le Bureau international du travail, nous allons organiser, en début décembre, un forum sur l’économie informelle. C’est un secteur qui donne presque 97 % du Pib. C’est extrêmement important. Sans oublier l’implication du secteur privé dans le domaine de la santé’’, explique Mme Ndiaye.

Un secteur privé impliqué

Justement, la phase II du Pse a principalement pour objectif de stimuler les investissements privés. Il s’agira également, d’ici 2023, d’améliorer la qualité des services administratifs. ‘’Le Plan Sénégal émergent dans une société solidaire, dans un Etat de droit, ne saurait se réaliser sans un dialogue social franc, constructif et prospectif. Le Haut conseil pour le dialogue est une institution clé de ce processus, qui va apporter la bonne information aux populations quant aux politiques publiques’’, ajoute le représentant du ministre en charge du Pse M. Gning.

Selon lui, la première phase de 5 ans du programme a permis, entre autres, l’avènement de la Couverture maladie universelle, la mise en place d’une mutuelle de santé pour le secteur informel.

En outre, elle aura servi à tripler la production de riz (299 000 tonnes en 2018 contre 44000 en 2013), de diminuer les heures de coupures d’électricité (900 heures en 2013 contre moins de 20 heures en 2018), l’électrification de 2 200 villages (1 844 en 2013). Autant d’acquis à consolider, en plus des pôles urbains, des agropoles et des nouveaux moyens de transport prévus.

Par ailleurs, des réformes structurantes sont à venir, durant cette deuxième phase, en vue de réformer, modifier l’environnement des affaires et remobiliser le secteur privé national.

Comme innovation, la deuxième phase du Pse comprend la notion de budget-programme qui sera appliquée dès janvier 2020. Les mots clés de cette nouveau mode de fonctionnement sont efficience et suivi. ‘’Il ne s’agit plus d’avoir des budgets orientés vers la consommation, mais des budgets assignés à des objectifs demandés à chaque ministère. Le ministère doit l’exécuter et rendre compte par rapport aux résultats attendus. C’est un signal fort en matière de transparence, un deuxième pas vers plus de performances, plus de responsabilisation dans la gestion du budget’’, déclare M. Gning.

Le Haut conseil du dialogue social rappelle à l’ordre les enseignants

Concernant la rentrée scolaire mouvementée, en raison des préavis de grève de plusieurs syndicats d’enseignants, la présidente du Haut conseil du dialogue social plaide pour la fin du conflit intersyndical.

En effet, selon elle, le véritable problème se pose au niveau de la représentativité des enseignants, lors des discussions. ‘’Il fut qu’on se dise la vérité. Certains syndicats d’enseignants se plaignent du fait que les syndicats les plus représentatifs ne prennent pas en compte leurs revendications. En plus, ils ne reconnaissent pas leur légitimité. Pourtant, ces syndicats sont passés par des élections et les ont gagnées. C’est cela le véritable problème’’, explique Innocence Ndiaye.

De son point de vue, il faut que les enseignants se rapprochent des secrétaires généraux des entités les plus représentatives, pour leur soumettre leurs revendications afin de trouver les voies et moyens de les porter lors des négociations. ‘’Dans une démarche inclusive, je les ai reçus lors d’une réunion de pré-rentrée. Je les ai écoutés, nous leur avons fait cette proposition, étant donné qu’il nous est interdit de nous mêler des questions intersyndicales. Ils doivent régler leurs problèmes internes en matière de représentativité. Aussi, à l’état actuel des choses, il ne s’agit plus de négociations, il s’agit de mesurer le niveau d’exécution du protocole qui est déjà signé. Chose que ces mêmes syndicats n’acceptent pas. Ils refusent de reconnaître ce qui a déjà été fait’’, précise-t-elle.

EMMANUELLA MARAME FAYE

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