“On a cassé la planète, il est où le SAV ?” : la chanteuse Suzane tourne un clip choc dans une décharge au Sénégal

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Révélée par le titre “L’Insatisfait”, la chanteuse Suzane tourne un nouveau clip choc pour “montrer la réalité des déchets”.
Suzane dans son nouveau clip \”Il est où le SAV ?\” à la décharge de Mbeubeuss, près de Dakar.
Suzane dans son nouveau clip “Il est où le SAV ?” à la décharge de Mbeubeuss, près de Dakar. (Wagram Music)
avatarfranceinfo Culture avec agencesRédaction CultureFrance Télévisions

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“On a cassé la planète, il est où le SAV ?”, chante Suzane, préoccupée par une pollution globale et “flippante”, avec une vidéo tournée à Mbeubeuss, au Sénégal, dans une des plus grandes décharges à ciel ouvert du monde.
Prise de conscience écologique

L’idée d’Il est où le SAV (Service après vente)? jaillit chez l’artiste électro lors d’un voyage en autocar, en tournée en Chine. “La couleur du ciel, à Shanghai, les Chinois ne la voient pas tous les jours. Je me suis rendu compte que je ne voyais pas le visage des gens avec cet épais nuage noir constant, a-t-elle raconté à l’AFP. C’est un futur apocalyptique, c’est très triste d’en arriver à ça, et en Chine ils en sont déjà là”.

Wagram Music

Par association d’idées, la chanteuse a dès lors envie de “montrer la réalité des déchets, et pas dans un clip (avec trucage) sur fond vert”. Sa production se renseigne sur des décharges à ciel ouvert en Malaisie, Thaïlande, Indonésie, mais le seul accord vient du Sénégal, à Mbeubeuss, près de Dakar, une des plus grandes décharges du monde – 114 hectares de détritus – recensées par l’Organisation non-gouvernementale (ONG) Waste Atlas Partnership.

Un tournage éprouvant

Le clip réalisé par Gregory Orhel, mis en ligne mardi 5 novembre, est une suite d’images fortes, comme ces personnages en train d’asphyxier, le visage recouvert de plastique translucide. “On décrit une réalité, avec des images dures, mais aussi solaires car il y a un peu d’espoir: au loin, on voyait des palmiers, de la faune, peut-être qu’on ne va pas tout ensevelir, qu’on va garder des bouts de terre intacts”, poursuit Suzane.

Le tournage l’a “chamboulée”. Elle ne s’attendait pas à voir une “décharge avec des gens qui y vivent”. La Française qu’elle est, habituée à des enfants scolarisés dans la journée, les voit là-bas “pied nus, ramassant des détritus sans protection, au milieu de vieillards, de femmes, tous ces gens qui travaillent pour une misère alors que les déchets ont de la valeur…”.

“J’ai écrit cette chanson (où Témé Tan pose aussi sa voix) car j’étais très concernée par le sujet: c’est un cercle vicieux, est-ce qu’on peut l’arrêter?” Mais elle fait confiance “aux futures générations” et espère “qu’on est plusieurs à y croire”.
Un album prévu pour 2020

Son nouveau clip est une marche de plus vers un premier album prévu pour janvier 2020. Le temps s’accélère depuis sa prestation au Fnac Live, le 3 juillet 2019 à la mairie de Paris.

“C’était dingo ! Ca criait Aya ! Aya ! (pour la chanteuse Aya Nakamura, tête d’affiche ce soir-là, ndlr), je me suis sentie dans l’arène. Mais les Parisiens ont été tellement bienveillants, les Aya ! sont devenus Suzane ! Suzane !, ça m’a remplie d’énergie et de confiance, ce dont j’avais besoin à ce moment”, se souvient l’Avignonnaise. “J’ai stressé au moins trois semaines à l’avance mais, sur scène, j’ai réussi à en profiter, je m’en souviendrai toute ma vie”.

Son show tout en énergie, avec une danse quasi-martiale, en combinaison façon Uma Thurman dans Kill Bill (mais bleue et pas jaune) marque les esprits. Dans la foulée, les chiffres tombent: c’est la chanteuse la plus programmée l’été en festivals en France, avec 32 dates. “J’avoue, j’ai un peu halluciné. Je découvre la tournée, je n’en ai jamais fait avant. Mais c’était génial, j’ai passé un superbe été, entre petits et grands festivals”.

Et maintenant, le disque. “Il faut que ça arrive, l’accouchement se fait long. On est dans une phase de peaufinage, j’ai hâte, c’est 28 ans de vie dans un album physique. Que ça existe, je trouve ça assez fou”.

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