PROMOTION BASSIN SEDIMENTAIRE SENEGALAIS – Le ministre du Pétrole tempère les ardeurs

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Après la confusion qui a entouré l’ouverture du ‘‘Licensing Round’’ sur les blocs libres du bassin sédimentaire sénégalais, Mouhamadou Makhtar Cissé a rejeté toute nouvelle attribution de licence.

Le ministère du Pétrole et des Energies (Mpe) est en pleine promotion du bassin sédimentaire sénégalais. Il a lancé, hier à Cape Town (Afrique du Sud) le processus d’appels d’offres internationaux à la concurrence sur les blocs libres et a indiqué aux compagnies pétrolières les procédures d’accès aux cahiers des charges et de la soumission des offres sur les blocs libres. Cette procédure, appelée plus communément ‘‘Licensing Round’’, a deux objectifs majeurs.

D’abord, faire de nouvelles découvertes pour augmenter les réserves en hydrocarbures du pays et, ensuite, améliorer la gestion des ressources pétrolières pour qu’elles puissent favoriser le développement économique et social du peuple sénégalais. Le ministre du Pétrole et des Energies, Mouhamadou Makhtar Cissé, en a profité pour tempérer les termes du débat autour de la confusion qui faisait état de nouvelles attributions.

‘‘Si je dois signer des contrats de pétrole, je l’aurais fait au Sénégal. Nous ne sommes pas venus signer des licences ou vendre le pétrole sénégalais. Nous sommes venus faire la promotion de notre potentiel ; dire au monde que nous pensons qu’au Sénégal, il y a des possibilités de découverte de pétrole. Venez investir pour faire des recherches, intéressez-vous à ce potentiel ! La sélection des compagnies se fera par appel d’offres’’, a-t-il déclaré au micro de notre confrère de l’Agence de presse sénégalaise (Aps).

Une déclaration qui cadre bien avec l’article 12 du nouveau Code pétrolier, lequel proclame que ‘‘l’attribution des blocs s’opère au moyen d’appel d’offres ou de consultation directe. Les modalités de mise en œuvre sont fixées par décret. Le contrat pétrolier est négocié par le ministre des Hydrocarbures. Il s’appuie sur une commission d’examen et de négociation des contrats pétroliers dont les règles d’organisation et de fonctionnement sont fixées par arrêté du ministre chargé des Hydrocarbures’’. Ce code remplace et abroge la loi de 1998 qui a justement été adopté dans le but de susciter l’intérêt des compagnies pétrolières.

Il y a deux décennies, l’environnement financier international a été caractérisé par une réduction importante des budgets d’exploration des compagnies qui se sont intéressés à des bassins plus prometteurs. Et le Sénégal a dû concéder des largesses dans le code 1998, pour attirer les investissements. En attendant les décrets d’application, ce code porte des innovations principales qui concernent les efforts de transparence dont le ministre s’est voulu le défendeur.

‘‘Il ne faudrait pas penser que le pétrole est un produit sensible qu’on puisse penser que tout l’ordonnancement du pays va changer, que les règles vont changer. Nous restons le Sénégal que nous avons toujours été avec ses procédures et tout se fait sous le gouvernement de la loi. On a un code pétrolier et on a justement différé toutes ces opérations, car il faudrait parfaire tous les textes qui accompagnent le code. Tout ceci a été fait pour donner des gages absolus de transparence. Tout se fera dans une totale transparence, si l’appel d’offres est lancé pour que les gens puissent participer. Il faut leur expliquer. La compagnie que nous venons de recevoir, pour ne pas la nommer, est classée première au monde. Elle ne se déplace pas pour rien’’, a déclaré M. Cissé.

Le projet gazier achevé à environ 15 %

Dans un autre domaine affilié, Kosmos Energy, l’un des opérateurs du projet gazier du Nord, a donné l’état d’avancement du seul projet qui est en voie de concrétisation, depuis l’annonce des découvertes de gisements en 2014. La phase 1 du projet gazier du Nord, appelé Grand Tortue Ahmeyim (Gta) ‘‘est achevée à environ 15 %. Les travaux de pré-ingénierie sont en cours pour les phases 2 et 3, et ces prochaines phases devraient permettre d’accroître la capacité de ce hub à près de 10 millions de tonnes par an de gaz naturel liquéfié (Gnl) destiné à l’exportation’’, d’après le rapport de la compagnie qui présentait son bilan du 3e trimestre, avant-hier. Un revenu net de 17 millions de dollars sanctionne son exercice.

D’ici la fin d’année, précise le rapport, Gta devrait atteindre 25 % de taux d’exécution, alors que le ‘‘first gas’’ est attendu pour 2022.

En septembre, la junior américaine a annoncé que le puits d’évaluation Yakaar-2 avait rencontré environ 30 mètres de charge de gaz nette dans un réservoir de haute qualité similaire au puits d’exploration Yakaar-1. Les résultats du puits Yakaar-2 étayent l’opinion de Kosmos selon laquelle la base de ressources Yakaar-Teranga est de taille mondiale et pourrait soutenir un projet de Gnl fournissant des volumes importants de gaz naturel aux marchés intérieurs et à l’exportation. Le développement de Yakaar-Teranga devrait se dérouler par étapes, la phase 1 fournissant du gaz domestique et des données permettant d’optimiser le développement des phases futures.

Un mois plus tard, en octobre, Kosmos a annoncé que le puits d’exploration Orca-1 avait fait une découverte gazière majeure au large de la Mauritanie, dans la région de BirAllah. Les résultats maintiennent le taux de réussite de 100 % de 9 puits ciblant la tendance du gaz inboard en Mauritanie / Sénégal. Le puits Orca-1 ‘‘a dépassé les attentes avant forage de 36 mètres de gaz net payé dans des réservoirs d’excellente qualité’’, selon le rapport.

OUSMANE LAYE DIOP

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