SERIGNE SIDI AHMED SY (GUIDE DE FASS-DIACKSAO) – Sur les traces de papa Au nom du grand-père, du père et du fils

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Sentimental, généreux, humble, courageux, solidaire… A Fass-Diacksao, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le fils de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh. Serigne Sidi Ahmed Sy fait l’unanimité et y poursuit l’œuvre de construction entamée au XXe siècle par son père.

‘’Tel père, tel fils’’. Voilà l’expression la plus simple que Khalifa Guèye a utilisée pour qualifier l’actuel guide religieux de Fass-Diacksao. Selon lui, entre le père et le fils, il n’y a pas un hiatus. Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh, soutient-il, ressentait beaucoup d’affection et d’amour envers l’humain. Idem pour Serigne Sidi Ahmed Sy. ‘’Mame Abdou était un homme bien. Après les récoltes, il prenait le temps de tout distribuer aux populations. Quand son fils est arrivé, il a fait la même chose. Son amour pour le Coran, sa démarche, sa vision unificatrice… Serigne Sidi Ahmed travaille à perpétuer l’œuvre de son père à Fass-Diacksao. C’est aussi un bienfaiteur, comme l’a été son père Mame Abdou’’, raconte le membre du Cercle des imams de Fass.

Cela fait deux décennies ou plus que Serigne Sidy Ahmed dirige la communauté tidiane de Fass-Diacksao. Fils de Mame Abdoul Aziz Sy et de Sokhna Tabara Gaye, Sidi Ahmed a fait ses humanités à Fass, auprès de Serigne Tidiane Sy, cousin de Mame Abdou. Tout jeune, il s’est lancé dans l’apprentissage du Coran. C’est dans l’antre de Serigne Youssoupha Diop et de Sokhna Assietou Sy, fille d’El Hadj Malick Sy (Rta) qu’il va acquérir ses connaissances. Aujourd’hui, c’est lui qui gère et assure le khalifat à Fass, suivant les recommandations de ses frères aînés qui sont à Tivaouane, à l’image d’El Hadj Malick Abdou Aziz Sy.

A Fass, Sidi Ahmed est peint comme un guide religieux qui fait l’unanimité comme son défunt père. ‘’Sidi a hérité plusieurs qualités de son illustre père. Il a l’humilité, la générosité, l’altruisme’’, confie son porte-parole et bras droit Abdoul Aziz Diop. Trouvée non loin de la devanture de la grande mosquée de Fass, Sokhna Oumy Khairy Ndiaye évoque également avec fierté les qualités du guide religieux. Cette dernière n’y va pas par quatre chemins. D’après elle, Serigne Sidy Ahmed est la photocopie de son père, un véritable homme du sérail.

Poursuivant son témoignage, elle indique que si Fass est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à Mame Abdou Aziz Sy Dabakh et à Serigne Sidi Ahmed. Responsable moral du ‘’dahira’’ de Fass-Diacksao et maître d’œuvre du Gamou annuel, Serigne Sidi Ahmed Sy effectue très souvent des tournées en Europe et au pays de l’Oncle Sam au nom de l’islam et a su maintenir les acquis et suit à la lettre les traces de son père.

3 QUESTIONS A ABDOUL AZIZ DIOP (PETIT-FILS D’EL HADJ MALICK SY)

‘’Fass-Diacksao est le fruit de la volonté divine’’

De retour de La Mecque en 1889, El Hadj Maodo Malick Sy a décidé de choisir Fass-Diacksao ou Misrah comme lieu de retraite spirituelle par excellence.

Quelle est la pertinence du choix de Fass-Diacksao ?

La pertinence du choix de Fass-Diacksao est le fruit de la volonté divine qui a exaucé les vœux formulés par Maodo Malick Sy, quand il fut à La Mecque en 1889. Et Diacksao repose sur le triptyque : éducation, formation, lieu de travail pour vivre licitement des travaux champêtres et éviter la dépendance et la mendicité.

Qu’est-ce qui fait la différence ou la particularité de cette localité par rapport aux autres cités religieuses du pays ?

La différence entre Diacksao et les autres cités religieuses est que Fass-Diacksao est le titre foncier, le patrimoine spirituel de Mame Maodo, mais aussi un lieu où tout ce qui se fait, depuis Mame Maodo jusqu’à ses descendants, repose sur le Coran et la Sunnah.

Pourquoi célèbre-t-on le Gamou de Fass-Diacksao au mois de février, soit trois à quatre mois après celui de Tivaouane ou encore de Thiénaba ?

Le Gamou de Diacksao est célébré au mois de février, mais il est arrimé aux principes et idéaux du Gamou annuel de Tivaouane, seule cérémonie commémorée par Mame Maodo de son vivant. Mame El Hadj Malick, continuateur du modèle prophétique, a choisi de commémorer la naissance du Prophète, une façon de revisiter sa vie et son œuvre, viatique pour tous les croyants.

Les dernières années de sa vie, Mame Abdou célébrait la nuit du Maouloud à Diacksao, à cause de l’âge, mais il a toujours présidé les cérémonies officielles à Tivaouane, en prélude du Maouloud, jusqu’à sa disparition en 1997.

GAUSTIN DIATTA (ENVOYE SPECIAL A FASS)
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