17ème Foire du livre : Le colloque à Thiès, l’expo à Dakar

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La nouveauté de cette 17e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique (Fildak), dont la marraine est le Pr Ramatoulaye Diagne Mbengue, recteur de l’Université de Thiès, c’est l’organisation dans la Capitale du Rail, les 22 et 23 novembre, du colloque sur le thème «Livre et citoyenneté».

Thiès est à l’honneur à l’occasion de la 17e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique (Fildak). Une biennale organisée du 21 au 26 novembre à Thiès et Dakar par le ministère de la Culture et de la communication sur le thème «Livre et citoyenneté». L’activité, selon Ibrahima Lô, directeur du Livre et de la lecture, est organisée tous les deux ans et regroupe «tous les opérateurs de la chaîne du livre, principalement les éditeurs, les écrivains, les libraires, les imprimeurs, les auteurs, les lecteurs, les responsables des réseaux de bibliothèques et la presse». Et la particularité de l’édition de 2019, signale-t-il, «c’est qu’elle se tient à Thiès et Dakar». Il explique : «La première raison sur le choix de Thiès, c’est que dans les politiques initiées au niveau du ministère, la variable territoire est fortement prise en considération. Cela veut dire que dans les stratégies qui sont déroulées, le citoyen étant au cœur de nos préoccupations, il est donc bon de le retrouver où qu’il soit, en particulier dans les zones plus ou moins périphériques. C’est l’une des raisons pour lesquelles le comité scientifique de la Fildak a choisi Thiès et spécifiquement l’Université de Thiès (Ut) qui est l’institution à l’honneur.» Aussi, ajoute M. Lô, «Thiès c’est également le choix de son recteur, Mme Rama­toulaye Diagne Mbengue, la première femme à occuper ce poste stratégique dans notre pays, voire même dans la sous-région. Elle a été choisie non pas parce qu’il s’agit d’une femme, mais par rapport à son profil et à ses capacités sur le champ de l’enseignement et de la recherche». Ainsi, le directeur du Livre et de la lecture se devait de féliciter Mme le recteur qui va prononcer la leçon inaugurale lors de la cérémonie officielle de l’ouverture de la Fildak le 21 novembre au Cices «pour la pertinence de sa contribution». M. Ibra­hima Lô a tenu à expliquer le choix de la région. «Et quand je dis en région, il faut le mettre au pluriel, parce que ce n’est pas que Thiès, c’est aussi toutes les localités du pays où nous comptons des centres culturels régionaux et où les responsables sont disponibles pour nous proposer des programmes. Donc ça va être la fête du livre, de l’édition et de la lecture. Autant de raisons qui font que le choix d’une université comme partenaire se justifie pleinement.»

Réseau de lecture public

Au-delà, M. Ibrahima Lô est largement revenu sur la question du désintéressement des jeunes à la lecture. Il dit : «Je pense que les jeunes lisent autant qu’ils lisaient par le passé. Ce sont les modalités de la lecture qui ont changé. Nous passons beaucoup de temps sur internet et nous lisons. La question donc c’est de savoir comment accompagner ces nouvelles dynamiques et ne pas les subir. Cette question s’adresse à tous les formateurs, mais aussi aux citoyens.» Toutefois, tient-il à faire savoir, «il y a un problème qui dépasse simplement ces nouveaux outils. On s’occupe de moins en moins à la lecture. Et ce n’est pas une spécificité de notre pays quand on regarde les statistiques dans le monde. C’est une tendance qui est là, qui est lourde peut-être. Nous ne savons pas les conséquences, mais l’intérêt c’est comment faire pour renverser cette tendance et que l’on reprenne les bonnes habitudes. Je pense que cela commence par l’Etat. Et c’est de mettre en œuvre un réseau de lecture public». Il s’agit de la «supervision de tout ce qui est bibliothèque au sein de ce pays». Aussi «de travailler à les créer et à les installer, mais aussi à les enrichir en termes de documentations, d’animations…». Parmi le dispositif, il y a également «la construction de la Bibliothèque nationale qui fait partie des chantiers majeurs du chef de l’Etat pour la culture. L’assiette foncière existe déjà. Il y a une dotation qui est inscrite au niveau de la direction du Livre et de la lecture pour permettre le démarrage des travaux. Et nous avons bon espoir que le chef de l’Etat l’ayant cité au titre des chantiers prioritaires dans les années à venir, nous serons dotés de cette Biblio­thèque nationale, un maillon essentiel du réseau de lecture public dans notre pays». M. Lô de terminer par signaler qu’il y a «un autre niveau de responsabilisation que l’on oublie souvent, et c’est la maison. Dans chaque famille sénégalaise, il y a un salon. Et à l’intérieur, il y a une bibliothèque et généralement on y met beaucoup de choses, mais très rarement des livres». Pour lui, «l’Etat doit faire ce qu’il doit, mais les citoyens ont leur part de responsabilité».

Par Ndèye Fatou NIANG – (Correspondante) nfniang@lequotidien.sn

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