HCCT, CNDT, CESE, HCDS…Des institutions à l’épreuve de la viabilité

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Elles ont pour nom Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), Conseil économique, social et environnemental (Cese), Haut conseil du dialogue social (Hcds) ou Conseil national du dialogue des territoires (Cndt). Ces structures sont souvent taxées de budgétivores et la plupart des Sénégalais ignorent tout de leurs missions et de leur mode de fonctionnement.

Sous le régime de Macky Sall, les institutions foisonnent. De 2016 à aujourd’hui, on en dénombre une pléthore. Du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) dirigée actuellement par la socialiste Aminata Mbengue Ndiaye, en passant par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) d’Aminata Touré, le Haut conseil du dialogue social (Hcds) d’Innocence Ntap Ndiaye et la Commission nationale du dialogue des territoires (Cndt) de Benoit Sambou. Seulement, le rôle de ces structures reste méconnu de bon nombre de Sénégalais. Ce qui remet au goût du jour leur utilité et leur impact direct dans la vie des Sénégalais.

Nommée à la tête du Conseil économique, social et environnemental, l’ancien Premier ministre Aminata Touré a osé l’innovation. Sa structure a déjà deux sessions ordinaires à son actif, en seulement sept mois à la tête du Cese. La structure est beaucoup plus dynamique depuis le 15 mai 2019, date de sa nomination.

Le chercheur en science politique à l’université Gaston Berger, Moussa Diaw, estime que cet acte posé par le successeur d’Aminata Tall n’est pas anodin. ‘’Mimi Touré a des ambitions politiques. Elle est dans une logique de préparation à des situations de position. Ce n’est pas juste qu’elle a envie de renforcer l’institution ou de la rendre visible. C’est vrai qu’il y a cet aspect-là, mais derrière, il y a toute une dynamique politique pour son image, mais également auprès de l’opinion publique’’. Aux yeux du chercheur, l’animation et la viabilité de ces institutions dépendent, en partie, de celui qui les dirige.

Comme le Cese, le Pr. Moussa Diaw est optimiste concernant la nouvelle ‘’patronne’’ du Haut conseil des collectivités territoriales, successeur de feu Ousmane Tanor Dieng. ‘’Aminata Mbengue Ndiaye a de l’expérience. Elle connait bien les collectivités locales. Elle peut faire l’affaire parce qu’elle est issue de ce milieu. Elle peut redorer l’image de l’institution’’, pense-t-il.

Par ailleurs, l’analyste politique est d’avis que ces organisations ont le devoir de mieux communiquer afin de vulgariser davantage leurs actions.

‘’Les populations ne ressentent pas l’impact de ces institutions, parce qu’il n’y a pas assez de visibilité. On ne leur explique pas leurs missions et ce qu’elles font pour améliorer les conditions de vie des Sénégalais’’, déplore Moussa Diaw. Qui ne manque pas, à ce propos, des pistes de solution pour mieux ‘’huiler’’ les rapports entre ces institutions et les populations. Il propose, à cet effet, une rationalisation et des fusions entre ces structures pour, au finish, sélectionner celles qui seront jugées indispensables à la vie des Sénégalais.

Contrairement à Moussa Diaw, le sociologue politique Ibou Sané est d’avis qu’on fait un mauvais procès à ces institutions. A ses yeux, ces structures sont d’une grande utilité pour le pays. ‘’Elles accompagnent les politiques de développement et donnent à d’autres acteurs la possibilité de réfléchir sur un certain nombre de problèmes’’, fait-t-il savoir. Reconnaissant toutefois que le mode de fonctionnement de ces institutions pose souvent problème.

Pour lui, il serait intéressant que tous les membres de ces structures soient nommés au suffrage universel. Ibou Sané invite également les détracteurs de ces institutions à formuler des propositions concrètes pour leur bonne marche.

HABIBATOU TRAORE

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