Malick Sall et l’affaire Boughazelli : «L’État a les moyens de le remettre à la justice»

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L’affaire Seydina Fall dit «Boughazelli» est une patate très chaude pour le gouvernement. Au-delà des soupçons de trafic de faux billets qui lui collent à la peau, c’est le fait même qu’il n’ait pas déféré à la convocation de la Section de recherches vendredi dernier qui dérange. Il est maintenant plus clair que le député de Benno bokk yaakaar a décidé de narguer la justice. Et la réaction du garde des Sceaux semble corroborer que le responsable du parti présidentiel à Guédiawaye est bel et bien en fuite. «Nous avons un pays qui est doté d’infrastructures efficaces qui permettent effectivement, quelle que soit la situation de l’individu, de faire en sorte que l’enquête aboutisse et que son auteur soit remis à la justice. C’est ce qui est en train de se faire», a dit Malick Sall samedi, en marge de la 21ème réunion du Comité interministériel du Giaba à Saly. Interpellé sur l’immunité parlementaire du député qui aurait dicté la libération sur convocation de Boughazelli jeudi, le ministre de la Justice n’a pas souhaité aller plus loin. «Je suis garde des Sceaux, donc responsable de la justice. Et cette affaire n’est pas encore soumise au niveau de la justice», a-t-il précisé.

Le journal Libération est formel dans son édition du week-end que Boughazelli a savamment orchestré son «injoignabilité», mais qu’il serait «localisé à Touba et que son arrestation serait imminente». En tout cas, jusque tard dans la soirée d’hier, il n’avait pas encore été cueilli. Certains justifient son faux bond aux enquêteurs par le fait qu’il aurait été «interné dans une clinique de Dakar» vendredi après un «malaise». C’est de toute façon une situation qui rend plus compliqué son cas. Si d’aventure la thèse de la fuite est retenue par les enquêteurs, Boughazelli ne pourrait plus faire valoir son immunité parlementaire puisque la loi dispose que «le député pris en flagrant délit ou en fuite, après la commission des faits délictueux, peut être arrêté, poursuivi et emprisonné sans l’autorisation du Bureau de l’Assemblée nationale».

Par Alioune Badara CISS-abciss@lequotidien.sn (Correspondant)

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