USA : un ambassadeur proche de Donald Trump compromet le président

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iGFM-(Dakar) Le Congrès américain a interrogé mercredi Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l’UE et intermédiaire officiel des pourparlers avec Kiev. Il a directement impliqué le président Donald Trump dans l’affaire ukrainienne.

L’ambassadeur Gordon Sondland, acteur-clé de l’affaire ukrainienne au cœur de la procédure d »impeachment » qui vise Donald Trump, est passé sur le gril du Congrès des États-Unis, mercredi 20 novembre. Cet homme d’affaires nommé ambassadeur après avoir financé la campagne de Donald Trump est un témoin direct, qui s’est régulièrement entretenu avec le président américain de sa politique ukrainienne. Lors de son audition, il a directement impliqué le président.

« Nous avons suivi les ordres du président », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne lors de son audition publique devant les parlementaires qui ont engagé une enquête pour mettre en accusation le milliardaire républicain.

Il a notamment assuré que c’était « à la demande expresse du président des États-Unis » que les diplomates chargés du dossier ukrainien ont accepté, malgré leurs réserves, de travailler avec son avocat personnel Rudy Giuliani.

Or, l’avocat du président a d’emblée fait pression pour que le nouveau chef de l’État ukrainien Volodymyr Zelensky accepte de lancer des enquêtes sur les démocrates américains et sur le groupe gazier Burisma, qui comptait alors dans son conseil d’administration Hunter Biden, fils de Joe Biden, bien placé pour affronter Donald Trump dans la course à la Maison Blanche l’an prochain.

« Un donnant-donnant » ? « Oui »

La procédure en vue d’une destitution a été engagée par les démocrates après la révélation d’une conversation téléphonique du 25 juillet au cours de laquelle Donald Trump demande à Volodymyr Zelensky d’enquêter sur les Biden. L’ex-homme d’affaires new-yorkais clame que son appel était « parfait » et dénonce une « tentative de coup d’État ».

L’opposition veut toutefois savoir s’il y a eu un « donnant-donnant », et si le 45e président des États-Unis a abusé de son pouvoir pour exercer un chantage sur Kiev à des fins électoralistes. En clair, s’il a conditionné d’abord une invitation à son homologue dans le Bureau ovale, puis le dégel d’une importante aide militaire suspendue par la Maison Blanche, à l’ouverture d’enquêtes visant ses adversaires politiques.
« Y a-t-il eu un ‘donnant-donnant’? », a demandé Gordon Sondland devant des élus de la Chambre des représentants. S’agissant d’une « rencontre à la Maison Blanche, la réponse est oui », a-t-il répondu. Selon l’ambassadeur, Rudy Giuliani, « exprimant la volonté du président des États-Unis », voulait que l’Ukraine annonce ces enquêtes et ses demandes « constituaient un donnant-donnant pour organiser une visite du président Zelensky à la Maison Blanche ».

S’agissant de l’aide militaire, gelée par la présidence américaine au début de l’été alors qu’elle était jugée cruciale face à « l’agression russe » par tous les diplomates, Gordon Sondland a aussi reconnu avoir dit à des responsables ukrainiens que son dégel était conditionné à l’ouverture de ces enquêtes chères à Donald Trump.

« En l’absence d’explication crédible pour sa suspension, je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l’aide sécuritaire n’interviendrait pas tant qu’il n’y aurait pas une déclaration publique de l’Ukraine s’engageant à mener les enquêtes », a-t-il témoigné. Il a estimé avoir « partagé ses inquiétudes » avec un proche conseiller du président Zelensky, en s’appuyant notamment sur ses propres « échanges » avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, connu pour être l’homme fort de la politique étrangère de Donald Trump.

Surtout, à tout moment, a-t-il assuré, les plus hauts responsables de l’administration étaient au courant de ces démarches, et les soutenaient.

L’audition de Gordon Sondland était d’autant plus attendue, que l’homme a eu jusqu’ici quelques problèmes de mémoire. Lors de sa première déposition, mi-octobre à huis clos, l’ambassadeur avait esquivé de nombreuses questions, expliquant ne plus se rappeler de réunions ou d’échanges téléphoniques pourtant rapportés par d’autres témoins. Il avait par exemple assuré n’avoir « pas participé » à des actions visant à « geler de l’aide afin de faire pression » sur Kiev. Selon lui, une telle attitude serait « inappropriée », voire « illégale », si elle avait comme but « d’influencer une élection américaine ». Mais face aux contradictions, il s’est subitement souvenu d’une conversation avec Andreï Yermak, un conseiller du président ukrainien.

France24

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