La dette, une technique financière ruineuse

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La riche et puissante dynastie des Rothschild est à l’origine de la dette souveraine, du système bancaire, de l’argent-dette. Elle était une famille qui vivait dans le ghetto juif de Frankfort au XVIII siècle. En effet, les juifs étaient « prisonniers » dans ce ghetto sordide et surpeuplé. Ils n’avaient pas le droit d’exercer la plupart des métiers. Ils payaient de lourds impôts et n’avaient pas le droit de posséder des biens immobiliers. Les prêts avec intérêts étaient la seule activité économique qui leur était réservée contrairement aux chrétiens à qui cette pratique était interdite. Ils s’adonnaient aux changes, à l’investissement et aux prêts, toutes activités qui préfiguraient la pratique bancaire d’aujourd’hui basée sur l’argent-dette.

La dette mondiale est le triple du PIB mondial. Elle dépasse ainsi trois fois la richesse réelle dont dispose l’humanité. Ce qui signifie que la dette ne sera jamais remboursée mais cela n’empêche pas tout même l’économie de fonctionner. A quoi bon d’accorder une dette qui ne sera jamais rendue et de surcroit dont le défaut de paiement n’empêche pas l’économie de tourner? N’est-ce pas irrationnelle une telle technique financière ? L’épargne, c’est de l’argent retiré du circuit économique, immobilisé dans des comptes bancaires, aux mains d’une minorité. Pour se faire bonne conscience, des milliardaires (Giving Pledge) qui ne savent plus que faire de leur épargne chiffrée en milliards de dollars s’engagent moralement à céder au moins 50% de leur argent à des fins philanthropiques.

A quoi bon d’accumuler une telle richesse qu’on n’arrive pas à utiliser et que l’on a privé dramatiquement à des travailleurs qui en ont infiniment besoin ? N’est-ce pas irrationnelle une telle épargne? L’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) consiste à racheter directement des dettes privées ou publiques par une banque centrale. Ces titres achetés sur les marchés sont échangés contre de la monnaie centrale pour relancer l’activité économique. Cette pratique moderne de la planche à billets est une politique monétaire non conventionnelle jugée diabolique par les Allemands (mais largement utilisée aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon). Enfin, n’est-ce pas de la spéculation financière pure et simple que de consentir des prêts à des taux négatifs? Faut-il le rappeler, la spéculation financière est à l’origine de la crise de 1929 et de celle des subprime de 2008.

Cette irrationalité financière et cette spéculation financière fondée sur la prolifération et la multiplication de produits financiers dérivés ont réduit des familles à la pauvreté et à la misère, ont semé de la souffrance dans les maisons, ont causé du chômage, détruit des vies, créer des crises économiques et des guerres. Les banques ont ainsi détourné les objectifs de notre développement en objectifs d’épanouissement d’élites riches, égoïstes, insoucieuses du bien-être des autres. Nos nouveaux maitres sont nos banquiers qui ont détourné la fonction de la monnaie pour mieux nous dominer et nous asservir. Nous devons travailler pour eux, pour leurs enfants. Nous produisons de la richesse, ils en disposent sans verser une goutte de sueur.

La dette bancaire ce n’est pas de l’argent liquide que l’on prête comme cela se passe entre deux individus. Contrairement à une opinion répandue, même chez les économistes, la dette n’est pas de l’épargne prêtée. C’est une écriture banale de chiffres qui vous autorise à retirer du tas de billets dont dispose la banque une somme équivalente au signalement des chiffres. Soit les banques disposent d’un tas de billets d’un montant de 2000 milliards de francs CFA par exemple. Elles donnent aux demandeurs de crédits des « droits de tirages » sur ce tas d’une certaine somme de billets moyennant un intérêt, le paiement d’un service.

Elles peuvent prêter deux fois, quatre fois, six fois ou plus ces 2000 milliards tant qu’existe la probabilité que les bénéficiaires de crédits et les épargnants ne viennent prendre en même temps le montant de leur prêt ou de leur argent. Cette possibilité est d’autant plus probable, que certains bénéficiaires utilisent des chèques et d’autres de la monnaie électronique sans utiliser un seul billet du tas. Elle est encore plus probable que de l’argent retiré le matin est dépensé et revient le soir à la banque pour être rangé dans le tas.

La banque peut prêter dix milliards le matin, mais retrouver le soir les deux milles milliards intacts, puisque soit aucun billet n’a été utilisé dans les transactions, soit les billets y sont retournés. En m’accordant une dette, on me crédite de plus de droits de tirage, lorsque je dépense la dette, on me débite de ces droits. Soit j’emprunte 10.000.000 CFA pour payer une voiture à CFAO-AUTOMOBILE dont le compte est domicilié à la même banque que le mien. Je décide de payer avec un chèque. Aucun billet n’a été engagé dans la transaction. On a transféré mes droits de tirage de mon compte au compte de l’entreprise. Aucun billet n’est sorti, sauf que des écritures ont été opérées. J’ai été riche de 10.000.000 CFA de droits de tirage, à la minute suivante je suis appauvri de 10.000.000 CFA de droits de tirage au profit de l’entreprise. J’ai une voiture mais j’ai perdu du pouvoir d’achat puisque je dois payer durant cinq ans une échéance de quelques milliers de francs et acheter au moins du carburant pour ma nouvelle voiture.

Toute dette accordée, se traduit par une perte de pouvoir d’achat du consommateur à l’instant qui suit. La banque nous vend du vent que nous devons payer par un pouvoir d’achat frappé d’un intérêt qui le creuse davantage (10.000.000 + 3.000.000 FCFA). Les 10.000.000 CFA qui ont été dépensés se transforment probablement en épargne et en salaires u niveau de l’entreprise. Ces salaires n’ont d’impacts sur le pouvoir d’achat national global que s’ils correspondent à une création de nouveaux emplois. L’intérêt, condamné par la religion musulmane, est techniquement et moralement abominable. C’est un coût surfait sur le remboursement de la dette. C’est de l’argent qui n’est ni créé ni prêté mais qui est à rembourser. C’est de l’argent qui n’existe pas.

L’argent existe par la création monétaire ex nihilo, rentre dans le circuit économique et en sort par le remboursement frappé de l’intérêt. Il faut payer plus que ce qui est prêté, ce qui est créé. C’est ainsi qu’il existe des gagnants et des perdants dans le système. Ceux qui remboursent, recouvrent leurs dettes avec une partie de l’argent des autres. Ceux-ci ne peuvent plus payer, ils perdent leurs hypothèques, leurs garanties. Ils descendent dans l’enfer de la déchéance. Tant pis pour eux ! Ainsi est fait le jeu, le système ! Pour recouvrer leurs dettes ils doivent contracter de nouvelles dettes. Les dettes paient les dettes, on rentre dans un circuit vicieux. On ne peut plus s’arrêter de s’endetter, car on ne peut plus s’arrêter de rembourser la dette. La dette s’accumule, grossit, grossit, encore grossit jusqu’à exploser à notre figure, c’est l’irréparable récession sans solutions bienfaisantes. C’est ainsi que la dette et l’épargne retirent du pouvoir d’achat du circuit économique. Elles favorisent le gap entre la production et la consommation qui devrait la financer.

La perte de pouvoir d’achat, le chômage, les invendus représentent les conséquences affreuses de telles forfaitures. L’enjeu de notre système économique c’est la dette et l’épargne. La dette enrichit les tenants du pouvoir financier, l’épargne récompense les multinationales. Il faut sortir de la dette ou périr par la dette. La dette bancaire est cependant différente de la dette qu’un individu accorde à son semblable. Si j’ai 500.000 CFA, je prête 100.000 CFA à mon ami, il me reste 400.000 CFA. Ce n’est pas le cas pour la banque qui ne prête pas ses billets de banque.

Ils donnent des droits de tirage, que l’on exerce souvent sans effet sur le tas de billets. Ces 2000 milliards constituent la somme globale des réserves obligatoires que la banque centrale impose à toutes les banques commerciales à détenir pour pouvoir accorder du crédit. Ces réserves fractionnaires obligatoires sont régulées par le marché interbancaire d’achat et de vente de billets de banque. Ces réserves obligatoires représentent d’ailleurs la limite des montants à prêter pour éviter le risque de pénurie de billets dans le cas où le volume de crédit est anormalement élevé. Cette limite disparaitra toutefois dans le cas de la monnaie électronique.

Comme vous le voyez, nous sommes tous dans les liens de la dette. Plus de 90% de nos salaires sont liés à des prêts. Nous sommes attachés par les chaines de la dette. Etats, ménages, entreprises, nous sommes les prisonniers de la dette. Le système économique et notre développement sont piégés par le pouvoir bancaire et financier. Nous ne pouvons échapper sans briser ces chaines.

La planche à billets, légitime technique utilisée par l’état pour injecter de l’argent dans le circuit économique a été bannie par les technocrates. Ils justifient leur science par le penchant de l’état « irrationnel et irresponsable » à provoquer l’inflation contrairement aux intérêts privés plus « rationnels et plus responsables ».

Les intérêts électoralistes des politiciens l’emporteraient-ils sur la voracité et la cupidité des privés ? L’inflation, réductrice de pouvoir d’achat, reste toutefois omniprésente dans notre merveilleux système technocratique. Les crises de 1929 et 2008 résultaient de la spéculation financière fondée sur les intérêts privés « rationnels et responsables », mais les états « irrationnels et irresponsables » ont été les valeureux sapeurs-pompiers qui ont éteint et délimité l’ampleur de l’embrasement. La pratique de la planche à billets sert à préserver les états des déficits budgétaires qui sont à l’origine de l’endettement excessif des états. L’argent est une confiance accordée à du papier et du métal par l’état en tant que dépositaire de la volonté et du pouvoir du peuple. L’argent appartient à l’état, au peuple.

Nul n’a le droit de confisquer le droit de battre la monnaie et de l’émettre à la place de l’état. En extorquant ce droit de battre et d’émettre la monnaie, un pouvoir privé a soumis l’état, l’a enchainé et l’a rendu esclave de ses intérêts et de ses volontés capricieuses. Les banquiers l’ont arraché à l’Angleterre en 1693, à l’Amérique en 1913, à la France en 1973, à l’Allemagne et à l’Europe en 1993. Ils ont conquis ces vastes et sûrs marchés financiers que représentent nos chers états. Ils ont rendu nos états esclaves ainsi que nos ménages et nos entreprises. La dette souveraine des états est à la base des taux négatifs en vogue aujourd’hui parce qu’elle est plus sûre. L’enrôlement des états dans le marché financier a pour conséquence des coupures sur les dépenses sociales, conditions de notre bien-être. Des leaders avertis et patriotes ont opposé pourtant une résistance farouche à cette soumission de l’état à des intérêts privés. Benjamin Franklin, Thomas Jefferson, Abraham Lincoln, pour ne citer que ceux-là, se sont opposés de manière virulente à la dictature des banques et des banquiers.

Pourquoi les états empruntent avec intérêts l’argent aux banques privées lorsqu’ils peuvent créer tout l’argent dont ils ont besoin sans frais? Il est établi que la dette et l’épargne retirent du pouvoir d’achat du circuit économique, secrètent de la pauvreté et du chômage, détruisent des familles et des ménages, favorisent des crises et des guerres, entravent le développement humain. La rationalité voudrait que de sérieuses réformes soient apportées à défaut de radicales ruptures. Le volume du crédit annuel au Sénégal s’élèverait à 4000 milliards de francs CFA. Une moitié de cette somme pourrait servir au crédit privé, l’autre partie affectée à l’état pour financer un revenu de base et payer la dette intérieure. L’épargne pourrait être orientée vers une bourse des projets qui n’appellent que des investissements financiers au lieu de l’accumuler comme un pouvoir d’achat mort hors du circuit économique.

Si la planche à billets alimente l’inflation alors la création monétaire privée alimente les déficits budgétaires chroniques, les politiques d’austérité qui s’attaquent aux dépenses sociales et l’endettement sans fin qui ruine les états, les ménages et les entreprises avec des dettes impossible à payer.

« L’Etat est une Entreprise dont les Actionnaires sont les Citoyens »

« L’ignorance est une source de domination, de manipulation et d’exploitation »

Dr. Abdoulaye Taye
Enseignant-chercheur à l’Université Alioune Diop de Bambey
Président de TGL (voir Tôt, voir Grand, voir Loin)
Initiateur du projet RBG-AMO
Opérateur politique

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