RADICALISME ET PERCEPTION DU TERRORISME – Le plaidoyer de Cheikhna Cheikh Saad Bouh pour la paix

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‘’Nashiha’’ est la lettre que Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait adressée à son frère initiateur d’un djihad. Le Département d’histoire de l’université de Dakar, en partenariat avec l’association Sadikhina Wa Sadikhate, l’a traduite en anglais et en wolof pour sa vulgarisation. L’ouvrage est présenté le week-end dernier au Musée des Civilisations noires.

Cent treize ans après la traduction en français, en 1906, de ‘’Nashiha’’ (‘’Celui qui prend les armes, s’éloigne de la vertu‘’), le Département d’histoire de l’université de Dakar et l’association Sadikhina Wa Sadikhate l’ont traduite en anglais et en wolof. Il s’agit de la lettre datant de 1906, que Cheikhna Cheikh Saad Bouh avait adressée à son frère, Ma El Aïnin, l’exhortant à abandonner la guerre sainte dans laquelle il s’était engagé contre le régime colonial français.

En effet, le guide explique, dans sa missive, que les conditions qui pouvaient lui permettre de faire le djihad étaient contraignantes.

Des années après, le contexte est-il le même ? ‘’Ce livre apparait à son heure, du moment que des études ont révélé l’existence de facteurs de radicalisation. Au moment où il y a beaucoup de remous que l’on met en relation avec la religion, ce livre vient à point nommé’’, s’est réjoui, samedi dernier, lors de la cérémonie de lancement du livre, Dr Ousmane Sène qui a traduit le manuscrit en anglais. Il était avec le recteur de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, Ibrahima Thioub, et de Chérif Mouhamadoul Mamoune Haïdara.

Aussi, l’auteur de la lettre traduite est considéré comme quelqu’un qui prônait la paix avec pédagogie. Selon M. Sène, par ailleurs directeur de Warc, le fondateur de la khadriya ‘’a un style particulier dans cette correspondance. C’est un style très poli, très intellectuel. Il utilise la persuasion pour montrer au destinataire que faire la guerre, ce n’est pas avoir les valeurs cardinales que l’on devrait avoir en tant que croyant. Que c’est contraire à la vertu. Que, quelle que soit la personne ou l’institution au nom de laquelle on appartient, il n’y a aucune raison de faire la guerre’’.

Ainsi, Ousmane Sène a lancé un appel à la vulgarisation, à la distribution et à la discussion autour de cet ouvrage, ‘’pour comprendre que la guerre et l’islam ne font pas bon ménage. Cela pourrait aider à arrêter certaines choses qui se passent à travers le monde au nom de l’islam’’.

Le fondateur de Saliha Editions, Mouhamadou Mamoune Haïdara, a rappelé qu’au niveau du Musée des Civilisation noires, un espace est réservé à Cheikhna Cheikh Saad Bouh. Il faut dire que l’intérêt que les chercheurs ont manifesté, par rapport à cette œuvre épistolaire, ‘’est à la hauteur de l’intérêt historique qu’il présente, lié à son contenu, au contexte historique de sa production, à la notoriété et au rôle joué par son auteur dans la construction des bases politico-religieuses d’accommodation des communautés’’.

Babacar Sy SEYE
Section:
culture

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