ECONOMIE NUMERIQUE – Les grands chantiers de Ndèye Tické Ndiaye

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L’économie numérique peut apporter plus au Pib national. Pour ce faire, le ministre de tutelle a annoncé, hier, la stratégie ‘’Sénégal numérique 2025’’ d’un montant de 1 361,3 milliards qui prévoit, entre autres, la création d’au moins 35 000 emplois.

Le numérique offre plusieurs opportunités que l’Etat du Sénégal ne veut surtout pas rater. ‘’En 2025, le numérique pour tous et pour tous les usages, avec un secteur privé dynamique et innovant dans un écosystème performant’’. C’est sur cette vision du ministère de l’Economie numérique et des Télécommunications que le ton a été donné, hier, lors du ‘’Pencum numérique’’.

Il s’agit de promouvoir le numérique dans les secteurs économiques prioritaires que sont le commerce et l’agriculture ainsi que ceux de la santé et de l’éducation. D’ici 2025, l’objectif sera de mettre à niveau le cadre juridique des télécommunications et des Tic. En outre, le renforcement du capital humain par la formation aux Tic, occupe une place de choix dans la feuille de route du ministre de l’Economie numérique, des Télécommunications et de la Poste, Ndèye Tické Ndiaye Diop. ‘’La stratégie national 2025 va, dans un premier temps, permettre de renforcer la connexion de l’Administration grâce au Programme d’appui à la modernisation de l’Administration. Elle pourra mieux remplir ses missions et ce processus sera complété par la dématérialisation des démarches administratives. L’objectif est surtout de réduire de 50 % la facture de l’Etat, c’est-à-dire les charges associées aux services administratifs du Sénégal ; 40 % des services administratifs seront mis en ligne d’ici 2025. Et le paiement de 50 % des redevances dues à l’Etat seront versées par voie numérique’’, explique-t-elle.

Ces réformes, selon le ministre, auront pour effet l’augmentation des recettes de l’Etat et permettront que la contribution du numérique au Pib soit portée à 10 %. Aujourd’hui, le taux de pénétration d’Internet au Sénégal est de 70,48 %, celui du mobile a atteint 109,38 %.

Dans le but de garantir un accès aux réseaux ouverts et abordables, le ministère de tutelle prévoit, d’ici 2025, l’ouverture de 45 maisons numériques du citoyen dans tous les départements du pays, dont cinq prévues en début 2020. Celles-ci offriront aux populations des services du domaine de la justice, de l’urbanisme, des impôts et des services privés. De ce fait, les déplacements de celles-ci à la quête d’un document administratif, n’auront plus lieu. Dans ce même sillage, la mise en place de caméras de surveillance suit son cours. Déjà, 213 caméras sont installées à Thiès, Kaolack, Saint-Louis sur les 500 prévues.

Création d’emplois et start-up en ligne de mire

‘’L’un de nos principaux défis est la création de pôles dédiés à l’économie numérique. C’est en ce sens qu’intervient la construction du Parc de technologie numérique de Diamniadio sur 24 ha, financé par la Bad à hauteur de 40 milliards, en plus d’une contrepartie de l’Etat de 6 milliards de francs Cfa. Le démarrage est prévu en 2021 et il va accroitre la contribution des Tic à l’économie sénégalaise tout en favorisant l’emploi des jeunes. Il accueillera le Data Center Tiers 3, un centre de formation, des entreprises de Tic et un bâtiment administratif. Ce parc devrait générer au moins 35 000 emplois’’, a déclaré le ministre Ndèye Tické Ndiaye.

A l’en croire, la promotion des start-up fait également partie de la Sn 2025. En effet, après un processus d’identification et de cartographie des start-up du numérique, toutes celles âgées de moins de 8 ans bénéficieront d’un encadrement et d’un accompagnement financier. Et ce, grâce à la Der qui empochera chaque année 3 milliards de F Cfa. Il s’agira aussi de créer un environnement propice à leur développement.

A cet effet, un projet de loi portant création et promotion de la start-up au Sénégal validé en Conseil des ministres est actuellement au niveau de l’Assemblée nationale. Toutes ces initiatives requièrent cependant la sécurité cyberespace, surtout des données à caractère personnel des usagers. ‘’La stratégie nationale de cyber-sécurité est en cours de mise en œuvre et entre 2020-2022, nous voulons réaliser un cyberespace de confiance et sécurisé. Le Sénégal abrite, par ailleurs, l’Ecole régionale de cyber-sécurité. Pour mieux prendre en charge les attaques informatiques, le Computer Emergency Response Team a été mis en place à l’Agence de l’informatique de l’Etat’’, rassure le ministre.

En outre, un plan de sensibilisation pour la protection des enfants en ligne est toujours en cours.

L’Etat doit à La Poste et celle-ci doit à l’Etat

Si, pour beaucoup, La Poste sénégalaise est loin d’être sortie du coma fonctionnel, pour le ministre de tutelle, son redressement est en bonne voie. Il comprend la mise en place de kiosques postaux et la diversification de son offre de services, pour faire face à la concurrence (15 opérateurs privés). ‘’Sn La Poste’’ s’est également lancée dans le transfert d’argent.

Selon le ministre, ‘’avec la carte Postecash, l’usager peut envoyer et retirer dans n’importe quelle banque. Nous avons donc un avantage comparatif’’, déclare-t-elle. Concernant ses problèmes financiers, Ndèye Tické Ndiaye affirme que ‘’ l’Etat doit à La Poste et La Poste doit à l’Etat’’. Toutefois, l’entreprise aurait totalement épongé sa dette de 35 milliards.

EMMANUELLA MARAME FAYE

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