Mandat d’arrêt émis contre la femme de Ghosn, l’homme aux mille tours de magie

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iGFM – (Dakar): La justice japonaise émet un mandat d’arrêt contre l’épouse de Carlos Ghosn. Carole Ghosn est soupçonnée de faux témoignage. La télévision japonaise NHK a reconstitué le récit de la rocambolesque fuite vers le Liban de l’ancien homme fort de l’alliance Renault-Nissan. Il aurait bien pris place dans une caisse pour se cacher.

La justice japonaise a émis un mandat d’arrêt contre Carole Ghosn, ont rapporté ce mardi 7 janvier les agences de presse Kyodo News et Jiji. Selon un communiqué du parquet de Tokyo, la compagne de l’ex-PDG de la marque au losange est soupçonnée de fausses déclarations en avril 2019, lorsqu’elle avait été interrogée sur ses éventuelles rencontres avec une personne dont le nom n’a pas été cité.

Arrêté en novembre 2018, M. Ghosn avait été libéré sous caution fin avril 2019, mais avait l’interdiction de voir ou de contacter sa femme. Une « punition » pour le démoraliser, avait-il protesté. En fait, le parquet soupçonnait déjà Carole Ghosn d’être entrée en contact avec des protagonistes de l’affaire. Après la fuite au Liban, plusieurs médias l’ont ensuite présentée comme le cerveau de l’opération.

Quoi qu’il en soit, Carlos Ghosn a déclaré la semaine dernière – il aura l’occasion de le répéter mercredi devant la presse -, qu’il avait organisé « seul » son exfiltration. Une fuite rocambolesque, que la chaîne de télévision publique japonaise NHK, avec d’autres médias, reconstitue petit à petit. Notamment grâce aux images de caméras de surveillance à la disposition des enquêteurs.

Ce que révèlent les images des caméras de surveillance

Le 29 décembre, l’ancien capitaine d’industrie quitte seul sa luxueuse résidence proche de l’ambassade de France à Tokyo. Les caméras de surveillance le montrent, arrivant dans un hôtel du quartier de Shinagawa, où l’attendent deux hommes, deux étrangers. Vers 16h30, à la gare de Shinagawa, Carlos Ghosn monte avec eux dans un train à grande vitesse à destination de la ville d’Osaka.

Il porte un chapeau et un masque antipollution. Le train est bondé, mais personne ne le reconnaît. Cinq cents kilomètres séparent Tokyo d’Osaka. Arrivés à la gare de Shin-Osaka, les trois hommes prennent alors un taxi pour se rendre dans un hôtel proche de l’aéroport. Il est 19h30. Deux heures plus tard, les deux autres hommes quittent l’hôtel. Ils transportent deux imposantes caisses pour matériel audio.

En fait, Carlos Ghosn a pris place dans l’une d’entre elles. Des trous ont été percés pour lui permettre de respirer. L’aéroport du Kansai n’est pas équipé d’appareils pour soumettre des bagages de grande taille à un contrôle par rayons X et les embarquements sur des vols privés sont moins surveillés. Les deux hommes qui ont aidé Carlos Ghosn à fuir vers le Liban ne sont plus au Japon non plus.

Les circonstances de sa fuite s’éclairent peu à peu. Dernier élément en date, selon Le Monde, une société opérant depuis Dubaï aurait réglé une facture de 175 000 dollars pour réserver l’un des jets privés qui ont permis à l’ex-PDG de s’évader.

Obtenir l’extradition de Carlos Ghosn du Liban

L’homme le plus connu du Japon, comme le surnomme notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles, a donc utilisé des subterfuges particulièrement audacieux pour quitter le territoire de l’archipel nippon, l’un des pays les plus puissants du monde. Le ministère japonais des Transports ordonne désormais l’inspection systématique des bagages de grande taille dans tous les aéroports.

Les autorités japonaises ont également sollicité le soutien de Beyrouth et examiné la législation libanaise sur l’immigration… Objectif : trouver une brèche pour obtenir le retour du fugitif. Mais une source au ministère japonais de la Justice ne se fait guère d’illusion, le Liban n’extradant pas ses ressortissants.

Nissan se montre tout aussi chagrin que la justice nippone. Le constructeur automobile vient de juger « extrêmement regrettable » la fuite de Carlos Ghosn qui a à ses yeux « bafoué le système judiciaire japonais ».

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