MEURTRE DE SERIGNE FALLOU KA – Les trois policiers et l’Asp reconnus coupables

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Trois policiers et un agent de sécurité de proximité ont été déclarés coupables, hier, du meurtre de Fallou Ka. Ils sont condamnés à 2 ans de prison ferme et devront payer à la famille de la victime la somme de 2 millions de francs.

L’affaire du détenu Fallou Ka a connu son épilogue. Les trois policiers, Daouda Ndiaye, Ndongo Kane et Baba Coundoul, et l’agent de sécurité de proximité Louis Diouf ont été reconnus coupables du décès de Fallou Ka par le tribunal de grande instance de Diourbel. Ils écopent de 2 ans d’emprisonnement ferme et sont condamnés à payer solidairement à la partie civile représentée par le père du défunt, la somme de 2 millions de francs. Le juge n’a pas totalement suivi le ministère public qui, dans sa plaidoirie, avait requis une peine d’emprisonnement de 2 années dont 8 mois ferme.

De sources sûres, les condamnés envisagent de faire appel de la décision de justice. Les policiers et l’agent de sécurité de proximité sont incarcérés à la maison d’arrêt et de correction de Diourbel, depuis le mois de mai 2019, pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner.

Ils avaient interpellé feu Serigne Fallou Ka pour offre et cession de chanvre indien, alors qu’ils étaient en service au commissariat urbain de Mbacké, à la brigade de recherches. Le regretté Fallou Ka était âgé de 20 ans, au moment des faits.

‘’Falloux Ka serait mort’’

Lors du procès, le ministère public avait soutenu que la culpabilité des personnes incriminées dans cette affaire ne souffre d’aucun doute, dès lors que le défunt avait, avant sa mort, confié à son grand-père, à un agent de police et au surveillant de prison Daouda Faye, que ce sont les personnes qui l’avaient interpellé qui l’ont battu. ‘’Dès lors qu’il n’y a aucune explication de leur part pouvant justifier qu’ils n’ont pas commis cet acte, je vous demande, Monsieur le Juge, de déclarer les quatre prévenus coupables et de les condamner à 2 ans d’emprisonnement dont 8 mois ferme’’, avait formulé le substitut du procureur.

Un réquisitoire qui avait fait sortir l’avocat de la défense de ses gonds. Maitre Boubacar Dramé avait rejeté, en bloc, toutes les accusations portées sur ses clients. Attaquant d’emblée le certificat de genre de mort établi par le docteur Saint Charles Nabab Kouka, Médecin légiste, par ailleurs expert en dommage corporel en service à l’hôpital départemental de Mbour. L’avocat avait douté même du sérieux du toubib car, disait-il, il a écrit sur réquisition de l’adjudant Oumar Diop, Commandant de la brigade de gendarmerie de Diourbel, alors que ce dernier n’était plus en poste, lorsque les faits survenaient. Il disait que la blouse blanche a utilisé le conditionnel en écrivant : ‘’Falloux Ka serait mort.’’

Conséquence : il soutenait que les conclusions du médecin légiste ne valent rien, étant donné qu’elles font planer le doute sur les causes réelles du décès de Fallou Ka. ‘’Avec des si, on ne peut pas entrer en voie de condamnation. Le droit pénal est un droit de certitude’’, avait-il martelé. Avant de plaider la relaxe au bénéfice du doute.

Son confrère, Me Abdoulaye Babou, avait renchérit : ‘’Ce n’est pas dans l’émotion que vous allez entrer en voie de condamnation. Pour condamner, il faut avoir des preuves irréfutables. Ce qui n’est pas le cas. La seule constance dans cette affaire, ce sont les douleurs abdominales dont souffrait le défunt.’’ Ils n’ont pas été entendus.

Boucar Aliou Diallo (diourbel)

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