“Dix jours sans maman” et papa est perdu

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“Dix jours sans maman” avec Franck Dubosc sort aujourd’hui et entretient tous les clichés dépassés sur la vie de famille.

Antoine est directeur des ressources humaines dans un magasin de bricolage. Il est sur le point d’avoir une promotion et de devenir numéro un de l’entreprise. C’est à peu près la seule chose qui l’intéresse. L’éducation de ses quatre enfants et l’organisation de la vie de famille, il laisse ça à sa femme, Isabelle. Celle-ci a renoncé à sa carrière d’avocate pour prendre soin de la marmaille et ça semble lui convenir comme ça.

Jusqu’au jour de trop où l’on félicite son mari pour la cuisson des saucisses au barbecue mais pas elle, alors qu’elle a mis la table et préparé tout le reste du repas. Jusqu’au jour où son fils lui dit qu’elle parait plus vieille que sa sœur, alors qu’elle est la plus jeune des deux. Isabelle décide de prendre du temps pour elle et annonce qu’elle part dix jours en Grèce. Antoine lui disait justement qu’il donnerait “n’importe quoi pour être à sa place”. Il va comprendre sa douleur.

“Dix jours sans maman” est une comédie pas très drôle sur la vie de famille portée par un Franck Dubosc qu’on a connu plus inspiré. Le problème, c’est que sous prétexte de dénoncer les clichés du père absent et égoïste, il ne fait que les renforcer.

Antoine n’est pas un personnage très aimable: c’est le genre de patron qui se rend compte après plusieurs années que sa secrétaire Christine s’appelle en réalité Christiane. C’est le genre de père qui ne connait pas le nom de l’école de ses enfants et découvre par hasard qu’ils sont inscrits dans un club de sport. C’est un mec qui, quand sa femme passe la porte de la chambre, éreintée par sa journée, lui jette un regard lubrique et qui répond, quand elle lui demande ce qu’il veut: “Je me disais qu’on avait envie de faire l’amour, ce soir.” Parce que s’il en a envie, elle aussi, forcément.

Quand sa femme s’en va, Antoine va évidemment enchaîner les bourdes. En plus d’être égocentrique, il est assez bête.
Le père de famille dans “Dix jours sans maman” est incapable de se faire griller des tartines sans mettre le feu à la maison.
Le père de famille dans “Dix jours sans maman” est incapable de se faire griller des tartines sans mettre le feu à la maison. © DR

Son personnage a beau faire amende honorable à la fin et se rendre compte, sans surprise, que quand même, ses enfants sont formidables, on a du mal à l’apprécier.

On se demande, une fois le film fini, à qui il s’adresse exactement. Pas aux pères qui ressemblent à Antoine: ils auront forcément mieux à faire et ce film ne les poussera de toute façon pas à se remettre en question. Et pas non plus aux mères qui ont un mari comme ça à la maison: elles n’ont probablement plus vraiment le courage d’en rire.

Dans le genre comédie sur la vie de famille, “Papa ou Maman” faisait mille fois mieux en son temps. Bref, c’est loupé pour “Dix jours sans maman”.

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