AMADOU HOTT SUR LA CHUTE DES COURS DU PETROLE – ‘’On pourrait envisager la baisse des prix de l’électricité, si… ‘’

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A quelque chose malheur est bon. Le chamboulement de l’économie mondiale par le coronavirus n’a pas que d’impacts négatifs. Certains pays importateurs de pétrole comme le Sénégal, pourraient bien tirer profit de cette situation, avec la baisse du prix du pétrole.

L’épidémie du coronavirus est en train de chambouler complétement l’économie mondiale. En effet, un mois après son apparition en Chine, le Covid-19 a entrainé une chute vertigineuse des cours du pétrole, un crash boursier et une hausse fulgurante des prix de l’or. Les économistes ont également prévu une baisse de la croissance mondiale qui, initialement prévue à 2,9 % en 2020, devrait descendre à 2,4 %, soit une baisse de 0,5 %. Cependant, cela ne veut pas dire que le coronavirus n’a que des impacts négatifs sur l’économie des pays, comme on pourrait le penser. En effet, certains Etats peuvent bien tirer des avantages de ce chambardement de l’économie mondiale. Il s’agit des pays importateurs de pétrole comme le Sénégal qui verront le produit, de plus en plus accessible, avec la chute de 30 % des cours du pétrole causée par la baisse de la demande mondiale, avec le confinement de la Chine.

Aussi, au même moment, les prix d’autres matières premières telles que l’or connaissent une hausse. Cette situation est d’autant plus avantageuse pour le Sénégal que le pays est aussi exportateur du métal précieux. Ainsi, la question qui est au bout de toutes les lèvres des Sénégalais est la répercussion sur les prix des hydrocarbures et de l’électricité dont les populations ne cessent de réclamer la baisse. N’est-ce pas une belle opportunité pour l’Etat d’alléger les tarifs de l’électricité pour les populations ?

Pour le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, on peut bien envisager la baisse des prix. Mais pour cela, il faut que la chute des cours du pétrole s’inscrive dans la durée. ‘’Il y a des avantages notés avec la baisse des prix du pétrole qui va affecter un peu positivement le budget de l’Etat, avec la baisse de la compense. Si les prix du pétrole continuent de baisser, on peut aussi envisager de baisser les prix des hydrocarbures et de l’électricité. Mais il faut que cela soit dans la longue durée, d’ici 1 ou 2 ans, car la baisse (des prix) du pétrole n’aura pas d’impacts immédiats sur l’électricité et le carburant’’, déclare le ministre Amadou Hott. Qui ajoute : ‘’Il y a aussi un effet contraire sur les recettes, avec la TVA qui va baisser. Il faut calculer de quoi il s’agit et les services du ministère de l’Economie, ainsi que ceux du ministère des Finances et du Budget et du ministère des Energies et du Pétrole travailleront autour d’un comité pour suivre de près l’impact du coronavirus et de la baisse des prix du pétrole sur l’économie, sur les investissements. Et nous ne manquerons pas de prendre des mesures idoines pour atténuer.’’

Le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération s’exprimait en marge d’une plénière du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) qui l’auditionnait sur le thème de l’inquiète territoriale.

Les impacts négatifs

Cependant, à côté de quelques avantages que le pays peut tirer de la désorganisation de l’économie mondiale, il y a beaucoup d’impacts négatifs qu’il faut atténuer. Il s’agit des conséquences des mesures de confinement dans certains pays qui ralentissent le commerce et la mobilité, avec des impacts sur les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie.

Mais, à en croire le ministre, les autorités sont bien conscientes des impacts économiques négatifs du coronavirus. ‘’Il est évident que le coronavirus aura un impact sur l’économie mondiale, en particulier sur nos économies africaines et sénégalaises. La raison est qu’il y a un ralentissement du commerce mondial, à cause du coronavirus, et cela a un impact certain sur toutes les économies en particulier. Au Sénégal, certains secteurs seront affectés, comme le tourisme, l’hôtellerie et le transport aérien. Nos services sont, d’ailleurs, en train de faire des enquêtes auprès des opérateurs économiques, pour évaluer et voir si on ressent déjà cette crise, et l’Etat prendra des mesures pour atténuer’’, a fait savoir Amadou Hott.

Renforcer l’équité territoriale

Hier, lors de son passage au Haut conseil des collectivités territoriales, le ministre de l’Economie a été auditionné sur le thème de l’équité territoriale, en particulier sur la politique de son département en termes de planification pour corriger les inégalités territoriales.

Le ministre Amadou Hott a, hier, devant les conseillers territoriaux, exposé les mesures prises par son département pour mieux encadrer et assister les collectivités, afin de booster leur développement. Il s’agit, entre autres, de leur fournir des appuis dans la mise en place de projets ‘’bancables’’ et de la promotion des partenariats public-privé. Pour cela, il a invité les élus locaux à se rapprocher des services de son département, pour bénéficier des appuis techniques nécessaires à la mise en place de projets ‘’viables et qui attirent les investisseurs’’.

‘’Au-delà de ce que les collectivités reçoivent comme les transferts et les fonds de dotation de l’Etat, il est important qu’elles puissent avoir plus d’activités locales, économiques, génératrices de revenus fiscaux, d’emplois et créatrices de valeur ajoutée. C’est pourquoi le gouvernement a lancé des agropoles dans le sud, le nord et le centre du Sénégal, pour pouvoir transformer les produits agricoles au niveau local et créer plus de valeur ajoutée et plus de ressources et de revenus pour les collectivités territoriales’’, dit-il.

Il ajoute : ‘’Il est aussi important que les collectivités puissent travailler ensemble, dans le cadre de l’intercommunalité, pour pouvoir préparer, structurer et proposer des projets structurants intéressant les investisseurs et les secteurs privés.’’

Concernant le financement des projets destinés aux collectivités territoriales, le ministre propose des partenariats public-privé et des mécanismes de garantie des prêts des collectivités. ‘’Il faut tenir compte du risque des engagements que les collectivités seraient amenées à prendre. Que ça soit des engagements raisonnables ou pas d’engagements. Ce qu’il faut éviter, ce sont les engagements dans le futur, qui vont en quelque sorte utiliser tout le budget futur des collectivités. C’est ce que le ministère veut éviter, avec l’unité PPP qui va conseiller et accompagner les collectivités à faire des PPP bancables, viables, équitables et transparents’’, annonce-t-il.

AMINATA MBENGUE NDIAYE – ‘’Nous allons aborder la question du statut de toutes les villes capitales de région’’

Le Haut conseil des collectivités territoriales a tenue, hier, sa première plénière ouverte aux journalistes, après la séance inaugurale du lundi dernier. Le président de l’institution, Aminata Mbengue Ndiaye, en a profité pour décliner l’agenda du HCCT pour les plénière à venir. Elle est également revenue sur certains sujets polémiques dont le fameux débat sur le statut de la ville de Dakar.

Et sur ce point, l’ancienne ministre de l’Elevage a annoncé que toutes les villes capitales de région feront l’objet de discussion concernant leur statut. De même que le statut des chefs de village et des délégués de quartier sera étudié.

‘’Nous allons discuter, dans les séances à venir, des thèmes du statut du chef de village et du délégué de quartier. Il y a également le débat sur le statut des villes capitales de région qui a déjà soulevé énormément de polémiques au niveau de la population, mais qui, si tout le monde avait compris ce que nous sommes en train de faire, ne se serait pas prononcé de façon aussi rapide. En effet, il nous faut, d’abord, finaliser le travail d’audition des départements ministériels, des directeurs nationaux et tenir des rencontres de panel avec les maires pour aborder très largement la question. Et d’ici la semaine prochaine, nous allons étudier la question de toutes les villes capitales comme Touba, Thiès, Kaolack, Saint-Louis et la région de Dakar. Nous allons aborder toutes ces questions avec les maires, les populations, les délégués de quartier, pour savoir ce que chacun d’entre eux pense de ces questions, avant de proposer un avis au chef de l’Etat’’, a fait savoir Aminata Mbengue Ndiaye.

ABBA BA

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