Les jardins de l’Ourika à Marrakech: là où Yves Saint Laurent puise ses secrets de beauté

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Espace évolutif, les Jardins de l’Ourika, inaugurés en mai dernier à Marrakech, ont pour vocation de cultiver de nouvelles plantes et fleurs pour les formules d’Yves Saint Laurent Beauté. Un lieu d’exception, qui célèbre l’amour inconditionnel du couturier pour la nature et sa révélation de la couleur au Maroc, que 7sur7 a eu le privilège de pénétrer.

Une trentaine de kilomètres séparent la ville de Marrakech aux sublimes Jardins de l’Ourika d’Yves Saint Laurent Beauté. Dans la voiture qui nous y conduit, nous contemplons cette nature riche et propre à ce pays. Celle dont laquelle le couturier est tombé amoureux en 1966. Il en fera d’ailleurs sa source inépuisable d’inspiration.

Retrouver les plantes chères à Yves Saint Laurent au sein des Jardins de l’Ourika fut une évidence. Citronniers, oliviers, soucis, roses, iris, safran… Les teintes de ces variétés se mélangent à la couleur rouille des briques qui délimitent le jardin inauguré en mai dernier, et inaccessible au grand public. Nous voilà plongés dans l’univers coloré et chaud d’Yves Saint Laurent. Époustouflant de beauté.

Socialement responsable

Sur place, nous rejoignons Caroline Nègre, directrice scientifique chez Yves Saint Laurent Beauté, qui lève pour nous le voile sur ce projet hors du commun. À la fois jardins de culture, jardins d’agrément et de contemplation, les Jardins de l’Ourika incarnent une avancée majeure dans l’univers de la marque. “Les Jardins de l’Ourika ont pour vocation de présenter l’approche innovante et socialement responsable d’Yves Saint Laurent Beauté. Ces jardins s’inscrivent dans un véritable programme de soutien aux communautés locales, avec la création d’une coopérative de 32 femmes initiée en 2015″, détaille-t-elle.

Des ingrédients intégrés dans les soins

“Le projet a été initié en 2013. Yves Saint Laurent Beauté souhaitait acheter du pistil de safran du Maroc pour la ligne de soin premium Or Rouge. On a donc trouvé un premier champ de safran qui se situe à cinq kilomètres d’ici. Ce safran est récolté par les femmes de la région”, explique la directrice scientifique.

“On s’est alors demandé comment nous pouvions aller plus loin et accompagner ces femmes, les intégrer dans un projet, leur donner beaucoup plus de ressources financières, les souder, leur apporter de nouvelles choses… On a alors commencé à travailler avec une ONG pour les accompagner, les aider à se structurer et créer une coopérative.” Ces femmes ont créé la première coopérative des femmes de la région de l’Ourika, assure fièrement Caroline Nègre. “Elles ont vraiment inspiré et développé le rôle de la femme dans la vallée de l’Ourika.”
Inspirantes

Amina El Hajjami, Directrice de projets à la High Atlas Foundation se dit enthousiaste quant au projet. “Depuis la création de cette coopérative, quatre autres ont vu le jour. Les revenus générés par les récoltes de soucis, d’olives, ont permis aux mères de pouvoir envoyer leurs filles à l’école, quand sur les 32 femmes qui travaillent au sein de la coopérative, seules deux étaient allées à l’école primaire, et deux avaient prolongé un peu leur éducation au lycée.”

Aujourd’hui, ces 32 femmes plantent, récoltent et sèchent des fleurs qui sont expédiées en France, au profit d’Yves Saint Laurent Beauté. Puisqu’il s’agit là du second pendant du projet des Jardins de l’Ourika, qui s’étalent sur deux hectares.

“Nous avons intégré des carrés de plantation avec des plantes biannuelles. Quand les fleurs sont fanées, elles sont remplacées par d’autres plantes pour augmenter la rentabilité pour les femmes de la coopérative. Dans ces jardins, on retrouve les plantes chères à Yves Saint Laurent, des ingrédients indispensables à la fabrication de certains produits de la marque mais aussi d’autres plantes telles que le jasmin, le géranium rosat ou encore la verveine, car les Jardins de l’Ourika n’ont pas vocation à être contemplatifs mais bel et bien exploratoires”, expliquent les deux paysagistes,

40 espèces botaniques

Un premier espace composé de 64 carrés de culture est destiné à la production et à la récolte de plantes intégrées dans les produits Yves Saint Laurent Beauté. “On y trouve ainsi la feuille de noyer pour la gamme de soin Top Secrets et la fleur de calendula pour la formule de Touche Éclat”, détaille Caroline Nègre au milieu des 40 espèces botaniques qui constituent les extraordinaires Jardins de l’Ourika.

Un deuxième espace appelé “collection botanique” est une zone de test permettant d’expérimenter de nouveaux ingrédients. Finalement, un espace “legacy” rend hommage au couturier et à sa passion des fleurs, à travers la présence d’une douzaine de plantes et fleurs référentes telles que le blé, l’hibiscus ou encore le lys.

Augmenter le pouvoir d’achat des femmes

La question de l’intérêt économique d’Yves Saint Laurent Beauté peut alors se poser. “C’est avant tout un projet environnemental et social. L’intérêt pour nous est aussi d’avoir une traçabilité parfaite”, répond Caroline. “Les femmes travaillent pour elles. On leur a donné l’outil de travail, on investit, on fournit les bulbes et ensuite, on achète leur production. Elles peuvent se servir dans le jardin pour leur utilisation personnelle mais aussi pour les revendre et augmenter leur pouvoir d’achat. On ne fait rien des olives mais c’est extrêmement précieux pour elles. Elles se sentent chez elles car tout leur appartient.”

Grâce aux Jardins de l’Ourika, le savoir-faire ancestral des Marocaines est valorisé, permettant aux femmes de la région d’acquérir plus d’indépendance tout en permettant aux scientifiques d’Yves Saint Laurent d’identifier les principaux bénéfices des ingrédients. Et ce, afin d’offrir aux produits des propriétés plus efficaces tout en suivant des méthodes de recherches plus durables. Un échange gagnant.

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