Pandémie de Covid-19 : en Gambie, le secteur du tourisme appelle à l’aide

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Avec une superficie de 10 380 km², la Gambie est le 6e plus petit pays d’Afrique. Il est aussi l’un des plus vulnérables économiquement. Une fragilité accentuée par l’arrêt de la fréquentation touristique, dû à la crise sanitaire mondiale.

Les professionnels du tourisme en Gambie ont lancé début mai 2020 un appel urgent à leur gouvernement et aux donateurs, pour qu’ils les aident en raison de l’impact destructeur du Covid-19 sur leur activité, essentielle pour ce pays pauvre.

L’économie de la Gambie, tout petit pays d’Afrique de l’Ouest enclavé aux trois-quarts dans le Sénégal, est lourdement tributaire du tourisme international, principale source de revenus à côté de l’agriculture et de l’argent envoyé par les Gambiens vivant à l’étranger. Le pays, frappé par les effets de la pandémie en pleine saison touristique, est très prisé des étrangers pour son soleil et ses plages sur l’Atlantique. Il est aussi visité pour ses sites liés à la traite négrière.

Carte de la Gambie
Carte de la Gambie (CIA World Factbook)

L’ancienne colonie anglaise, très vulnérable aux chocs extérieurs, venait déjà d’encaisser fin 2019 la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook, opérateur majeur localement. Ce coup dur s’ajoutait lui-même à la crise financière de 2008 et aux répercussions de la fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016.
Les effets boule de neige dévastateurs du Covid-19

Avec l’apparition du nouveau coronavirus venu de Chine, les vols réguliers ou les charters acheminant les touristes ont été suspendus au pic de la saison. Les annulations laissent les hôtels avec des factures considérables, impayées par les opérateurs, disent dans un communiqué l’Association nationale hôtelière (GHA) et l’Association du tourisme et des voyages (TTAG).

“Un vaste mouvement de fermeture d’hôtels et de petites et moyennes entreprises à tous les niveaux dans le secteur touristique a un effet d’entraînement catastrophique qui touche un nombre énorme de salariés et de fournisseurs”, disent-elles. “L’impact massif” du Covid-19 “est en train de balayer un secteur économique tout entier”. La branche emploie directement ou indirectement des dizaines de milliers de travailleurs dans un pays d’un peu plus de deux millions d’habitants.

Selon ces associations, un audit récent indique que les hôteliers tablent sur une perte de 6,7 milliards de dalasis (118 millions d’euros) entre avril et juin 2020. De surcroît, elles s’alarment du possible retrait de Gambie de l’opérateur allemand FTI, qui convoie en temps normal, selon elles, des centaines de voyageurs vers le pays chaque semaine, et de celui “probable” du suédois Nordic Leisure Travel Group.
Financer l’après-épidémie dans le tourisme

Prenant les devants pour leur survie et celle des emplois, les professionnels du tourisme réclament une “intervention immédiate” du gouvernement, le pressent de fournir des financements, sous la forme de prêts à taux d’intérêt bas, et de prendre en charge les salaires pendant au moins cinq mois. Elles appellent banques et partenaires financiers à suspendre le remboursement des prêts déjà contractés.

Les associations gambiennes demandent également aux donateurs et aux partenaires du développement comme la Banque mondiale d’aider au financement d’opérations de marketing et au paiement des coûts causés par les nouvelles réglementations attendues après la fin de la pandémie.

A la date du 3 mai, moins de vingt cas ont été détectés sur le territoire gambien et un seul mort est à déplorer. Dans le pays, le confinement est partiel depuis fin mars, avec couvre-feu nocturne. Les dégâts économiques, en revanche, sont concrètement à l’œuvre.

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