Après Google, Facebook s’attaque avec Shops à Amazon

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Les entreprises pourront présenter et vendre leurs produits sur Facebook et Instagram. Facebook et Google tentent de rattraper leur retard sur le leader de l’e-commerce.

Signe de l’urgence ressentie par Facebook, M. Zuckerberg a bousculé ses équipes pour accélérer le lancement de ce projet prévu de longue date. « Depuis deux mois, j’ai travaillé personnellement tous les jours sur ce dossier », a-t-il ajouté dans une vidéo en direct sur Facebook.

Cent soixante millions d’entreprises

«Aujourd’hui, si vous voyez un produit qui vous plaît dans un billet sur Facebook ou dans une photo publicitaire sur l’application Instagram, vous devez aller le chercher sur le site mobile de la marque, qui est parfois lent et peu pratique, puis sortir votre carte bancaire et rentrer votre numéro… », a décrit le fondateur du groupe de Menlo Park (Californie). Shops propose aux petites et moyennes entreprises (PME) ou aux multinationales d’importer leur catalogue – avec les prix, etc., – dans un onglet accessible depuis leur espace sur Facebook ou Instagram.

Les produits des marques pourraient être reconnus dans les photos d’utilisateurs des réseaux sociaux, grâce à l’intelligence artificielle

A terme, les produits des marques pourraient être reconnus dans les photos d’utilisateurs des réseaux sociaux, grâce à l’intelligence artificielle, ce qui permettrait à un internaute de cliquer pour se renseigner et acheter, s’il le souhaite, anticipe M. Zuckerberg.

En raison de la précipitation liée au coronavirus, tout n’est pas encore déployé. Shops n’est présent, aujourd’hui, que sur les espaces d’un million d’entreprises, sur 160 millions utilisant Facebook, Instagram, WhatsApp ou Messenger : il s’agit des sociétés qui avaient déjà une page ou un onglet de marque sur ces réseaux, qui a été converti dans la nouvelle interface. Pour les autres, la possibilité de créer un espace Shops sera disponible progressivement au cours des semaines à venir, selon le réseau social américain.

De même, le paiement en un clic, avec son numéro de carte bancaire mémorisé, est pour l’heure accessible aux seuls utilisateurs des Etats-Unis ayant activé la fonction « check out ». Pour les autres, la facturation se fera sur le site de la marque, qui assurera aussi l’étape, cruciale, de la livraison.

La pub demeure le modèle économique

Face au leader incontesté Amazon, spécialiste de la vente en ligne et de la logistique, Facebook espère se distinguer par la « simplicité » d’utilisation de ses interfaces, qui pourront être utilisées de façon « transversale » sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Mais aussi par sa gratuité : créer un espace Shops ne coûtera rien et seule une petite commission sera prélevée en cas d’utilisation de « check out » pour le paiement. Le modèle économique reste la publicité à ce stade, précise Facebook.

L’entreprise joue la carte du collectif en se déclarant compatible avec tout « l’écosystème » d’applications d’aide à l’e-commerce

Enfin, l’entreprise de Mark Zuckerberg, nouvelle arrivante sur le marché, joue la carte du collectif en se déclarant compatible avec tout « l’écosystème » d’applications d’aide à l’e-commerce. Par exemple Shopify, qui gère notamment les catalogues, et dont le PDG était présent aux côtés de M. Zuckeberg pour le lancement de Shops.

Shops est aussi une tentative de diversifier les fonctionnalités des réseaux sociaux. Et de rentabiliser encore l’immense base d’utilisateurs des applications Facebook (1,7 milliard chaque jour pour la seule application bleue Facebook). Le modèle est ici l’application chinoise WeChat de Tencent : celle-ci permet d’envoyer des messages, de regarder des vidéos, de commander à manger, de payer ses factures… Les développements de WhatsApp dans le paiement en ligne et les efforts de Facebook pour lancer la monnaie numérique libra vont dans le même sens.

Un marché avec beaucoup de potentiels

La mue de Facebook passe par une incursion sur le terrain d’Amazon. Celui-ci est leader incontesté de l’e-commerce avec 50 % de part de marché environ aux Etats-Unis (20 % en France). Mais il suscite les convoitises, car son marché a encore beaucoup de potentiel de croissance : la vente en ligne ne représente que 10 % du commerce dans l’Hexagone, environ.

Google suit la même trajectoire : en septembre 2019, le groupe a lancé « Acheter sur Google », un espace de vente complémentaire de son comparateur de produits Google Shopping.

Et, comme Facebook, le numéro un mondial de la recherche a profité de la crise due au coronavirus pour annoncer, à la fin d’avril, la gratuité du référencement des entreprises qui veulent vendre sur son espace. Une tentative pour augmenter le nombre de marques proposées et donc l’offre, qui est un des atouts majeurs d’Amazon. Ce dernier, lui, ne reste pas inerte : il s’est, ces dernières années, développé dans la recherche et dans la publicité en ligne, les domaines de prédilection de Google et Facebook.

Alexandre Piquard

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