SAINT-LOUIS – REPRISE DES COURS POUR LES CLASSES D’EXAMEN LE 2 JUIN PROCHAIN «C’est prématuré», selon les chercheurs du CREFSUGB qui écartent toute idée d’année blanche

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Le Laboratoire Centre de Recherche en Éducation, Formation et Sport (CREFS) de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis a fait part avant-hier, mardi 26 mai, de sa position par rapport à la réouverture des classes d’examen prévue le 2 juin prochain. Ses membres pensent qu’il est un peu prématuré pour le gouvernement de reprendre les cours. Ces chercheurs écartent toutefois toute idée d’année blanche mais estiment que l’Etat pouvait attendre jusqu’en septembre pour rouvrir toutes les classes. Ils regrettent cependant que l’éducation physique ait été amputée des programmes, dans cette reprise des cours.

La décision du gouvernement de faire retourner à l’école tous les élèves candidats aux examens publiques, le 2 juin prochain, a suscité chez les chercheurs du Laboratoire Centre de Recherche en Éducation, Formation et Sport (CREFS) de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis plusieurs questions. Cette décision est-elle la meilleure pour éviter une année blanche ?

La certification serait-elle la finalité ou l’ultime objectif pédagogique ? La discrimination pédagogique peut-elle être une solution scolaire ? L’activité d’enseignement-apprentissage peut-elle se dérouler efficacement en situation de peur et d’inquiétude ? Se demandent-ils. Des questions auxquelles les chercheurs ont tenté d’apporter des éléments de réponse. “Il n’y a aucun risque de perdre l’année, étant donné que le programme pédagogique est, dans le pire des cas, réalisé à moitié. Ce qui est à capitaliser. Pour l’achever, il n’y a aucune nécessité d’imposer aux acteurs inquiets, comme tous les membres de la société, un retour à l’école. Aucune sécurisation physique ou matérielle ne pourrait les rassurer et les soustraire de la peur ambiante d’être contaminés à tout moment et en tout lieu. En plus, le gain pédagogique dans ces conditions ne peut qu’être faible. Cette décision ne ferait qu’alourdir l’ardoise déjà très lourde de la déperdition scolaire”, a soutenu le psychopédagogue Assane Diakhaté, enseignant-chercheur à l’UGB de Saint-Louis, par ailleurs membre du Laboratoire CREFS de l’UGB de Saint-Louis. Il s’y ajoute aussi leur incompréhension de la logique qui a conduit les autorités politiques à vouloir éviter une année blanche tout en laissant les deux tiers des élèves en dehors de l’Ecole Physique.

A les en croire eux, cette vision, qui accorde à la certification et aux classes d’examen plus d’importance que le reste des sanctions pédagogiques et séquences du cursus scolaire, est une discrimination difficilement acceptable. En effet, l’évaluation permettant de connaître les niveaux des apprenants afin de les faire passer aux étapes suivantes est aussi importante, expliques ces chercheurs.

SUPPRESSION DE L’EPS, BONJOUR L’OBESITE SURTOUT DES FILLES

Ajoutons à ces réajustements extra pédagogiques, l’élagage de l’Education physique et sportive (EPS) du programme. “Nous avons constaté, avec regret, l’amputation de l’Education physique et sportive donc qui est un élément important surtout que cela aide à lutter contre certaines maladies telles que l’obésité. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a montré qu’il y a environ plus de 2 millions de personnes qui sont obèses dans le monde.

Et que l’Education physique et sportive, c’est l’un des moyens pour aider à lutter contre cette obésité, surtout chez les jeunes filles, parce que l’école reste le seul espace où elles pratiquent une activité physique deux fois dans la semaine”, a précisé le professeur Djiby Guissé Diakhaté, Directeur adjoint du Laboratoire CREFS de l’UGB de Saint-Louis. Selon lui, les élèves pourraient bel et bien suivre l’Education physique et sportive tout en respectant les mesures barrières.

Yves TENDENG | SUDONLINE

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