Epargnée par le coronavirus, la Grèce replonge dans la récession

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Le secteur touristique, dont dépend en grande partie l’économie du pays, craint de sombrer faute de visiteurs étrangers.

Les prévisions ont de quoi inquiéter le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis. « Notre première préoccupation est d’éviter les turbulences et que la période traumatisante que nous traversons soit aussi peu douloureuse que possible jusqu’à ce que l’économie se redresse », a assuré le dirigeant conservateur, vendredi 29 mai, lors d’une visioconférence avec des représentants syndicaux et salariés inquiets des conséquences, sur l’économie du pays, de six semaines de confinement.

Alors que le gouvernement grec tablait sur une croissance de 2,4 % pour 2020, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la récession sera de l’ordre de 10 %, avant une reprise de 5,5 % en 2021. Le ministre des finances, Christos Staikouras, a prévu également une hausse du chômage qui devrait s’établir à 20 %, alors qu’il était retombé à 17 % en 2019.

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Jusqu’ici, le gouvernement grec s’est avéré habile dans la crise sanitaire, avec un bilan, au 2 juin, de seulement 179 morts pour une population de 10,8 millions d’habitants. Tout prédisposait pourtant la Grèce à vivre une catastrophe similaire à l’Italie : des hôpitaux publics délabrés après dix années de restrictions budgétaires, un nombre de lits d’hôpital pour 1 000 habitants parmi les plus faibles d’Europe (4,2, contre 8 en Allemagne), une population vieillissante. Mais les mesures de confinement prises dès l’apparition des premiers cas de Covid-19, l’autodiscipline des citoyens grecs et une bonne communication de l’Etat ont permis de limiter les dégâts.

Aide européenne
Mais fragilisée par dix années de crise, qui lui ont coûté un quart de son PIB, la Grèce est moins armée que d’autres pays européens pour surmonter la récession et rebondir. Dans le cadre de son plan de relance, la Commission européenne a proposé, le 27 mai, de lui accorder une enveloppe de 32 milliards d’euros sur trois ans, l’une des aides les plus importantes parmi les pays de l’Union européenne − après l’Italie et l’Espagne −, pour se relever après cette déflagration économique. « Athènes a une dette publique qui est actuellement autour de 180 % du PIB et qui, en 2021, pourrait atteindre 200 % ! Ce sera très contraignant pour la période post-crise du coronavirus », note l’économiste Kostas Melas.

Autres inconvénients pour l’économie grecque : sa dépendance au tourisme et la proportion élevée des PME (88 %, contre 67 % au niveau européen). « La crise de la dette grecque nous a appris que les petites entreprises, une fois qu’elles ferment, ne rouvrent pas… », commente, pessimiste, Kostas Melas.

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