Pandémie, Crise et Résilience

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« Un mal qui répand la terreur. Mal que le Ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la Terre. La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) … … Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés »

Qui se souvient encore de cette fable oubliée de La Fontaine, fabuliste du XVII ème siècle et tellement d’actualité. Remplaçons Peste par Coronavirus et cette fable reprend toute sa puissance évocatrice.

Et ce ne sont pas les scénarios crédibles de catastrophes mondiales à venir qui ont manqué depuis quelques années. En février 2015 encore, des chercheurs de la Global Challenges Foundation de Stockholm et de l’Université d’Oxford avaient publié un rapport prémonitoire sur les 12 risques majeurs qui menacent la civilisation humaine. Parmi ces risques retenons quelques-uns :

LA DISSÉMINATION D’UNE PANDÉMIE GLOBALE

Prenant en considération certaines épidémies de grande ampleur du passé comme la Peste noire au Moyen- âge ou la grippe espagnole de 1918, cette pandémie faisait partie des catastrophes retenues. Car les pathogènes apparaissent et évoluent en pouvant combiner des affections chroniques ou sévères avec la facilité de transmission du rhume. Le mode de vie, la banalisation des moyens de transport et la densification des populations dans les grandes agglomérations multiplient les risques de contamination.

L’EFFONDREMENT DE NOTRE SYSTÈME QUI SERAIT PULVÉRISÉ DE L’INTÉRIEUR ET DE L’EXTÉRIEUR Cette analyse systémique montre que si un facteur venait à poser problème (crise financière, chaines d’approvisionnement des matières premières et des produits rompues, manque de circulation monétaire, irruption de la violence, coupure massive d’électricité etc.…). C’est toute l’économie mondiale qui serait à l’arrêt et en situation de collapsologie pour reprendre ce néologisme de Pablo Servigne et Raphael Stevens.

ET POUR LES AUTRES RISQUES MAJEURS RELEVÉS Le changement climatique, les catastrophes écologiques, l’utilisation de la technologie pour surveiller les populations, la multiplication des conflits entre Etats la défaillance des pouvoirs publics etc… Et la conséquence immédiate que nous vivrons, c’est une croissance en forte baisse voire une récession pour nombre de pays industrialisés et pour les pays émergents en plus, l’insoutenable boulet de la dette et de ses conséquences incommensurables pour nos économies et le bien-être des populations.

Ce problème de la dette-et de son annulation-a été très vite posé par le Sénégal, le Vatican et bien d’autres pays par la suite et plus surprenant aussi par certaines Institutions internationales comme la Cnuced. Cette dernière évalue à quelques 3400 milliards de dollars les dettes publiques et privées à rembourser ou à renégocier cette année. La Cnuced propose d’en supprimer 1000 milliards afin de donner un peu d’air aux pays endettés. Mais entre la suppression de la dette, le moratoire ou le différé, tous les créanciers, FMI, Institutions financières, Club de Paris, Chine, Fonds souverains arabes et asiatiques, Hedges Funds ne parlent pas le même langage. Car cette dette est un entrelacs entre public et privé.
Sans attendre toutes ces négociations ardues à venir, susceptibles d’entrainer un effondrement du système financier international, le Chef de l’Etat a pris d’importantes mesures dans un Programme de résilience économique et social. Parmi les premières mesures dont certaines inédites comme la fermeture des frontières, des hôtels – restaurants et des lieux de culte ainsi que du trafic inter-régional et un couvre-feu inhabituel pour certains réfractaires à l’ordre et à la discipline.

Des mesures fiscales, financières et sociales de grande ampleur ont été décidées comme la remise partielle de la dette fiscale, des exonérations fiscales, la suspension de la tva, le soutien aux secteurs économiques les plus touchés, le paiement de la dette intérieure, la remise ou suspension d’impôts pour les entreprises gardant leurs employés en activité avec 70% de leur salaire et un différé de paiement des impôts et taxes jusqu’au 15 juillet 2020. D’un point de vue social les factures d’électricité et d’eau pour les tranches sociales ont été prises en charge par l’Etat de même qu’une aide massive en denrées de première nécessité pour les populations les plus démunies. Les banques et les assureurs ont été vivement encouragés à contribuer à la relance de l’économie par une plus grande latitude pour les prêts aux entreprises et particuliers pénalisés par cette crise.

Enfin il y a lieu de saluer la contribution du secteur privé national et étranger pour le Fonds ‘’Force covid 19’’ où plusieurs centaines de milliards ont été récoltés. Une transparence dans les opérations menées contribuerait à conforter les donateurs dans leur contribution civique.

Par M. Jean Pierre PHAN

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