DOCUMENT BUDGETAIRE ET ECONOMIQUE – Le plan de l’espoir

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Malgré les incertitudes, le gouvernement sénégalais se veut très optimiste pour la relance de l’économie dès 2021. Le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, a présenté, hier à l’Assemblée nationale, le document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle.

Après une année morte sur le plan économique, l’Etat du Sénégal table pour une relance de l’activité, dès 2021. ‘’Les perspectives économiques pour la période triennale à venir tablent sur une relance en 2021 de l’activité économique, avec une croissance de 5,7 % qui devrait ensuite rester dynamique et se situer à 7,8 % dès 2023. Soit une croissance moyenne de 6,4 % sur la période 2021-2023, grâce aux investissements structurants programmés’’, a annoncé, hier, devant la représentation nationale, le ministre des Finances et du Budget.

C’était à l’occasion de la présentation du document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle.

Selon le document, sur la période 2021-2023, l’activité devrait s’établir en moyenne dans le secteur primaire à 6,6 % contre 4,2 % en 2020. Dans le secteur secondaire, elle sera en hausse de 6,2 % contre 1,6 % en 2020. Et dans le secteur tertiaire, elle est prévue à 6,4 % contre -1,0 % en 2020. ‘’Les principaux engagements sur les agrégats budgétaires, a dit Abdoulaye Daouda Diallo, notamment la maitrise du déficit budgétaire, le relèvement de la pression fiscale ainsi qu’une politique d’endettement soutenable, constituent les axes majeurs des orientations budgétaires’’.

A cet effet, fait-il remarquer, le gouvernement, après la déviation de 6,1 % en 2020 du déficit budgétaire lié à l’impact de la Covid-19, entend le ramener à 5 % du PIB en 2021 et tendre progressivement vers un déficit budgétaire de 3 % en 2022, à mesure que la situation se normalise.

Pour l’année 2021, explique le ministre en charge des Finances, les ressources globales du Tableau des opérations financières de l’Etat sont estimées à 3 287,6 milliards F CFA réparties en recettes budgétaires pour 3 004,8 milliards F CFA, soit 90,6 % du total, en progression de 9,3 %, et en dons pour 282,8 milliards F CFA. Les recettes budgétaires comprennent les recettes fiscales (2 858,8 milliards F CFA, soit 95,1 % du total) et non fiscales (146,1 milliards F CFA).

En ce qui concerne les dépenses, elles sont programmées à 4 055,9 milliards F CFA répartis en charges pour 2.339,8 milliards FCFA et en acquisitions nettes d’actifs non financiers pour 1.716,2 milliards F CFA. ‘’Les investissements globaux devraient ressortir à 1 716,2 milliards de F CFA (dont 874,3 milliards F CFA, soit 50,1 % sur ressources internes et 841,9 milliards F CFA sur ressources externes). Les dépenses de personnel et les charges d’intérêt sur la dette sont projetées, respectivement, à 899,5 milliards F CFA, en hausse de 10 % et 326,8 milliards F CFA, en augmentation de 6,5 %. Les autres dépenses de fonctionnement sont attendues en recul de 16,2 % pour se situer à 1 113,6 milliards F CFA’’, souligne l’argentier de l’Etat.

En outre, il ressort du document de programmation budgétaire que, sur la période 2021-2023, la hausse des recettes devrait se maintenir à un taux moyen de progression de 11,9 %, grâce notamment à la mise en application de la SRMT et à l’élargissement de l’assiette fiscale, mais aussi au relèvement significatif de la demande avec les effets de la zone d’attrait des investissements qu’est Diamniadio et de l’industrie pétrolière et gazière. A cet égard, informe le document, la pression fiscale devrait passer de 16,5 % en 2020 à respectivement 18, 19 et 20 % en 2021, 2022 et 2023.

‘’Globalement, excepté l’année 2021, marquée par un rattrapage suite à la crise de 2020, les dépenses devraient progresser en moyenne de 8 % sur la période 2022 à 2023. Cette accélération devrait refléter le renforcement des investissements de la phase II du PSE. Ainsi, la part des dépenses d’investissement au PIB atteindrait le taux de 11,1 % du PIB sur la période 2021-2023, contre 8,4 % de PIB sur celle de 2017-2019’’, informe le ministre.

A l’en croire, pour ce qui est des dépenses courantes globales, elles afficheraient une évolution modérée, passant de 14,6 % du PIB sur 2017-2019 à un taux de 15,1 % sur 2021-2023. ‘’Parmi ces dépenses, figurent celles de personnel (22,3n % des dépenses courantes programmées) dont le montant annuel sera en progression régulière pour garantir le respect des engagements financiers avec les syndicats de santé, d’enseignants et de la justice.

Cependant, le ratio masse salariale sur recettes fiscales devrait rester en deçà du plafond communautaire.

S’agissant de l’endettement, le Sénégal présente un risque de surendettement modéré, conséquence de la viabilité et de la soutenabilité de sa dette, selon les services du ministère des Finances. D’après Abdoulaye Daouda Diallo, les ressources et charges budgétaires sur la période 2021-2023 sont projetées respectivement à 11 150,6 milliards F CFA et à 13 119,7 milliards F CFA, soit un déficit budgétaire de 1 969,4 milliards F CFA correspondant en moyenne à un déficit de 4 % du PIB.

Inédite de par sa brutalité, la crise actuelle a frappé de plein fouet l’économie sénégalaise, à l’instar de celle du monde entier. Le ministre des Finances et du Budget : ‘’Les secteurs vitaux de l’économie ont été frappés de plein fouet, entrainant une baisse de la production de biens et services ainsi que de la consommation des ménages. Néanmoins, notre pays devrait, du fait de sa stratégie de riposte matérialisée par le Programme de résilience économique et sociale, être à l’abri d’une grave récession avec un taux de croissance du PIB estimé à 1,1 %, alors qu’il était projeté à 6,8 %’’. Selon lui, cette baisse est attribuée au ralentissement attendu au niveau du secteur primaire, dû au repli des sous-secteurs de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage, au niveau du secteur secondaire avec des activités industrielles fortement réduites du fait de la pandémie qui a eu aussi, au niveau du secteur tertiaire, des impacts négatifs directs sur le commerce, le transport, l’hébergement, la restauration et l’enseignement.

74,2 % du plan de résilience déjà exécuté

En attendant 2021, le gouvernement sénégalais accorde une place importante à la résilience. A cet effet, souligne Abdoulaye Daouda Diallo, le niveau d’exécution est très satisfaisant, avec des renonciations de recettes fiscales au profit des entreprises pour un montant d’environ 255 milliards F CFA.

Un effet de levier de plus de 200 milliards F CFA de financement des entreprises par les banques garanti par un déposit de l’Etat de 70 milliards F CFA, ainsi que des paiements de 390,489 milliards de F CFA sur des dépenses décaissables de 526,3 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 74,2 %.

En ce qui concerne l’encours de la dette publique, le ministre des Finances signale qu’il est arrêté provisoirement à 8 048,8 milliards F CFA et reste conforme au plafond d’endettement.

MOR AMAR
ENQUETEPLUS

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